Catégorie : Philosophie
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Peut-on regarder la mort en face ?
Regarder la mort, qu'est-ce regarder au juste? Sa propre fin? Mais cela ne ressemble à rien, cela n'a pas de figure. On peut s'imaginer comment nous allons mourir, de quelle manière, mais tout cela sont des épisodes qui précèdent la mort. Nous pouvons regarder la série des instants d'agonie ou de sommeil calme qui assure le passage entre la vie et la mort, mais jamais la mort en elle-même. Epicure disait lui-même, pour illustrer cette impossibilité de se représenter la mort: « quand elle est là,...
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Peut-on dire : " Je suis moi-même le temps " ?
Le temps est ce milieu indéfini dans lequel se déroulent les évènements successifs. Le concept de temps est inextricablement lié à celui de l'espace, comme le prouve cette définition aristotélicienne (Physique, Livre IV) : « le temps est la mesure du mouvement selon l'antérieur et le postérieur ». Qu'entendons-nous par l'expression : « Je suis moi-même le temps ? ». Le sens de cette assertion, sur la validité de laquelle nous devons nous prononcer, est que le temps n'est pas une dimension object...
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l'égalité est-elle un droit ?
Analyse du sujet · Deux notions : l'égalité, et un droit. On se demande si l'égalité constitue le contenu déterminé d'un droit (à côté d'autres droits) ou bien si cette notion d'égalité doit être fondée ailleurs. La réponse à cette question suppose de rendre compte de ce qu'est un droit, pour voir quelle relation cela peut entretenir avec l'égalité. · Un droit : tout droit renvoie à un pouvoir d'exiger quelque chose en vertu d'une légimité légale (le droit positif : les "droits légaux") ou mo...
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DESCARTES: qu'il me trompe tant qu'il voudra
Je me suis persuadé qu'il n'y avait rien du tout dans le monde, qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucun esprit, ni aucun corps ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais point? Non certes, j'étais sans doute, si je me suis persuadé ou seulement si j'ai pensé quelque chose. Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis s'il me trompe ; et qu'il me trompe t...
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Peut-on parler de l'histoire collective comme on parle de l'histoire d'un individu ?
Analyse du sujet : Peut-on parler de: Question sur la capacité, l'éventualité de faire quelque chose. On s'interroge ici sur la possibilité d'associer l'histoire individuelle à l'histoire collective dans la manière que l'on a de les rapporter. Est ce qu'il est possible de les placer au même niveau ? Peut-on s'entretenir de manière équivalente à propos de l'histoire d'un individu ou à propos de celle de la collectivité ? Quels sont leurs points communs et quelles sont leurs différences ?Est ce qu...
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L'oeuvre d'art est-elle reproductible ?
Le mode d'être même d'une oeuvre d'art semble avant tout être l'unicité. L'oeuvre d'art est une, une dans son genre, c'est là la raison même de sa genèse. L'artiste a présidé à sa venue dans l'intention de proposer du nouveau, de produire ce qui ne le fût encore jamais. C'est presque, pour ainsi dire, la justification même de ce mode de production: on ne cherche pas l'imitation, la copie de ce qui est déjà, mais l'originalité. Il s'agit là d'un concept essentiel puisqu'il est une condition fonda...
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Alfred ADLER, psychanalyste
La culture s'édifie sur une restriction de la vie sexuelle La culture repose sur du « renoncement pulsionnel » : elle limite par des interdits la satisfaction des pulsions sexuelles pour exploiter leur énergie à ses propres fins. Le tabou de l'inceste est à son origine, qui s'accompagne ensuite d'autres limitations. La société occidentale a poussé à l'extrême la restriction de la sexualité, en imposant à tous une seule forme de jouissance (celle issue de l'amour génital, hétérosexuel, légitime,...
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Les hommes se croient-ils libres uniquement parce qu ils ignorent ce qui les détermine ?
Introduction Épictète, l'un des plus célèbres stoïciens (v. 50 – v. 125), s'est particulièrement intéressé à la question de la liberté humaine (Cf. Ce qui dépend de nous, et aussi Manuels et entretiens). Il fait une distinction fondamentale et préalable entre « les choses qui ne dépendent pas de nous » (corps, biens, réputation, dignité) et « celles qui en dépendent » (opinion, désir, aversion). Ce qui trompe l'humain et le rend malheureux, c'est sa croyance d'un libre pouvoir sur les premières...
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Le langage ne sert-il qu'à communiquer ?
Termes du sujet: LANGAGE : 1) Faculté de parler ou d'utiliser une langue. 2) Tout système de signes, tout système signifiant, toute communication par signes (verbaux ou non verbaux). Le langage désigne aussi la totalité des langues humaines. Outil: Du bas latin usitilium, altération de utensilia, « ustensiles ». Pour Bergson, l'homme est un homo faber, c'est-à-dire un être qui « fabrique » des outils plutôt qu'un homo sapiens (un homme doué de savoir ou de sagesse). Le langage, outil ou essence...
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l'homme raisonnable peut-il être heureux ?
Analyse du sujet : La faculté de juger, de distinguer le bien du mal et le vrai du faux, un moyen d'atteindre le bonheur conçu comme état de satisfaction complète, comme existence en harmonie avec la Nature ? Conseils pratiques : Une problématique très classique. Utilisez, en particulier, vos connaissances relatives à la philosophie antique (selon laquelle la raison conduit au bonheur). Qu'est-ce que le bonheur ? Les Anciens le définissaient comme l'état de celui qui vit en accord avec sa nature...
