Catégorie : Philosophie
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Y a-t-il une pensée sans corps ?
Bien sûr, il ne peut y avoir de pensée humaine s'il n'y a pas un être vivant capable de manifester qu'il est un être de conscience (un mort ne pense pas), mais cela ne signifie absolument pas que la pensée, c'est du corps. Bien au contraire, la pensée peut se déployer indépendamment du corps au sens où elle peut s'assurer d'elle-même par l'intermédiaire de la réflexivité (le fait pour la conscience de prendre conscience d'elle- même). C'est la position qui est celle de Descartes : comme les sens...
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Peut-on penser par soi-même sans se soucier de ce que pensent les autres ?
[Introduction] Au premier abord, notre pensée semble pouvoir faire l'économie de celle des autres. Notre for intérieur ne semble pas avoir besoin du renfort d'autrui. Notre pensée est inviolable, inaliénable. Pourtant, à y regarder de près, on ne peut pas non plus négliger totalement autrui, son existence et sa pensée. Ne risque-t-on pas, sinon, de sombrer dans le solipsisme ou le scepticisme ? Ne pas se soucier de la pensée d'autrui n'est-ce pas courir le risque du relativisme ("A chacun sa vér...
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Qu'est-ce que parler veut dire ?
Analyse du sujet et dégagement de la problématique ● La forme du sujet est très simple, et ne présente aucun piège. Sa particularité est l'emploi de la locution vouloir dire, par opposition à un verbe plus clair, comme signifier, par exemple. Il faudra donc utiliser cette indistinction pour donner de la richesse au questionnement. Lorsqu'on se demande ce qu'un phrase, ou une thèse, veulent dire, on demande leur signification, leur sens, on cherche à l'expliquer. Lorsqu'on demande ce qu'un acte,...
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Qu'est-ce que la méthode expérimentale ?
Qu'est-ce que la méthode expérimentale ? Analyse du sujet : - - Le terme de méthode nous invite à réfléchir sur un processus réglé et ordonné vers un but, sur une dynamique. La méthode est ici expérimentale, c'est-à-dire qu'il faut définir (« Qu'est-ce que ») ce terme par lequel on désigne une certaine manière de découper dans le champs de l'expérience, en tant que contact avec la réalité, un mode spécifique de cet accès au réel : le mode scientifique. C'est cette modalité de la connaissance q...
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Quel est le rapport entre les lois et la justice ?
Une société sans lois serait vouée au chaos car y règnerait alors le désordre le plus complet. Or une société juste est une société où règne l'harmonie, l'ordre, la tempérance grâce à l'instauration de lois. Il existe donc un rapport entre les lois et la justice ; mais quel est le rapport entre les lois et la justice ? La justice est susceptible d'être dépendante des lois dans la mesure où celles-ci préservent du chaos en garantissant nos droits. La justice semble donc dépendre de la légalité :...
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S'affirmer soi-même revient-t-il nécessairement a dénigrer l'autre ?
Définition et problématique : Autrui semble s'opposer à moi dans mon affirmation dans le monde et dans la société. Mais sommes-nous vraiment en lutte permanente avec les autres pour s'affirmer ? N'est-il pas possible d'exister avec les autres, tout en les acceptant ? I – La distance indépassable entre autrui et moi 1) On n'atteint jamais l'autre Pascal explique qu'on ne connaît ni n'aime le moi mais seulement ses qualités. Ainsi, le moi qu'est autrui n'est jamais vraiment connu par un autre que...
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Quelle est la différence entre le langage humain et celui de l'animal Peut-on parler de langage animal ?
Termes du sujet: LANGAGE : 1) Faculté de parler ou d'utiliser une langue. 2) Tout système de signes, tout système signifiant, toute communication par signes (verbaux ou non verbaux). Le langage désigne aussi la totalité des langues humaines. ANIMAL (n. m.) 1. — Être vivant capable de se mouvoir : l'homme est un animal). 2. — (Auj.) SYN. bête. 3. — Théorie de l'animal-machine : théorie réduisant l'être animé à un mécanisme matériel ; pour DESCARTES, le corps humain, comme celui des bêtes, est une...
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Pourquoi parle-t-on ?
Introduction -Parler, c'est produire par la voix un certain langage, dans une langue donnée ; et une langue, c'est un système de signes linguistiques organisés ; il n'y a donc de parole que selon un langage articulé et symbolique (cf. Aristote, De l'Interprétation, 1). -Comme le remarque Aristote, le langage articulé est le propre de l'homme ; il est donc naturel, si l'on veut déterminer les raisons de la faculté humaine de la parole, de voir ce qui constitue encore le propre de l'homme. -Selon...
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Quelle conception de l'homme l'hypothèse de l'inconscient remet-elle en cause ?
Termes du sujet: HYPOTHÈSE: Proposition posée pour opérer un ensemble de déductions. HOMME: Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). • Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage. INCONSCIENT Du préfixe priv...
