Catégorie : Philosophie
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ARISTOTE : LA VERTU COMME JUSTE MILIEU (Éthique à Nicomaque, II, 6)
ARISTOTE : LA VERTU COMME JUSTE MILIEU (Éthique à Nicomaque, II, 6) PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaî...
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BERGSON: SOUVENIR ET MEMOIRE
"Derrière les souvenirs qui viennent se poser ainsi sur notre occupation présente et se révéler au moyen d'elle, il y en a d'autres, des milliers et des milliers d'autres, en bas, au-dessous de la scène illuminée par la conscience. Oui, je crois que notre vie passée est là, et que tout ce que nous avons perçu, pensé, voulu depuis le premier éveil de notre conscience, persiste indéfiniment. Mais les souvenirs que ma mémoire conserve ainsi dans ses plus obscures profondeurs y sont à l'état de fant...
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Platon: le juste et l'injuste, le beau et le laid, le bien et le mal
"Socrate. - Les haines et les colères, mon cher ami, n'est-ce pas le dissentiment sur certains sujets qui les provoque ? Réfléchissons un peu : est-ce que, si toi et moi, nous différions d'avis différent sur une question de nombre, savoir laquelle de deux quantités est la plus grande, ce différend ferait de nous des ennemis ? Nous fâcherions-nous l'un contre l'autre ? Ou bien ne suffirait-il pas d'avoir recours au calcul pour nous accorder bien vite sur un tel sujet ? Euthyphron. - Assurément...
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SARTRE: et la signification de l'imaginaire
Préférer l'imaginaire ce n'est pas seulement préférer une richesse, une beauté, un luxe en image à la médiocrité présente malgré leur caractère irréel. C'est adopter aussi des sentiments et une conduite « imaginaires », à cause de leur caractère imaginaire. On ne choisit pas seulement telle ou telle image, on choisit l'état imaginaire avec tout ce qu'il comporte, on ne fuit pas uniquement le contenu du réel (pauvreté, amour déçu, échec de nos entreprises, etc.), on fuit la forme même du réel, so...
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ROUSSEAU : l'État, expression de la volonté générale
ROUSSEAU : l'État, expression de la volonté générale La volonté générale, seul fondement légitime de l'autorité politique La souveraineté est la faculté ultime de décider ; elle s'exprime en particulier dans le fait de décider des lois civiles. Un des points majeurs du modèle politique envisagé par Rousseau réside dans l'attribution de la souveraineté au peuple, modernes qui l'exprime à travers l'exercice de la volonté générale. De cette manière, le peuple est à la fois auteur et sujet des lois,...
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Texte du Monde comme volonté et comme représentation de Schopenhauer
Si la morale ne considère que l'action juste ou injuste, si tout son rôle est de tracer nettement à quiconque a résolu de ne pas faire d'injustice, les bornes où se doit contenir son activité, il en est tout autrement de la théorie de l'État. La science de l'État, la science de la législation n'a en vue que la victime de l'injustice ; quant à l'auteur, elle n'en aurait cure, s'il n'était le corrélatif forcé de la victime ; l'acte injuste, pour elle, n'est que l'adversaire à rencontre de qui elle...
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De la nature de Lucrèce
De la nature Épopée philosophique, le De rerum natura de Lucrèce (traduction H. Clouard, Garnier-Flammarion, 1964) fait l'éloge de la pensée d'Épicure. À sa mort, en 55 avant Jésus-Christ, Lucrèce laisse un manuscrit presque achevé que Cicéron se serait chargé de mettre au net et de publier. La vigueur de la pensée et l' audace de l' auteur font de ce poème de sept mille quatre cents vers une oeuvre originale, véritable manifeste destiné à déraciner la crainte des dieux, au sein même d'une...
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KANT: Mais qu'en est-il de la satisfaction (acquiescentia) pendant la vie ?
Texte à commenter : « Mais qu'en est-il de la satisfaction (acquiescentia) pendant la vie ? Elle n'est pas accessible à l'homme : ni dans un sens moral (être satisfait de soimême pour sa bonne volonté) ni dans un sens pragmatique (être satisfait du bien-être qu'on pense pouvoir se procurer par l'habileté et l'intelligence). La nature a placé en l'homme, comme stimulant de l'activité, la douleur à laquelle il ne peut se soustraire afin que le progrès s'accomplisse toujours vers le mieux ; et même...
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Machiavel: Tous les hommes louent le passé, blâment le présent
Tous les hommes louent le passé, blâment le présent, et souvent sans raison. Voici, je pense, les principales causes de leur prévention. La première, c'est qu'on ne connaît jamais la vérité tout entière du passé. On cache, le plus souvent, celles qui déshonoreraient un siècle ; et quant à celles qui sont faites pour l'honorer, on les amplifie, on les rend en termes pompeux et emphatiques. La plupart des écrivains obéissent tellement à la fortune des vainqueurs que, pour rendre leurs triomphes pl...
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Rousseau: Education et sanction
«Je reviens à la pratique. J'ai déjà dit que votre enfant ne doit rien obtenir parce qu'il le demande, mais parce qu'il en a besoin, ni rien faire par obéissance, mais seulement par nécessité. Ainsi les mots d'obéir et de commander seront proscrits de son dictionnaire, encore plus ceux de devoir et d'obligation ; mais ceux de force, de nécessité, d'impuissance et de contrainte y doivent tenir une grande place. Avant l'âge de raison, l'on ne saurait avoir aucune idée des êtres moraux ni des relat...
