Catégorie : Philosophie
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Une science de l'incertain est-elle encore une science ?
Introduction Nos générations actuelles sont celles issues de ce récent assentiment général (aux yeux de l'histoire) donné à la « Science », qu'André Breton caractérisa ainsi au vingtième siècle : « Si la religion fut longtemps l'opium du peuple, la Science est en bonne place pour prendre le relais. » Malgré cette reconnaissance quasi universelle de sa légitime prétention à conduire objectivement au vrai par méthode, celle-ci ne cesse de se diviser pour mieux se disperser dans les méandres abyssa...
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Les hommes se croient-ils déterminés parce qu'ils se masquent leur
responsabilité ou bien se croient-ils libres parce qu'ils ignorent les causes de leurs actes ?
Introduction Épictète, l'un des plus célèbres stoïciens (v. 50 – v. 125), s'est particulièrement intéressé à la question de la liberté humaine (C f. Ce qui dépend de nous, et aussi Manuels et entretiens ). Il fait une distinction fondamentale et préalable entre « les chos es qui ne dépendent pas de nous » (corps, biens, réputation, dignité) et « celles qui en dépendent » (opinion, désir, aversion). C e qui trompe l'humain et le rend malheureux, c'est sa croyance d'un libre pouvoir sur les premiè...
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Hegel: La nécessité d'être élevé existe chez les enfants
La nécessité d'être élevé existe chez les enfants comme le sentiment qui leur est propre de ne pas être satisfaits d'être ce qu'ils sont. C'est la tendance à appartenir au monde des grandes personnes qu'ils devinent supérieur, le désir de devenir grands. La pédagogie du jeu traite l'élément puéril comme quelque chose de valable en soi, le présente aux enfants comme tel, et rabaisse pour eux ce qui est sérieux, et elle-même à une forme puérile peu considérée par les enfants. En les représentant c...
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La vérité est-elle fille de la discussion ou fille de la sympathie ?
• Sympathie : « communication intérieure de deux êtres qui ne sont pas mis en rapport par des mouvements extérieurs ou des sensations mais par une sorte de participation directe due à une communauté de nature. » Lalande. Dictionnaire technique et critique de la philosophie. La sympathie d'après cette définition concernerait d'abord la « connaissance » d'une autre personne. • Discussion : c'est l'examen d'une question par un débat, c'est l'échange d'arguments qui met à l'épreuve un ensemble d'idé...
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Pourquoi le passé est-il sans cesse récrit par les historiens ?
Analyse du sujet : Pourquoi : Exprime une question ouverte. Interrogation qui porte sur les raisons et les causes mais aussi sur le but. Qu'est ce qui justifie la réécriture permanente de l'histoire ? Pourquoi l'histoire ne peut-elle pas être écrite une fois pour toute ? Ecrire : acte de transmission et de mémoire. Relater l'histoire c'est vouloir en garder une trace afin que cela ne disparaisse pas avec le temps. Ecrire l'histoire c'est aussi lui donner une forme, un sens. L'écriture est un tém...
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Qu'est ce qu'une oeuvre d'art réussie ?
Analyse du sujet : Ce sujet est présenté sous la forme d'une interrogation définitionnelle. Le « qu'est ce que » nous invite à proposer une définition non pas simplement d'une oeuvre d'art mais d'une oeuvre d'art RÉUSSIE. Arrêtons nous en détail sur les concepts qui composent cette question. Art : On peut dégager deux grands sens de ce concept. Le premier étant celui qui renvoie au grec technè, autrement dit l'ensemble de procédés qui visent à produire un certain résultat. L'art apparaît comme é...
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KANT: bonheur et principe universellement valable
« Relativement au bonheur, aucun principe universellement valable ne peut être donné pour loi. Car aussi bien les circonstances que l'illusion pleine de contradictions et en outre sans cesse changeante où l'individu place son bonheur (personne ne peut lui prescrire où il doit le placer) font que tout principe ferme est impossible et en luimême impropre à fonder une législation. La proposition : Salus publica suprema civitatis lex est garde intacte sa valeur et son autorité, mais le salut...
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KANT et les cent thalers
« Être n’est évidemment pas un prédicat réel, c’est-à-dire un concept de quelque chose qui puisse s’ajouter au concept d’une chose. C’est simplement la position d’une chose ou de certaines déterminations en soi. […] Le réel ne contient rien de plus que le simple possible. Cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Car, comme les thalers possibles expriment le concept, et les thalers réels l’objet et sa position en lui-même, si celui-ci contenait plus que celu...
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Nietzsche
« Je vous enseigne le surhumain » Les trois métamorphoses. Zarathoustra quitte la solitude de la montagne pour descendre vers les hommes. Figure inversée du prophète ou du messie, il ne vient pas annoncer un être transcendant ni un salut au-delà de l'homme : il renvoie l'homme à lui-même. « Je vais vous dire trois métamorphoses de l'esprit : comment l'esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. Il est maint fardeau pesant pour l'esprit, pour...
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Aristote
Admettons donc que l'on doive voir la fin et attendre ce moment pour déclarer un homme heureux, non pas comme étant actuellement heureux, mais parce qu'il l'était dans un temps antérieur : comment n'y aurait-il pas une absurdité dans le fait que, au moment même où cet homme est heureux, on refusera de lui attribuer avec vérité ce qui lui appartient, sous prétexte que nous ne voulons pas appeler heureux les hommes qui sont encore vivants, en raison des caprices de la fortune et de ce que nous avo...
