Catégorie : Philosophie
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Suffit-il de faire son devoir ?
[Introduction] Sans doute faut-il admettre qu'il y a chez l'homme « normal » le souci d'être un individu moralement convenable — même si l'on peut aussi supposer qu'un tel souci s'accompagne éventuellement du simple désir d'avoir bonne conscience. Faire son devoir garantit-il cette tranquillité d'esprit ? [I. Devoir et moralité] a. Par référence à Kant, on rappelle que le devoir est central dans la moralité : il indique ce qui doit être fait — sans se préoccuper d'un but ultérieur (faute de quoi...
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Une société sans droit est-elle concevable ?
VOCABULAIRE: SANS: A l'exclusion de, exprime l'absence. DROIT: a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans...
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Nietzsche: L'impératif de la vie contre l'obligation morale
La règle de conduite commune aux individus est la réciprocité, à la condition qu'ils appartiennent au même corps social, avec les mêmes valeurs et les mêmes critères. Chacun considère ainsi la volonté d'autrui comme égale à la sienne, s'abstient par conséquent de commettre des actes de violence, d'offenser ou de voler, afin qu'il ne lui soit pas fait de même. Nous vivons d'ordinaire sous l'impératif de la moralité évangélique : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse." Cep...
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Quel concept de Dieu après Auschwitz ?
- C'est précisément à cause d'Auschwitz que le juif a le devoir de croire dans le Dieu de l'histoire. Il est en quelque sorte interdit de donner à Hitler une victoire posthume. L'expérience d'Auschwitz met en question le concept traditionnel de Dieu. La solution de Jonas consiste dans l'idée d'un acte par lequel Dieu, en créant le monde, se dépouille en sa faveur des privilèges du créateur. Ce qui est remis en question, c'est l'idée d'un Dieu omniscient et omnipotent qui intervient dans l'histoi...
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Un acte libre est-il un acte imprévisible ?
L'acte imprévisible est par définition celui qu'on ne peut pas prévoir, celui qu'aucun élément actuel ne permet de déterminer. C'est dans cette absence de détermination que l'on peut saisir le rapport avec la liberté. L'acte libre serait alors celui qui n'est déterminé par rien. Là où l'on peut prévoir il semble qu'il y ait toujours une nécessité qui conduise l'ordre des choses. Ainsi, je peux prévoir la trajectoire d'une comète parce que cela répond à une loi qui est un rapport nécessaire entre...
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Y a-t-il des vérités définitives ?
Définition des termes du sujet: VÉRITÉ La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donn...
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Une vie sans examen vaut-elle la peine d'être vécue ?
Remarques générales : · L'affirmation à questionner, « une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue », est située dans l'histoire de la philosophie : elle est prononcée par Socrate dans L'apologie de Socrate de Platon (en 38 a). · Toutefois, on ne saurait restreindre le traitement du sujet à son contexte platonicien : l'affirmation socratique désigne plus largement une réponse possible à la question philosophique par excellence : « quel genre de vie faut-il mener ? » · « Vie sans examen...
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Heidegger: De l'insouciance du mortel face à la mort
En tant que projet, l'existence humaine est sur le mode de l'attente et de l'anticipation de soi comme possible. La possibilité la plus ultime de notre existence est notre propre mort. Orienté vers l'avenir par son mode d'être comme projet, le Dasein anticipe comme horizon de son attente sa propre fin. Il se rapporte alors à quelque chose qui n'est pas et qui ne sera jamais pour lui : son propre néant. C'est dans l'angoisse que se révèle le caractère abyssal d'une telle pensée. L'anticipation de...
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Qu'est-ce que le Masochisme ?
Explication de texte. "Les sens, quoique nécessaires pour toutes nos connaissances actuelles, ne sont point suffisants pour nous les donner toutes, puisque les sens ne donnent jamais que des exemples, c'est à dire des vérités particulières ou individuelles. Or tous les exemples qui confirment une vérité générale, de quelque nombre qu'ils soient, ne suffisent pas pour établir la nécessité universelle de cette même vérité, car il ne suit point que ce qui est arrivé arrivera de même (....) D'où il...
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KANT et la connaissance de l'ignorance
"Toute ignorance est, ou bien ignorance des choses, ou bien de la détermination et des limites de ma connaissance. Quand l'ignorance est accidentelle, elle doit me pousser dans le premier cas à une investigation dogmatique concernant les choses (les objets), dans le second cas à une investigation critique des limites de ma connaissance possible. Mais que mon ignorance soit absolument nécessaire, et donc me dispense de toute autre investigation, c'est ce qu'on ne peut prouver empiriquement,...
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Platon
PLATON : L'ARTISTE EST UN ILLUSIONISTE Quelle est la vérité de l'oeuvre d'art ? Pour Platon, les arts figuratifs, ou arts d'imitation, s'éloignent considérablement de la vérité dans la mesure où l'artiste ne vise qu'à produire un simulacre (l'oeuvre d'art) de l'apparence d'un simulacre (le modèle de l'oeuvre d'art), les réalités du monde que nous percevons n'étant en effet que des simulacres des Idées qui, elles, constituent la vraie réalité. « - Lequel de ces deux buts se propose la peinture re...