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Vocabulaire: CONTRADICTION.
CONTRADICTION. Principe de contradiction ou de non-contradiction : « Il est impossible d'affirmer et de nier à la fois une même chose sous le même rapport. » — Pour Hegel, le principe de contradiction n'est pas une loi absolue de la pensée, mais seulement la loi de la pensée discursive et abstraite. La pensée absolue concilie les contraires. — Pour Renouvier, c'est, au contraire, la règle de toute métaphysique.
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l'art est-il divertissant ?
[L'art est illusion. Il offre aux sens et à l'esprit des mondes imaginaires. Ces mondes, parce qu'ils divertissent la pensée, la consolent d'avoir à supporter, à chaque instant, le poids écrasant de la conscience.] L'art est une simulacre dangereux Thèse - Dévalorisation de l'art au nom de la vérité. Cette dévalorisation a pour fondement la dévalorisation du monde sensible an nom de cette même vérité. Et valorisation ontologique du Beau, Idée ou Essence. La critique platonicienne vise surtout le...
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La sagesse est-elle compatible avec l'ignorance ?
Certains termes, si l'on se réfère aux origines étymologiques sont contradictoires. Ainsi certaines questions ne prennent du sens que dans la mesure où l'on essaye de développer ces deux termes en tentant de trouver certains liens qui feraient que cette question ne soit pas totalement dénuée de sens, ou même absurde. Ainsi, nous allons essayer de voir si l'on « peut-on être, à la fois, sage et ignorant », malgré l'opposition que les termes « sage » et « ignorant » soulèvent entre eux. Il s'agira...
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La vie est-elle une propriété physico-chimique de la matière ?
Termes du sujet: VIVANT: L'être vivant est un organisme. Il n'est pas constitué d'une juxtaposition de parties ajoutées les unes aux autres. Ces parties forment un tout car elles sont interdépendantes (le fonctionnement d'une partie est tributaire de celui des autres) et paraissent toutes participer à une fin commune : le maintien de l'être vivant en vie. Parce qu'il est un organisme, l'être vivant est un organisme. Tout être vivant est un individu au sens où il forme une unité distincte, ne res...
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Le hasard est-il une explication ?
[La science moderne a intégré le hasard comme facteur d'explication. L'aléatoire joue un rôle important au niveau microphysique. Le hasard n'est pas le non-sens, il possède une certaine logique.] Le hasard comme principe physique Les physiciens ont depuis longtemps admis que le hasard jouait un rôle important au niveau microphysique. a) La science la plus moderne donnerait droit de cité, d'après certains, à la contingence. Une partie du réel échapperait au jeu des lois naturelles. L'hypothèse...
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Baruch SPINOZA
... Pour ma part, je qualifie de libre une chose qui existe et agit par la seule nécessité de sa nature ; j'appelle contrainte celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir selon une loi précise et déterminée. Dieu par exemple, existe librement (quoique nécessairement) parce qu'il existe par la seule nécessité de sa nature... Vous voyez donc que je place la liberté non dans un libre décret mais dans une libre nécessité. Mais descendons au niveau des choses créées qui toutes sont dét...
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Est-il possible de penser sans douter ?
La pensée peut s'entendre en un sens très large comme l'ensemble de l'activité de l'esprit. A ce titre, elle peut englober un grand nombre de choses, puisque l'esprit contient les diverses facultés que sont l'entendement, la volonté, l'imagination. C'est pourquoi Descartes considère pour sa part dans les Méditations métaphysiques, II, que « vouloir, juger, imaginer, sentir » (car c'est l'esprit qui perçoit via les sens), font partie de la pensée. Dès lors pourquoi faudrait-il nécessairement dout...
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Hobbes: désir et valeurs
La constitution du corps d'un homme étant dans un changement perpétuel, il est impossible que toutes les mêmes choses lui causent toujours les mêmes appétits et les mêmes aversions : il est encore bien moins possible à tous les hommes de s'accorder sur le désir d'un seul et même objet, quel qu'il soit (ou peu s'en faut). Mais l'objet, quel qu'il soit, de l'appétit ou du désir d'un homme, est ce que, pour sa part, celui-ci appelle bon ; et il appelle mauvais l'objet de sa haine et de son aversion...
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La diversité des cultures est-elle un frein à l'existence d'une humanité ?
" on façonne les plantes par la culture, les hommes par l'éducation." Rousseau dans Émile. Cette phrase de Rousseau montre en effet que la culture s'oppose à la nature, qu'elle est apprise, inculquée à l'homme. La culture est constituée par l'ensemble de normes, d'habitudes, de mythes, de pratiques qui a cours dans une société. Or chaque groupe d'hommes constitue sa culture aussi en fonction de son environnement et des conditions de vie qu'il a à affronter. Ce qui génère forcément une multiplici...
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HEGEL : rien de grand sans passion
HEGEL : rien de grand sans passion La passion est une ruse de la Raison, le moyen dont use la Raison absolue pour faire progresser l'Histoire vers sa propre réalisation en s'arrachant à ses déterminations particulières. Dans la passion, en effet, l'homme « se projette sur un objectif avec toutes les fibres intérieures de son vouloir et concentre dans ce but ses forces et tous ses besoins ». Et c'est parce que le grand homme est passionné qu'il « ne se disperse pas dans une multitude d'objectifs,...