Catégorie : Philosophie
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L'animal est-il capable d'expérience et de progrès ?
L'animal est-il capable d'expérience et de progrès ? A. — Nous avons vu que la théorie fixiste présente l'instinct comme inné, immédiatement parfait, et ne comportant aucun apprentissage (ex. : l'instinct de téter). Nous avons convenu d'ailleurs que les instincts sont susceptibles d'une certaine variabilité et d'un certain progrès résultant de l'adaptation au milieu et du dressage. Mais il faut bien remarquer que l'animal n'agit pas toujours et uniquement par instinct ; il est facile de constate...
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Critique du scientisme - La science peut-elle légiférer dans tous les domaines ?
Remarquons, tout d'abord, que la science décrit, analyse ce qui est, qu'elle se situe tout entière à l'indicatif, alors qu'au contraire, la sagesse et la morale appartiennent au domaine de l'impératif : fais, agis, etc. Or, il n'est pas évident que, de l'indicatif, on puisse tirer un impératif et un agir. S'il est intéressant de réunifier le théorique et le pratique, après tout, cette unité ne va pas entièrement de soi. Comme le remarquait Alquié, la sagesse et la morale ne se déduisent pas néce...
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En quel sens peut-on dire que le monde est dans ma conscience ?
Traditionnellement, on conçoit la conscience comme ce qui permet de se représenter le monde. Les objets qui existent autour de nous ne se trouvent donc pas physiquement dans notre conscience, mais sous forme d'images ou de représentations mentales. Cependant, que signifie l'expression « avoir une image mentale de quelque chose » ? En d'autres termes, en quel sens peut-on dire que le monde est dans ma conscience ? Certes, ne sera pas sous sa forme physique que l'objet sera présent dans ma conscie...
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La société est-elle pas autorisée à me dire « tu dois » ?
La société est-elle pas autorisée à me dire « tu dois » ? Que désigne la société et en quel sens pourrait-elle être autorisée à me dire « tu dois » ? Elle se définit comme le milieu humain dans lequel est intégré tout individu. Elle désigne une réalité primaire, par rapport à laquelle l'homme n'est pas extérieur, le milieu créateur de toute vie et de toute organisation qui, en un sens, pourrait être autorisé et fondé à me dire « tu dois ». Si Dieu, en effet, transcende, par définition, tout suje...
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Le mépris ?
A l'inverse du respect et symétriquement, le mépris va des formes les plus extérieures dues à un sentiment excessif de soi-même (vanité, suffisance, sentiment de sa propre importance, infatuation de son autorité) à un sentiment intérieur fondé sur une mésestime moralement motivée. Le concept de « salaud » qui fait fureur dans la littérature existentialiste, caractérise, dans le langage commun, le jugement que suscite une conduite qui est non pas en contradiction avec les régies ou les convention...
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L'homme n'est-il qu'une abstraction ?
— L'homme n'est-il qu'une abstraction ? Les problèmes épisté-mologiques qui viennent d'être évoqués conduisent à une question méthodologique de fond dont les implications philosophiques sont décisives : comment aborder la diversité effective des hommes, saisis dans leur existence réelle ? Y a-t-il vraiment une psychologie, une histoire, une ethnologie ? Si oui, à quel niveau de généralité pourra-t-on en définir les objets respectifs ? Ces questions sous-tendent et renouvellent les discussions cl...
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L'homme est-il comme une machine qui pense ?
Peut-on considérer l'homme comme une machine ? Le terme de machine renvoie à la forme développée de l'outil, c'est-à-dire a un ensemble de mécanismes combinés, destinés à produire un effet approprié à partir d'une impulsion initiale. La machine est donc un ensemble uni et entièrement déterminé. Or, à partir du XVIIe siècle, la machine a servi de modèle à la science physique pour penser la nature. L'animal mais aussi le corps humain ont été également englobés dans cette conception, qui refuse de...
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Bergson et l'intelligence
"L'intelligence humaine se sent chez elle tant qu'on la laisse parmi les objets inertes, plus spécialement parmi les solides, où notre action trouve son point d'appui et notre industrie ses instruments de travail, [...] Nos concepts ont été formés à l'image des solides, [...] ; notre logique est surtout la logique des solides [...] ; par là même, notre intelligence triomphe dans la géométrie, où se révèle la parenté de la pensée logique avec la matière inerte, et où l'intelligence n'a qu'à suivr...
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Dans quelle mesure la conscience intime du temps nous permet-elle d'assigner un sens à notre existence ?
L'analyse du professeur Ce sujet interroge le rapport de l'homme au temps, c'est-à-dire pose la question de la façon dont l'homme peut interpréter le cours du temps qui passe et lui donner un sens subjectif, un sens qui lui correspond en tant que sujet. Dès lors, tout le problème de ce sujet sera celui de savoir si le temps est toujours quelque chose d'extérieur ou si le temps a une valeur subjective qui dépend de l'homme. Il ne faut donc pas problématiser sur la possibilité d'une conscience int...
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Peut-on faire une science de ce dont on n'a pas conscience ?
1. Il n'y a pas de science directe de l'inconscient car, par définition, l'inconscient échappe à la conscience. Il est frappant de constater à quel point la psychanalyse qui, à ses origines, a provoqué tant de scandales et d'incompréhensions, est aujourd'hui rentrée dans la culture et les habitudes de penser. Au point qu'on parle d'inconscient sans même se rendre compte que ce mot recouvre une série de problèmes. On parle de « pensées inconscientes », de « désirs inconscients », mais ces express...
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Suffit-il de savoir pour philosopher ?