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Aristote et la technique
(...) Les animaux autres que l'homme (...) produisent sans technique, et sans recherche ni délibération : ce qui pose la question de savoir si c'est par la pensée ou quelque autre faculté analogue que travaillent les araignées, les fourmis et les autres animaux du même ordre. Mais si l'on va un peu plus loin dans ce sens, on verra apparaître dans les plantes elles-mêmes des moyens utiles à la fin, par exemple des feuilles qui ont pour but d'abriter le fruit. De sorte que si c'est indissolublemen...
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LUCRECE: la connaissance de la vérité nous vient primitivement des sens...
Tu verras (alors) que la connaissance de la vérité nous vient primitivement des sens, que les sens ne peuvent être convaincus d'erreur, qu'ils méritent le plus haut degré de confiance parce que, par leur propre énergie, ils peuvent découvrir le faux, en lui opposant la vérité. En effet, où trouver un guide plus sûr que les sens ? Dira-t-on que la raison, fondée sur ces organes illusoires, pourra déposer contre eux, elle qui leur doit toute son existence, la raison qui n'est qu'erreur, s'ils se t...
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Thomas HOBBES: De l'origine des sociétés
« Tout le plaisir de l'âme consiste en la gloire (qui est une certaine bonne opinion qu'on a de soi-même) ou se rapporte à la gloire. Les autres plaisirs touchent les sens, ou ce qui y aboutit, et je les embrasse tous sous le nom de l'utile. Je conclus donc derechef, que toutes les sociétés sont bâties sur le fondement de la gloire et des commodités de la vie ; et qu'ainsi elles sont contractées par l'amour-propre, plutôt que par une forte inclination que nous ayons pour nos semblables. Ce...
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MACHIAVEL: Un prince doit s'efforcer de se faire une réputation de bonté
PRESENTATION DU "PRINCE" DE MACHIAVEL Machiavel (1469-1527) est conseillé politique de la ville de Florence, à une époque où elle est menacée par des crises intérieures, mais aussi par les royaumes voisins. Ces derniers n'hésitent pas à s'allier à la France et à l'Espagne pour affronter Florence, se pliant ainsi à la convoitise des deux grandes puissances étrangères. C'est pour éviter ce genre de crise et d'assujettissement que Machiavel écrit Le Prince qui soulève quelques paradoxes : dédicacé...
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Kant: y a-t-il des connaissances superflues ?
Texte d'Emmanuel Kant : Emmanuel Kant est un philosophe allemand du XVIIIe siècle qui a fait de la connaissance son principal objet d'étude. Il s'est entre autres interrogé sur le rapport de celle-ci à l'utile. Il développe la thèse selon laquelle toute connaissance est utile bien que cette utilité ne soit pas toujours immédiatement perceptible. On entend pourtant fréquemment dire, à propos d'une connaissance, « à quoi cela sert-il ? ». On peut alors se demander, avec Kant : quelle est la valid...
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Les idées de la Raison : le monde (KANT)
Les idées de la Raison : le monde (KANT) Sur le monde, la critique de Kant prend une toute autre forme. Les propositions de la métaphysique sur le monde sont en effet totalement contradictoires et en même temps, semble-t-il, logiques. C'est la coexistence de ces deux thèses, que l'on va exposer ci-après, qui fait dire à Kant que la recherche sur le concept « monde » est un échec : comment pourrait-il être possible que deux thèses contradictoires soient vraies en même temps ? La métaphysiqu...
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Nul n'est méchant volontairement - Platon.
Nul n'est méchant volontairement - Platon. Le vrai problème de la politique Pour s'affranchir de la violence politique et de la tyrannie, son alternative, qui ne fait qu'ajouter de la violence à la violence, il faut revenir à la source et comprendre les causes d'une telle violence. Celle-ci provient en profondeur d'un ordre qui n'a pas été respecté et qu'il s'agit de rétablir, tant dans l'homme que dans la Cité. Car les deux choses sont liées. L'homme tyrannique L'homme, souligne Platon a...
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BERKELEY: Une cerise n'est rien qu'un assemblage de qualités sensibles.
Je vois cette cerise, je la touche, je la goûte, je suis sûr que le néant ne peut être vu, touché ou goûté : la cerise est donc réelle. Enlevez les sensations de souplesse, d'humidité, de rougeur, d'acidité et vous enlevez la cerise, puisqu'elle n'existe pas à part des sensations. Une cerise, dis-je, n'est rien qu'un assemblage de qualités sensibles et d'idées perçues par divers sens : ces idées sont unies en une seule chose (on leur donne un seul nom) par l'intelligence parce que celle-ci remar...
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Epictète: Comment être heureux ?
"Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion en un mot toutes nos oeuvres propres; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos oeuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facileme...
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Nous ne nous tenons jamais au temps présent...
PRESENTATION DES "PENSEES" DE PASCAL Pascal (1623-1662) rédige les Pensées durant les dernières années de sa vie ; il collectionne sur de petits papiers les éléments d'une oeuvre à visée apologétique. Le texte sera publié une première fois de manière posthume par ses proches de l'abbaye de Port Royal, foyer de la pensée janséniste, et ne cessera d'être remanié par des éditions successives (nous choisissons ici le classement établi par Lafuma). L'oeuvre est originale tant par les aléas éditoriaux...