Catégorie : Philosophie
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Peut-il y avoir savoir sans savoir faire?
Le tour de main de l'artisan, l'habileté du chirurgien et la virtuosité de l'artiste ont ceci de commun qu'ils relèvent chacun d'une technique spécifique, d'un savoir faire. Cependant l'artisan, le chirurgien et l'artiste n'acquièrent pas leurs facultés techniques de la même manière, comme l'a noté Kant dans la Critique du jugement l'artiste de génie n'a pas « appris » sa technique et ne sait pas exactement en quoi elle consiste. Toutefois la question reste encore entière puisque l'artiste n'agi...
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Le vivant est-il entièrement connaissable?
Analyse du sujet : Du point de vue conceptuel : «vivant» : Ensemble des être vivants dans l'univers, des bactéries aux êtres humains, en passant par les végétaux. Il est difficile de s'appuyer sur une définition exacte du vivant, les critères valables pour la plupart des animaux et végétaux pluricellulaires (se nourrir, excréter, grandir, respirer, se reproduire) ne permettent pas de classer certaines formes indécidables : virus et prions, dont on ne sait dire si elles sont vivantes. On définit...
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Lorsque l'on dit: "l'histoire jugera", suppose-t-on que l'histoire acquitte ou condamne d'un point de vue moral ?
Introduction. — Les grandes décisions engageant l'avenir d'un pays, par exemple une déclaration de guerre, doivent rallier l'unanimité morale de la nation. Or, il se présente parfois des problèmes d'une extrême gravité pour la solution desquels cet accord unanime est bien loin d'être atteint. Il faut cependant agir, à moins qu'on se laisse mener par les autres. Parfois, alors, pour sortir d'un attentisme dangereux, un chef auquel sa situation et son prestige personnel permettent des initiatives...
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Puis-je me mettre à la place de l'autre ?
VOCABULAIRE: AUTRE / AUTRUI : 1) Comme Adjectif, différent, dissemblable. 2) comme Nom, toute conscience qui n'est pas moi. 3) Autrui: Tout homme par rapport à moi, alter ego: "Autrui, c'est l'autre, c'est-à-dire ce moi (ego) qui n'est pas moi (alter)." (Sartre). Les autres hommes, mon prochain. C'est à la fois l'autre et le même (mon semblable, un moi autre, une personne). Analyse du sujet : La forme de notre sujet est une question fermée : il s'agira d'y répondre par « oui » ou « non » en conc...
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Faut-il mépriser l'apparence?
À en juger par des expressions populaires bien connues : « L'habit ne fait pas le moine », « Tout ce qui brille n'est pas d'or », l'apparence serait trompeuse, déceptive et source d'un mépris justifié. Se demander s'il faut mépriser l'apparence revient donc à définir son mode opératoire : l'apparence est-elle trompeuse, masque-t-elle la réalité ? C'est à partir de l'analyse de l'apparence chez Platon que nous allons d'abord voir comment celle-ci possède un statut ambivalent, tantôt masquant l'êt...
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Rousseau: La nature
Thème 464 Rousseau: La nature 1. La perfectibilité Rousseau découvre dans la nature de l'homme la liberté de vouloir, de choisir, et la perfectibilité (Discours sur l'origine de l'inégalité). Être perfectible, c'est pouvoir s'améliorer mais aussi se dégrader. C'est pourquoi ce principe est ambivalent : le développement de l'homme est historique, et son issue indéterminée. C'est à la fois la source du bonheur et du malheur, du vice et de la vertu. 2. De l'ambivalence à la contradiction Dans l'ét...
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ROUSSEAU: N'allons pas surtout conclure avec Hobbes...
N'allons pas surtout conclure avec Hobbes que pour n'avoir aucune idée de la bonté, l'homme soit naturellement méchant, qu'il soit vicieux parce qu'il ne connaît pas la vertu, qu'il refuse toujours à ses semblables des services qu'il ne croit pas leur devoir, ni qu'en vertu du droit qu'il s'attribue avec raison aux choses dont il a besoin, il s'imagine follement être le seul propriétaire de tout l'Univers. Hobbes a très bien vu le défaut de toutes les définitions modernes du droit Naturel : mais...
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A quoi servent les lois?
Introduction : On raconte que quelque part, les lois étaient écrites en tout en haut d'un temple en si petits caractères que personne, même parmi les rares citoyens qui savaient lire, ne pouvait les lire. A quoi pouvaient servir ces lois ? Il semble que la question soit surtout « A qui servaient elles ? », elles permettaient aux autorités de légitimer un ordre en disant qu'il émanait des lois. Cette histoire montre que les lois servent avant tout aux dirigeants à contrôler leurs sujets, mais ont...
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Qu'est-ce qu'agir librement ?
Analyse du sujet : Action : Un acte constitue l'inscription dans les faits d'un pouvoir humain, qu'il soit de nature physique ou spirituelle. On distingue parfois l'acte de l'action en postulant que l'action serait normée et finalisée, qu'elle supposerait la mise en œuvre d'un certain nombre de règles en vue d'un but, alors que l'acte serait à penser sur le modèle de l'acte réflexe. A la suite d'Aristote, on distingue également souvent l'action de la production : l'action n'aurait pas d'autre fi...