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Alain: L'homme est obscur à lui-même
Si l'homme est obscur à lui-même, il ne faut pas imaginer que l'inconscient désigne un autre moi, qui serait le double caché et secret de ma conscience. Cet inconscient serait un mauvais ange, un conseiller diabolique, avec ses préjugés, ses ruses et ses passions. Toute pensée procède en nous de la conscience, par laquelle seule nous nous définissons comme sujet. Le rêve n'est pas une pensée car toute pensée est volontaire. Ce qui échappe donc à notre conscience et à notre volonté ne relève pas...
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Qu'est-ce gagner sa vie ?
Analyse du sujet et problématique : On vous demande ici d'interroger une expression courante. Il faut donc commencer par déterminer les situations dans lesquelles on l'emploie. Dans un sens général, gagner sa vie c'est travailler. Quand on demande à une personne ce qu'elle fait pour gagner sa vie cela consiste à lui demander ce qu'elle fait comme travail. Gagner sa vie consisterait ainsi à obtenir, en échange de son travail, les moyens de vivre. Lorsqu'on travaille pour gagner sa vie, on travail...
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Rousseau et l'histoire
Pour connaître les hommes, il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions: mais dans l'histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos mêmes aident à les apprécier; car, comparant ce qu'ils font à ce qu'ils disent, on voit à la fois ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent paraître : plus ils se déguisent, mieux on les connaît. Malheureusement cette étude a ses dangers, ses inconvénients de plus d'une espèce. I...
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KANT
« La métaphysique, cette science tout à fait à part qui consiste dans des connaissances rationnelles spéculatives et qui s'élève au dessus des instructions de l'expérience en ne s'appuyant que sur de simples concepts (et non pas comme les mathématiques en appliquant ces concepts à l'intuition) et où par conséquent la raison n'a d'autre maîtresse qu'elle même, cette science n'a pas encore été assez favorisée du sort pour entrer dans le sûr chemin de la science. Et pourtant elle est plus vieille q...
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Bergson
Si [...] les fourmis, par exemple, ont un langage, les signes qui composent ce langage doivent être en nombre bien déterminé, et chacun d'eux rester invariablement attaché, une fois l'espèce constituée, à un certain objet ou à une certaine opération. Le signe est adhérent à la chose signifiée. Au contraire, dans une société humaine, la fabrication et l'action sont de forme variable, et, de plus, chaque individu doit apprendre son rôle, n'y étant pas prédestiné par sa structure. Il faut donc un l...
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David HUME
« Ce qu'on n'a jamais vu, ce dont on n'a jamais entendu parler, on peut pourtant le concevoir ; et il n'y a rien au-dessus du pouvoir de la pensée, sauf ce qui implique une absolue contradiction. Mais, bien que notre pensée semble posséder cette liberté illimitée, nous trouverons, à l'examiner de plus près, qu'elle est réellement resserrée en de très étroites limites et que tout ce pouvoir créateur de l'esprit ne monte à rien de plus qu'à la faculté de composer, de transposer, d'accroître ou de...
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HOBBES
Personne n'est obligé par ses conventions, quelles qu'elles soient, à ne pas résister à celui qui lui apporte la mort, des blessures ou un autre dommage corporel. Car il existe pour n'importe quel homme un certain degré extrême de crainte qui lui fait appréhender le mal apporté comme le plus grand, à ce point que, par nécessité naturelle, il fait tout ce qu'il peut pour le fuir, et que l'on suppose qu'il ne peut agir autrement. Quand il est parvenu à un tel degré de crainte, on ne doit attendre...
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Blaise PASCAL: Nous connaissons la vérité
La mutuelle tromperie entre les hommes - PASCAL Si Pascal affirme que les hommes ne font que se mentir entre eux, ce n'est pas qu'ils sont foncièrement mauvais mais que le mensonge est nécessaire à l'amour-propre de chacun. "La vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entretromper et s'entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu...
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Husserl: le cercle des philosophes
Les conservateurs, satisfaits dans la tradition, et le cercle des philosophes vont se combattre mutuellement, et leur combat va sûrement se répercuter sur le plan des forces politiques. Dès le début de la philosophie on commence à persécuter, à mépriser les philosophes. Et pourtant les idées sont plus fortes que toutes les forces empiriques. Ici il faut encore faire entrer en ligne de compte un nouveau fait: la philosophie tire sa croissance de son attitude critique universelle, dirigée contr...
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La fonction de l'Etat est d'assurer la liberté (SPINOZA)
Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne à un autre, que l'État est institué ; au contraire, c'est pour libérer l'individu de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en sécurité, c'est-à-dire conserve aussi bien qu'il se pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d'exister et d'agir. Non, je le répète, la fin de l'État n'est pas de faire passer les hommes de la condition d'êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contrai...
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Montesquieu
"1. Il y a dans chaque État trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens' et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil. Par la première, le prince ou le magistrat' fait des lois pour un temps ou pour toujours, et corrige ou abroge celles qui sont faites. Pour la seconde, il fait la paix ou la guerre, envoie ou reçoit des ambassades, établit la sûreté, prévient les invasions. Par la troisième, il punit...