« Ce que je sais c'est que je ne sais rien », le célèbre mot de Socrate est autant une affirmation fondamentale de la philosophie qu'une opposition à la pratique philosophique le précédant. La question de savoir s'il suffit de savoir pour philosopher est d'une structure analogue à celle du sophisme du chauve, figure sophistique énoncée par Eubulide de Milet (Mégariques). Si l'on ôte un cheveu d'une tête, celle-ci devient-elle chauve ? Si non, alors on admet qu'un cheveu ne fait pas la différence...
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La technique est-elle une fin en soi ou seulement un moyen ?
La technique: moyen ou fin ? a) La technique, ensemble de moyens A u sens strict, le mot technique désigne toujours un ensemble de procédés, qui permettent de réaliser un but ; mais ils ne définissent pas ce but. C 'est à la politique ou à la morale de décider quelles seront les fins au service desquelles des techniques pourront être mises en oeuvre. « Un calculateur électronique peut servir une administration capitaliste et une administration socialiste ; un cyclotron est un outil très efficace...
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Peut-on desirer autre chose que d'être heureux ?
Il semble évident, de prime abord, que nous désirons une foule de choses à côté du bonheur. Ne désirons-nous pas exercer tel métier ou bien partir en vacances avec des amis ? C ependant, le bonheur ne reste-t-il pas l'horizon sur lequel se détachent tous nos désirs particuliers ? En effet, si je pars me reposer à la mer, n'est-ce pour y trouver quelque chose du bonheur ? Ainsi, nous devons d'abord déterminer le rapport qu'entretient notre désir au bonheur, pour ensuite nous demander à quoi revie...
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Avons-nous le droit de nous desinteréssé de la politique ?
ANALYSE ET PROBLEMATISATION DU SUJET. § Le sujet interroge une question de droit : il s'agit de savoir si se désintéresser de la politique peut être considéré par nous comme un droit, c'est-à-dire comme une règle instituée par la communauté, la collectivité. A ce titre il apparaît problématique d'ériger le désintérêt pour la politique au rang de droit au sens strict, dans la mesure où la politique est elle-même constitutive du droit et constituée par le droit. § Néanmoins, si la politique sembl...
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Les lois ont-elles à être justes ?
INTRODUCTION Définition des termes et problématisation : Le sujet porte sur les lois mais cette notion est large et demande à être circonscrite. En effet il va falloir distinguer les lois physiques (la gravitation) des lois juridiques ou morales. En tant que le sujet tend à confronter la notion de justice à celle de loi il sera donc pertinent de ne traiter que des lois qui peuvent être évaluées, à savoir les lois morales et juridiques. Nous ne nous demandons pas si la loi de la gravitation est b...
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Comment faire revenir aujourd'hui la science à la sagesse ?
INTRODUCTION. — II est facile d'opposer, comme on le fait si souvent aux époques troublées, le sage au savant. Mais il est simpliste, et vain de surcroît, d'opposer GANDHI à EINSTEIN. II vaut mieux remonter d'abord au sens premier du terme « sagesse » avant de faire quelques réflexions sur les rapports de la sagesse et de la science contemporaines. I. — LES NOTIONS DE SCIENCE ET DE SAGESSE De la, synonymie... — Encore en France au XVIIe siècle, mais plus spécialement dans l'antiquité gréco-latin...
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FREUD: Religion & Exigences de la raison
[La religion ne peut se soustraire aux exigences de la raison] « [...] Les doctrines religieuses sont soustraites aux exigences de la raison ; elles sont au-dessus de la raison. Il faut sentir intérieurement leur vérité ; point n'est nécessaire de la comprendre. Seulement ce Credo n'est intéressant qu'à titre de confession individuelle ; en tant que décret, il ne lie personne. Puis-je être contraint de croire à toutes les absurdités ? Et si tel n'est pas le cas, pourquoi justement à celle-ci ? I...
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: L'OBJECTIVITÉ SCIENTIFIQUE COMME CONQUÊTE ?
L'OBJECTIVITÉ COMME CONQUÊTE. — La notion a"objectivité est sans doute une des notions les plus controversées qui soient. Sans doute en raison d'une confusion des domaines (on parle d'objectivité à tout moment et en toutes circonstances) mais surtout à cause de la diversité des acceptions du terme lui-même. Il faut rappeler que, dans sa signification habituelle, la notion d'objectivité qualifie une proposition, que l'on considère comme vraie, ou un point de vue que l'on dit « neutre » ou « impar...
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Plan de dissertation : Suis-je pour moi-même un étranger ?
Plan de dissertation : Suis-je pour moi-même un étranger ? I) de prime à bord, nous sommes à nous même une réalité familière plutôt qu'étrangère - Une proximité naturelle à soi. Nous qualifions de proche nos amis. Chacun peut considérer qu'il est un proche de luimême - Chacun a une connaissance intuitive de sa propre réalité : « Je pense donc je suis » (Descartes). Je suis là ou je pense, je pense donc je suis. L'expérience concrète : nous faisons tous de multiples expériences du lien qui nou...
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. Le bien commun existe-t-il ?
Le bien commun existe-t-il ? [1. Qu'est-ce que le bien commun?] Il n'y a peut-être pas de critique plus radicale de la démocratie que celle qui dénonce la notion de «bien commun» comme un concept vide de sens. Essayons d'y faire face. En un premier sens le bien commun (ou intérêt général) serait un intérêt commun aux différents membres de l'association. Corrélativement, la volonté générale serait une volonté unanime. Ce cas de figure n'est peut-être pas aussi irréaliste qu'il le paraît. Comme l...