Catégorie : Philosophie
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La certitude de sa mort condamne-t-elle l'homme à la peur et au désespoir ?
Le soleil ni la mort, écrit La Rochefoucauld, ne se peuvent regarder en face. Pour des raisons physiques simples, nos yeux ne peuvent fixer longtemps une lumière trop intense ; mais quelle est la nature de cette réaction de rejet violent qui se manifeste à l'idée de la mort ? Si la peur est cette émotion qui nous détourne de tout ce qui représente un danger pour notre bonne conservation, il faut bien reconnaître que, face à la mort, la peur est la réaction la plus compréhensible et la mieux adap...
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Baruch SPINOZA
Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est conçue comme déterminée, par une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. EXPLICATION : Nous avons dit plus haut, dans le scolie de la proposition de cette partie, que le désir est l'appétit qui a conscience de lui-même, et que l'appétit est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est déterminée à faire les choses qui sont utiles à sa conservation. Mais, dans le même scolie, j'ai fait observer aussi qu'en réalité, ent...
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KANT: théologie et morale
« La religion, qui est fondée simplement sur la théologie, ne saurait contenir quelque chose de moral. On n'y aura d'autres sentiments que celui de la crainte, d'une part, et l'espoir de la récompense de l'autre, ce qui ne produira qu'un culte superstitieux. Il faut donc que la moralité précède et que la théologie la suive, et c'est là ce qui s'appelle la religion. La loi considérée en nous s'appelle la conscience. La conscience est proprement l'application de nos actions à cette loi. Les...
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Arthur SCHOPENHAUER: Homme, animal métaphysique
Si on situe généralement la naissance de la philosophie dans l'antiquité, à travers l'existence de Socrate et de Platon, l'origine même du sentiment philosophique reste un problème. On reconnaît certes que l'homme est un être qui fait exception dans la nature, de par sa conscience. Il est vrai que seuls, les hommes ont réellement bâti des civilisations et la philosophie apparaît souvent comme une haute forme de culture. Pourtant, qu'est-ce qui nous pousse à philosopher ? Schopenhauer, dans...
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Kant: L'inconscient m'empêche-t-il d'être libre ?
ANT: Le Je » prouve que j'agis par moi-même, que je suis un principe et non un résultat. J'ai conscience des déterminations et des actions, et un sujet qui a conscience de ses déterminations et de ses actions a une absolue liberté. Que le sujet possède une liberté absolue, parce qu'il est conscient, prouve qu'il n'est pas un sujet qui pâtit, mais qui agit. C'est seulement dans la mesure où j'ai conscience d'une action effective, dans la mesure où j'agis à partir du principe interne de l'activité...
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ARISTOTE: «L'homme est un animal politique.»
La formation de la société est dans la nature de l'homme. «L'homme est un animal politique.» Aristote, Les Politiques (Ive siècle avant J.-C.). • La célèbre formule d'Aristote va plus loin que la simple affirmation d'une sociabilité de l'homme. Il ne suffit pas de dire que l'homme aime la compagnie de ses semblables, ou qu'il en a besoin pour repousser les bêtes sauvages. Pour Aristote, l'organisation en «cité» (État) est le te/os de l'homme, son but naturel. C'est pourquoi Aristote va ju...
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Tout a-t-il un prix ?
Définition des termes du sujet Il s'agit ici de s'interroger s ur l'idée de prix. C ette notion est avant tout de nature économique. Le prix d'une chose est la valeur (en général monétaire) qu'on lui attribue en raison de plusieurs facteurs. On calcule ains i le prix d'un objet en fonction de sont coût (matière première, énergie nécessaire à sa production, main d'oeuvre, transport...).Mais on doit auss i tenir compte de la différence entre la valeur d'usage et la valeur d'échange. Mais tout peut...
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Sommes-nous responsables de nos passions ?
On a signalé souvent l'indulgence excessive des jurys dans les crimes passionnels. Il semble que la passion soit une excuse, qu'elle diminue la responsabilité de l'individu, qu'elle comporte un certain caractère de fatalité qui attire sur celui qu'elle égare sinon la sympathie du moins la pitié. Thèse fataliste. Les arguments qu'invoquent ceux qu'on pourrait appeler les fatalistes ne laissent pas d'être assez impressionnants. Tous les psychologues ont noté le tempérament comme une des causes pri...
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La violence est-elle le mal ?
Introduction : La violence est un usage de la force, d'une puissance contre un objet ou un individu. Elle est essentiellement destructrice mais peut servir au maintien de l'ordre et de la sécurité : son statut est ambiguë. En effet, comme le développe Gusdorf dans la Vertu de la force, réduite à elle-même, la violence est une absurdité pure, désespoir de l'humain. Le légionnaire romain tue Archimède ; le milicien nazi massacre le savant juif etc. « La faiblesse de la violence nue est si évident...
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Pourquoi la philosophie juge-t-elle primordial de réfléchir sur le langage ?
Doit-on admettre que la philosophie réfléchit sur le langage comme sur n'importe quel autre sujet? ou selon le lieu commun qui voudrait qu'elle aborde tout ce qui, de près ou de loin, concerne l'homme et ses qualités? On constate qu'en fait il n'en va pas — ne serait-ce qu'historiquement — ainsi: dès Platon, la réflexion sur le langage s'affirme fondamentale. Qu'est-ce qui donne au langage un tel privilège? Dans les dialogues de Platon, nombreux sont les passages où Socrate prend soin de rappele...
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Puis-je me mettre à la place de l'autre ?