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Nietzsche
La méditation a perdu toute sa dignité extérieure ; on a tourné en ridicule le cérémonial et l'attitude solennelle de celui qui réfléchit ; on ne pourrait plus supporter un sage de la vieille école. Nous pensons trop vite, et en pleine marche, en chemin, au milieu d'affaires de toutes sortes, même quand c'est aux choses les plus graves; nous n'avons besoin que de peu de préparation, et même de peu de silence ; tout se passe comme si nous avions dans la tête une machine qui tournât incessamment e...
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HOBBES: Les noms des choses
Les noms des choses qui ont la propriété de nous affecter, c'est-à-dire de celles qui nous procurent du plaisir ou du déplaisir, ont, dans la conversation courante des hommes, une signification changeante parce que tous les hommes ne sont pas affectés de la même façon par la même chose, ni le même homme à des moments différents. Étant donné en effet que tous les noms sont donnés pour signifier nos représentations et que toutes nos affections ne sont rien d'autre que des représentations, l...
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Blaise PASCAL
PRESENTATION DES "PENSEES" DE PASCAL Pascal (1623-1662) rédige les Pensées durant les dernières années de sa vie ; il collectionne sur de petits papiers les éléments d'une oeuvre à visée apologétique. Le texte sera publié une première fois de manière posthume par ses proches de l'abbaye de Port Royal, foyer de la pensée janséniste, et ne cessera d'être remanié par des éditions successives (nous choisissons ici le classement établi par Lafuma). L'oeuvre est originale tant par les aléas éditoriaux...
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LOCKE: lois et bien général des hommes
Une loi, suivant sa véritable notion, n'est pas tant faite pour limiter, que pour faire agir un agent intelligent et libre conformément à ses propres intérêts : elle ne prescrit rien que par rapport au bien général de ceux qui y sont soumis. Peuvent-ils être plus heureux sans cette loi-là ? Dès lors cette sorte de loi s'évanouit d'elle-même, comme une chose inutile ; et ce qui nous conduit dans des précipices et dans des abîmes, mérite sans doute d'être rejeté. Quoi qu'il en soit, il est cert...
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MERLEAU-PONTY: «Dans l'expérience du
dialogue, il se constitue entre moi et autrui un terrain commun...»
Thème 399 MERLEAU-PONTY: «Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre moi et autrui un terrain commun...» C'est dans le dialogue que se constitue un terrain commun entre moi et autrui. «Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre moi et autrui un terrain commun [...] Il y a là un être à deux.» Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945). • Par rapport à ce que dit Sartre, une question reste ouverte: c'est qu'il faut bien que cette intersubjectivité se constitue. Le ra...
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Aristote: La nature
Toute chose peut être suivant trois causes : par nature, par "artifice" c'est-à-dire produit par l'activité artisanale ou poétique de l'homme, ou par fortune c'est-à-dire par chance ou par hasard. Les animaux, les plantes et les éléments (terre, eau, feu, air) sont par nature. A la différence de ce qui existe par l'activité humaine et technique, ce qui est par nature porte à l'intérieur de soi le principe du mouvement et du repos. Les animaux se déplacent, les plantes croissent et décroissent, l...
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Jusqu'à quel point « possédons »-nous notre conscience et dans quelles limites nous échappe-t-elle ?
Hernani, V, 6, v. 2063 à 2087 (Hugo) Hernani est un drame romantique en cinq actes et en vers. L'action se déroule en Espagne et à Aix-laChapelle en 1519. Hernani est un jeune noble proscrit par le roi Carlos et en lutte avec celui-ci. Il est amoureux et aimé de Dona Sol, pupille du vieux du Donc Ruy Gomez qui est également épris d'elle. Le passage dont nous sommes en présence est un extrait de l'Acte V, scène 6. Dans celui-ci, la fête des noces entre Dona Sol et Hernani s'achève quand retentit...
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La politique doit-elle se soumettre à l'éthique ?
La pol itique peut-el le recevoi r son principe de l 'éth ique ? � La politique, en dehors de l'éthique, n'a aucun fonde ment véritable. Les fins que vise la politique sont morales. Seul le critère d'efficacité sert de principe à la politique. Son unique but est de préserver l'ordre et l'indépendance nationale.
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La technique implique-t-elle une vision du monde ?
La technique implique-t-elle une vision du monde ? Tout groupe social, voire toute société globale, admet pour vivre un certain nombre de représentations de la nature, de la vie et des rapports humains, de Dieu (ou des dieux). C'est ce qu'on appelle une vision du monde, elle désigne les notions et représentations communes, les modèles éducatifs, et les comportements. Dans cette optique Lucien Febvre dans Problème de l'incroyance ; pense que le cadre de vie quotidien, les gestes et les travaux c...