Catégorie : Philosophie
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Peut-on désirer ce qu'on ne connait pas ?
PREMIERE CORRECTION Le désir est considéré comme l'essence de la nature humaine par beaucoup de philosophes tel Spinoza ou Schopenhauer et pourtant a longtemps été dévalorisé comme niant ce qu'il y a de plus noble chez l'homme, attachement au sensible aux dépens du spirituel. Le désir se caractérise par la recherche d'un objet dont on sait ou on imagine qu'il est source de satisfaction. Platon le définit comme absence de plénitude, en effet s'il n'y avait pas de manque, il n'y aurait pas de dési...
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Bergson: l'intelligence est modélée sur la matière
"C'est un fait digne de remarque que l'extraordinaire disproportion des conséquences d'une invention à l'invention ellemême. Nous disions que l'intelligence est modelée sur la matière et qu'elle vise d'abord à la fabrication. Mais fabrique-t-elle pour fabriquer, ou ne poursuivrait-elle pas, involontairement et même inconsciemment, tout autre chose ? Fabriquer consiste à informer la matière, à l'assouplir et à la plier, à la convertir en instrument afin de s'en rendre maître. C'est cette maîtrise...
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Le beau est-il un plaisir désintéressé ?
Nous jugeons belles les oeuvres humaines quand elles suscitent en nous du plaisir par leurs seules formes. Ce qui est beau, selon Kant, n'est pas ce qui nous est agréable sur le seul plan de nos sensations. Pour cette raison, un vin ne peut pas être beau. Le peintre Poussin écrit que la fin de la peinture est la délectation. Ce terme exclut tout autre motif que l'impression produite par le jeu des formes et des couleurs. Il évoque un plaisir raffiné, accessible seulement à un amateur cultivé et...
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La connaissance scientifique vous paraît-elle pouvoir tenir lieu de philosophie ?
La connaissance scientifique vous paraît-elle pouvoir tenir lieu de philosophie ? Introduction. L'école positiviste a prétendu ramener à la connaissance scientifique toute la vie intellectuelle de l'homme. Toutefois COMTE lui-même faisait encore une certaine place à la Philosophie, mais sur le même plan (positif) que la Science, comme « étude des généralités scientifiques ». Certains positivistes, comme E. GOBLOT, sont allés plus loin : la Philosophie ne serait « qu'un résidu », que « la partie...
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Mes pensées n'engagent-elles que moi?
[Mes pensées sont miennes. Dès lors, elles n'engagent que moi et moi seul.] La source de tout bien et de tout mal que nous pouvons éprouver réside strictement dans notre propre volonté. Nul autre que soi n'est maître de ce qui nous importe réellement, et nous n'avons pas à nous soucier des choses sur lesquelles nous n'avons aucune prise et où d'autres sont les maîtres. Les obstacles ou les contraintes que nous rencontrons sont hors de nous, tandis qu'en nous résident certaines choses, qui nous s...
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René Descartes: Faut-il faire
confiance à nos sens ?
Quand donc on dit qu'un bâton paraît rompu dans l'eau, à cause de la réfraction, c'est de même que si l'on disait qu'il nous paraît d'une telle façon qu'un enfant jugerait de là qu'il est rompu et qui fait aussi que, selon les préjugés auxquels nous sommes accoutumés dès notre enfance, nous jugeons la même chose. Mais je ne puis demeurer d'accord de ce que l'on ajoute ensuite, à savoir que cette erreur n'est point corrigée par l'entendement, mais par le sens de l'attouchement ; car bien que ce s...
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Peut-on discerner dans les changements
du droit un progrès vers la justice?
Justice Peut-on discerner dans les changements du droit un progrès vers la justice? � Le droit ne cesse d'étendre son empire. Nous allons vers un monde plus juste. Le droit n'évolue pas plus que les mœurs. La société n'est pas plus juste aujourd'hui qu'autrefois.
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L'obéissance au devoir peut-elle s'accompagner de la recherche du bonheur ?
Comme l'a montré Kant, celui qui fait son devoir par intérêt, et non par pur respect pour ce que la morale commande, n'a que l'apparence de la moralité : c'est la distinction qu'il fait entre les actions accomplies véritablement par devoir, et les actions qui sont seulement accomplies conformément au devoir. L'homme véritablement moral doit «humilier» en lui la sensibilité et son penchant naturel à. vouloir satisfaire ses désirs : si agir par intérêt est contraire à la moralité, la conduite véri...
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A l'artiste, tout est il permis?
Un artiste est un individu qui pratique cette activité singulière qu'est l'art. Jusqu'au dix-huitième siècle, le terme « art » désignait l'ensemble des techniques de production d'artefacts : tel était encore le cas dans le Discours sur les sciences et les arts (1750) de Jean-Jacques Rousseau. Aujourd'hui, par art nous entendons plutôt une activité créatrice gratuite, mais sérieuse, qui représente dans des œuvres un état de la sensibilité et de la pensée d'une époque, en s'opposant à la fois à la...
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Le monde se transforme-t-il ou est-il toujours le même ?
[Les Grecs savaient déjà que le monde n'a pas toujours été ce qu'il est. Cette idée, rejetée par la religion, réapparaîtra au XVIIIe siècle, notamment grâce aux travaux des naturalistes.] Le monde est né d'un élément primordial Les physiciens d'Ionie, entre le VIe et le Ve siècles av. J.-C, ont pensé que l'univers s'était peu à peu organisé à partir d'un élément primordial. Pour les uns, cet élément était l'eau, l'air; pour les autres, le feu, la terre. En tout cas, ces conceptions avaient toute...
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l'art est-il divertissant ?