VOCABULAIRE: AUTRE / AUTRUI : 1) Comme Adjectif, différent, dissemblable. 2) comme Nom, toute conscience qui n'est pas moi. 3) Autrui: Tout homme par rapport à moi, alter ego: "Autrui, c'est l'autre, c'est-à-dire ce moi (ego) qui n'est pas moi (alter)." (Sartre). Les autres hommes, mon prochain. C'est à la fois l'autre et le même (mon semblable, un moi autre, une personne). Analyse du sujet : La forme de notre sujet est une question fermée : il s'agira d'y répondre par « oui » ou « non » en conc...
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KANT
Texte à commenter : « Il y a des cas où des hommes, même avec une éducation qui a été profitable à d'autres, montrent cependant dès l'enfance une méchanceté si précoce, et y font des progrès si continus dans leur âge mûr qu'on les prend pour des scélérats de naissance et qu'on les tient, en ce qui concerne leur façon de penser, pour tout à fait incorrigibles ; et toutefois on les juge pour ce qu'ils font et ce qu'ils ne font pas, on leur reproche leurs crimes comme des fautes, bien plus, eux-mê...
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Qu'est-ce qu'une obligation morale ?
Introduction. — On entend parfois cette réflexion : « Si je suis obligé, je ne suis pas libre », ou, vice versa : « Si je suis libre, je ne suis pas obligé ». Mais, par ailleurs, nous savons que seul l'être libre a des obligations morales. Comment donc devons-nous, pour concilier ces deux conditions de la moralité, concevoir l'obligation morale ? Autre introduction. — Dans le langage courant, on constate une confusion assez fréquente entre « nécessaire » et « obligatoire ». Quand il gèle, dira-t...
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l'homme aime-t-il la justice pour elle-même ?
Analyse du sujet : Le sujet pose comme thèse que l'homme aime la justice. En effet, comment pourrait-il en être autrement ? La justice est un principe qui fonde l'égalité entre tous, or il est moral de considérer son prochain comme soi-même. Ce pendant, ne serait-il pas hypocrite d'affirmer que c'est pour cette raison que l'homme aime la justice ? N'est-ce pas plutôt parce que la justice le protège lui-même ? En effet, l'homme est égoïste et son propre sort l'intéresse bien davantage que celui d...
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l'homme libre est-il un homme seul ?
[Pour être libre, il faut vivre seul et sans attache. Ce sont les désirs d'autrui qui entravent les miens. Par ailleurs, être réellement libre, c'est mener une vie qui ne ressemble pas à celle des autres.] En étant seul, je vis en conformité avec moi-même La société des hommes ne cesse de m'influencer. Je dois me plier à mille contraintes. Dès lors que je m'attache à une personne, me voilà dépendant d'elle. C'est pourquoi Épictète conseille à celui qui veut être libre de n'avoir «ni attrait ni r...
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L'histoire est-elle une résurrection objective du passé ?
Ce que vous savez des oeuvres historiques, des qualités qu'elles exigent dans l'exposé autant que des recherches qu'elles imposent, vous paraît-il justifier ce jugement célèbre : « l'Histoire est une résurrection objective du passé » ? LES GRANDES LIGNES DU PLAN Décomposons la citation, en nous aidant, pour son interprétation, des indications que nous fournissent les termes du sujet. « Une résurrection » : cela concerne évidemment « les qualités de l'exposé », l'art de rendre vivante, présente d...
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COURNOT: Bornons-nous [...] a considerer les phenomenes naturels...
Bornons-nous [...] à considérer les phénomènes naturels où les causes et les effets s'enchaînent, de l'aveu de tout le monde, d'après une nécessité rigoureuse ; alors il sera certainement vrai de dire que le présent est gros de l'avenir, et de tout l'avenir, en ce sens que toutes les phases subséquentes sont implicitement déterminées par la phase actuelle, sous l'action des lois permanentes ou des décrets éternels auxquels la nature obéit ; / mais on ne pourra pas dire sans restriction que le pr...
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l'imagination s'oppose-t-elle a la raison ?
Définition des termes du sujet: ENNEMI: adversaire qui cherche à nuire. IMAGE - IMAGINATION - IMAGINAIRE L'image est, en psychologie, une représentation mentale d'objets non présents. L'imagination est, dans la psychologie classique, une activité de l'esprit qui fabrique des combinaisons nouvelles d'images. Pour Sartre (qui nie comme Alain la réalité de l'image mentale, reflet passif du réel) l'imagination, ou fonction imageante, n'est qu'une manière de viser un objet réel : le viser, l'« intent...
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Kant: L'autonomie de la volonté
Le principe de la moralité réside dans l'autonomie, soit la faculté de se déterminer soi-même de par une législation rationnelle. L'homme est lié à son devoir par une loi qui ne lui est pas extérieure. Aucun intérêt ne vient le forcer à faire son devoir, aucune force étrangère à sa propre volonté ne vient le contraindre. Si le devoir procédait d'une contrainte, l'homme ne serait pas libre mais hétéronome, c'est-à-dire sous la dépendance d'une loi qui ne procède pas de lui-même. Le devoir ne se d...
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Que serais-je sans toi ?
Introduction : Notre culture met en avant la valeur de l'individualisme qui permet à la société de reconnaître la liberté comme fondamentalement individuelle. Mais cela risque de nous faire oublier que l'individu est dépendant des autres et qu'il ne serait peut être rien sans les autres. La question est de savoir ce que serait l'individu indépendamment d'autrui. Le moi psychologique existerait il sans la relation à l'autre? Que serait il? D'autre part le « je » comme sujet libre et indépendant n...