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Alain
ALAIN : UNE PENSÉE QUI NE DOUTE PLUS, LE FANATISME Il ne suffit pas de condamner le fanatisme. Il faut chercher à le comprendre. Il faut s'interroger sur les manières de penser qu'il met en oeuvre, pour mieux différencier ses idées et jugements de ceux qu'exige la démarche philosophique. « Il y a un fond d'estime, et même quelquefois une secrète admiration, pour des hommes qui mettent enjeu leur propre vie, et sans espérer aucun avantage ; car nous ne sommes point fiers de faire si peu et de ri...
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DESCARTES: désirer ce qui dépend de moi
L'erreur qu'on commet le plus ordinairement touchant les Désirs est qu'on ne distingue pas assez les choses qui dépendent entièrement de nous, de celles qui n'en dépendent point. Car pour celles qui ne dépendent que de nous, c'est-à-dire de notre libre arbitre, il suffit de savoir qu'elles sont bonnes, pour ne les pouvoir désirer avec trop d'ardeur ; à cause que c'est suivre la vertu que de faire les choses bonnes qui dépendent de nous, et il est certain qu'on ne saurait avoir un Désir tro...
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Karl Heinrich MARX (1818-1883)
PRESENTATION DE "L'IDEOLOGIE ALLEMANDE" DE MARX ET ENGELS Marx (1818-1883) est né à une époque où les fabriques envahissent l'Europe, où la colonisation bat son plein, où Ricardo a théorisé l'économie libérale et capitaliste. Très tôt, il décide de lutter en faveur des opprimés, plus spécialement des ouvriers. Expulsé de Prusse, puis de France, il s'installe à Bruxelles où il rencontre Engels (1820-1895). C'est là qu'ils vont rédiger en 1847 L'Idéologie allemande, manuscrits qui resteront inédit...
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MALEBRANCHE: Savoir douter par esprit et par raison
MALEBRANCHE : APPRENDRE À DOUTER Comme le notait Alain, il manque à la pensée fanatique « cette pointe de diamant, le doute, qui creuse toujours ». Il faut donc apprendre à douter : Malebranche nous y invite, dans la perspective inaugurée par le doute de Descartes, ce doute systématique et méthodique qui ouvre à la certitude du "Je pense", à la conscience inébranlable d'une vérité absolument indubitable. « Qu'on ne s'imagine pas avoir peu avancé si on a seulement appris à douter. Savoir d...
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Auguste COMTE
"Il est sensible, en effet, que, par une nécessité invincible, l'esprit humain peut observer directement tous les phénomènes, excepté les siens propres. Car, par qui serait faite l'observation ? On conçoit, relativement aux phénomènes moraux, que l'homme puisse s'observer lui-même sous le rapport des passions qui l'animent, par cette raison, anatomique, que les organes qui en sont le siège sont distincts de ceux destinés aux fonctions observatrices. Encore même que chacun ait eu occasion de fair...
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Rousseau: Du contrat social
1. L'acte de contracter L'union des hommes pour former des sociétés est un fait qu'on ne doit pas confondre avec le principe propre à associer les hommes en un peuple d'individus libres et égaux. Ce principe, pour Rousseau, est le contrat social : chaque associé aliène tous ses droits à la communauté, si bien que « chacun se donnant à tous ne se donne à personne « (Du contrat social). 2. « Moi » commun et volonté générale En ce sens, Rousseau distingue volonté de tous et volonté générale : la pr...
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LA METTRIE: «Je crois la pensée si
peu incompatible avec la matière organisée qu'elle semble en être une
propriété...»
La pensée est une propriété du corps organisé. «Je crois la pensée si peu incompatible avec la matière organisée qu'elle semble en être une propriété, telle que l'électricité, la faculté motrice, l'impénétrabilité, l'étendue, etc. » La Mettrie, L'Homme-machine (1748). L'homme-machine dérive de l'animal-machine de Descartes mais La Mettrie entend pousser le mécanisme cartésien jusqu'au maximum de ses conséquences logiques: tout ce que la métaphysique cartésienne attribuait à l'âme (pensées, ides...
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La fiction ne peut servir à L'expression de la pensée ?
Ce sujet amène à une réflexion problématique en trois temps. Œuvre de fiction imitant la réalité, le roman a vu son statut varier selon les époques. Méprisé au XVII ème siècle, il est devenu, par la suite, un instrument de réflexion de contestation, d'enseignement, de connaissance. Mais en même temps, parce qu'il est une histoire racontée par un narrateur à un lecteur, il conserve toujours un rôle divertissant. Problématique : la fonction de la fiction ne doit-elle servir qu'à exprimer la pensée...
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Y a-t-il une culture ou des cultures ?
Y a-t-il une culture ou des cultures ? Même si, entre les deux guerres, la traduction française de l'essai d'Oswald Spengler - Le Déclin de l'Occident - suscite émois et controverses ; même si l'école africaniste, avec Maurice Delafosse et Marcel Griaule, réhabilite l'homme noir ; même si Blaise Cendrars publie l'Anthologie nègre pendant que les peintres défendent l'art nègre ; même si, à Paris, de jeunes étudiants noirs, venus des îles ou d'Afrique, un Aimé Césaire ou un Léopold Senghor, se ret...
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Nicola Salvi, Fontaine de Trévi
Nicola Salvi, Fontaine de Trévi Dernier ouvrage urbaniste du baroque finissant réalisé à Rome, la célèbre Fontaine de Trevi est conçue par l'architecte romain Nicola Salvi, vainqueur du concours lancé par le pape Clément XII. L'agencement spectaculaire rappelle immédiatement la Fontaine des Fleuves réalisée par Gian Lorenzo Bernini place Navone. L'ensemble de faux rochers, avec la statue de l'Océan sur un gros coquillage, les Tritons et les chevaux marins, illustre le thème de l'eau célébrée com...