[L'art est illusion. Il offre aux sens et à l'esprit des mondes imaginaires. Ces mondes, parce qu'ils divertissent la pensée, la consolent d'avoir à supporter, à chaque instant, le poids écrasant de la conscience.] L'art est une simulacre dangereux Thèse - Dévalorisation de l'art au nom de la vérité. Cette dévalorisation a pour fondement la dévalorisation du monde sensible an nom de cette même vérité. Et valorisation ontologique du Beau, Idée ou Essence. La critique platonicienne vise surtout le...
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Est-il possible de penser sans douter ?
La pensée peut s'entendre en un sens très large comme l'ensemble de l'activité de l'esprit. A ce titre, elle peut englober un grand nombre de choses, puisque l'esprit contient les diverses facultés que sont l'entendement, la volonté, l'imagination. C'est pourquoi Descartes considère pour sa part dans les Méditations métaphysiques, II, que « vouloir, juger, imaginer, sentir » (car c'est l'esprit qui perçoit via les sens), font partie de la pensée. Dès lors pourquoi faudrait-il nécessairement dout...
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Le problème de l'origine du droit ?
Termes du sujet: PROBLÈME: Toute difficulté théorique ou pratique dont la solution est incertaine. Dans les sciences, question à résoudre à l'aide de la méthode appropriée et des connaissances déjà acquises. ORIGINE (n. f.) 1. — Commencement réel d'un phénomène, d'une activité, d'une institution ; par ext., point d'où l'on convient de faire partir une mesure, un repère. 2. — Source ; ensemble des réalités et des processus à partir desquels un phénomène a pris naissance : l'origine des espèces. 3...
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L'Homme à t'il le droit d'utiliser sur l'Homme tous les pouvoirs que les progrès scientifiques et techniques ?
L'homme a-t-il le droit d'utiliser sur l'homme les pouvoirs que la technique lui donne ? Analyse du sujet : Ø La répétition du terme « homme » qui ici sert à désigner à la fois le sujet et l'objet du verbe « avoir le droit de … » invite à s'interroger sur un dualisme paradoxal : comment l'homme peut-il en même temps être agent (celui qui utilise – légitimement ou non – la technique sur quelque chose) et patient (celui sur qui est utilisé la technique) ? Ø « avoir le droit de … » peut être envisa...
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Pourquoi parle-t-on de «création» à propos de l'activité artistique ?
VOCABULAIRE: CRÉER / CRÉATION (n. f.) 1. — (Lato) Toute production, avec l'idée d'une nouveauté de son objet (création du monde, d'une route, d'une oeuvre d'art). 2. — Dans la tradition judéo-chrétienne, acte par lequel Dieu donne naissance au monde : en ce sens, la Création est création à partir de rien (creatio ex nihilo). 3. — Apparition de quelque chose qui ne résulte pas des données : en ce sens, on a tendance à faire de toute création une création ex nihilo, quelque chose de mystérieux ; c...
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Y a-t-il un paradoxe de la représentation ?
Toute interrogation sur l'aspect paradoxal de la notion de représentation se doit d'abord d'analyser la notion elle-même. Or, en quoi consiste la représentation ? La représentation est étymologiquement ce qui re-présente, c'est-à-dire ce qui rend « présent à nouveau ». Cependant, cela peut s'entendre de deux manières : d'une part, la représentation rend présente une chose une nouvelle fois en la présentant de nouveau ; d'autre part, elle la rend présente malgré son absence et ce qui la rend prés...
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NIETZSCHE: «Celui qui est saoul du
jeu et qui n'a point, par de nouveaux besoins, de raison de
travailler, celui-là est pris parfois du désir d'un troisième état,
qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à
marcher...
Par–delà l'opposition entre travail et loisir. « Celui qui est saoul du jeu et qui n'a point, par de nouveaux besoins, de raison de travailler, celui-là est pris parfois du désir d'un troisième état, qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher...» Nietzsche, Humain trop humain (1878). • Si l'on considère le travail comme aliénant (c'est-à-dire qu'il soumet l'homme à autre chose que soi-même), on peut être tenté de penser que c'est dans le loisir que l'homme va pouvo...
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L'absurde ?
Problème : l'absurde, ce qui n'a pas de sens, peut-il être un concept régulateur de l'action ? 1. Nature : l'absurde désigne ce qui n'a pas de sens. Concepts, exemples et illustrations de l'absurde : la vie ne se ramène-t-elle pas à un « vouloir-vivre » aveugle et sans finalité (Schopenhauer) ? N'est-elle pas gratuité pure ouvrant à la « Nausée » (Sartre) ? 2. Existence : l'absurde est une donnée fondamentale de l'existence humaine. Ce divorce entre l'homme et le monde caractérise la réalité con...
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Faut-il opposer nature et culture ?
Si l'on y réfléchit bien, le fait que l'homme s e définisse « surtout » par sa culture (pour la culture) doit trouver son fondement dans quelque disposition naturelle. D'Aristote à Rousseau, de Kant à Marx, cette disposition naturelle est reconnue et désignée comme telle : le fait que l'homme, pour produire ses moyens d'existence, transforme la nature (la cultive) est rendu possible par des traits minimaux de l'être humain : thématisée différemment (ou pondérée différemment), cette « disposition...
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Toutes les contraintes sociales sont-elles des oppressions ?
[Introduction] Tous les théoriciens du contrat social ont vu que la vie en société, par opposition à l'état de nature, est une vie de soumission des comportements individuels à des règles. Cela signifie qu'existent des normes de comportements, qu'il faut dans telle circonstance se comporter de telle manière sous peine de sanctions. Toutes les règles, qu'elles soient de conduite (règles morales) ou institutionnelles produisent de l'ordre. Cette régulation sociale permet la coexistence d'individus...