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Le maintien de l'ordre est-il la fonction essentielle de l'État ?
Définition des termes du sujet: BUT (n. m.) 1. — Terme vers lequel on tend. 2. — Représentation qu'on a de ce terme (Synonyme dessein, intention, visée, fin). 3. — But d'une pulsion (psychanalyse) : activité à laquelle pousse la pulsion et aboutissant à une résolution de la tension interne (le coït). ORDRE: (n. m., étym. : latin ordo : file, disposition régulière) 1. — Arrangement, disposition ; principe de disposition ; en part., logique : « L'ordre consiste en cela seulement que les choses qui...
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Nietzsche et la liberté
Aussi longtemps que nous ne nous sentons pas dépendre de quoi que ce soit, nous nous estimons indépendants : sophisme qui montre combien l'homme est orgueilleux et despotique. Car il admet ici qu'en toutes circonstances il remarquerait et reconnaîtrait sa dépendance dès qu'il la subirait, son postulat étant qu'il vit habituellement dans l'indépendance et qu'il éprouverait aussitôt une contradiction dans ses sentiments s'il venait exceptionnellement à la perdre. - Mais si c'était l'inverse qui ét...
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La lecture des images nécessite-t-elle une éducation particulière?
Il s'agit de savoir ce qu'on entend par lecture des œuvres d'art, il s'agit en réalité de déchiffrer une œuvre d'art, de la comprendre et en réalité de l'interpréter l'œuvre, de voir un sens qui ne se donne pas à première vue. Une lecture demande d'aller au-delà du simple plaisir esthétique face à une œuvre d'art, la lecture réclame de dépasser le moment purement sensible et d'entrer dans la sphère de l'intellect, de la réflexion. Il apparaît aller de soi qu'il faut un minimum d'éducation artist...
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Tout ce qui est naturel est-il bon ?
Ce sujet est un peu délicat car il articule deux notions assez difficiles à manier : la nature et le Bien. Il faut commencer ici par déterminer ce qu'on entend par naturel : ce qui est naturel, c'est au premier abord ce qui existe indépendamment de l'intervention de l'homme. Vous pouvez alors partir d'expressions simples ou de l'usage courant que l'on fait du terme "naturel". On considère généralement qu'est naturel ce qui n'a pas été transformé, trafiqué. Vous pouvez, en outre remarquer qu'on p...
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Que rapport la conscience entretient-elle avec ses objets?
Vocabulaire: OBJET (n. m., étym. : latin ob-jectum : ce qui est placé devant ; chose). 1. — Tout ce qui est présenté par la perception, avec un caractère stable et indépendant du sujet (objet externe) ; pour la phénoménologie, l'objet est déterminé par la visée de la conscience (cf. sens 3). 2. — Tout ce qui se présente à un sujet, s'offre à la pensée, et qui est distinct de l'acte de représentation ou du sentiment (donc du sujet), c.-à-d. aussi bien le percept, l'image, l'idée, que l'objet exte...
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La certitude d'avoir raison est-elle un indice suffisant de la vérité ?
On définit traditionnellement la certitude comme l'état d'esprit de celui qui est assuré de détenir une vérité. On dira ainsi " Je suis certain qu'il va venir demain " pour affirmer que nous ne sommes pas effleurés par le doute. Vous pouvez donc, dans cette perspective analyser les divers usages courants de cette notion de certitude. Nous pouvons saisir alors que la certitude semble pouvoir être assimilée à une forme de conviction. Mais alors, ne pouvons-nous pas nous tromper ? Ne sommes-nous pa...
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Nos pensées sont-elles en notre pouvoir?
Peut-on dire avec Descartes qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées ? Introduction. — Nous en avons bien souvent pris conscience au cours de notre vie scolaire : qu'il s'agisse d'un cours magistral à suivre, d'un problème à résoudre, d'un texte à analyser ou à résumer, il n'est pas toujours facile de fixer l'esprit. Aussi, trouvons-nous surprenant que Descartes ait pu écrire : « il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées ». Sans doute que,...
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La science peut-elle expliquer l'homme sans nier sa valeur de sujet ?
introduction a) Un constat « Une chose est certaine : c'est que l'homme n'est pas le plus vieux problème ni le plus constant qui se soit posé au savoir humain «(M. Foucault, Les Mots et les choses, p. 398). Pendant longtemps en effet, dans l'ordre du savoir, l'homme n'a pas constitué un domaine spécifique, et il a fallu une profonde réorganisation du champ de la connaissance pour qu'il fit l'objet d'une science, ou plutôt d'une multitude de sciences, celles que l'on appelle « humaines ». b) Le p...
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Epicure: La peur des dieux et de la
mort
1. La mort La crainte de la mort, voilà le trouble de l'âme qui agite les hommes. Or c'est encore parce que nous jugeons mal des choses que nous craignons la mort. La formule d'Épicure consiste à montrer que la mort ne nous concerne pas, que lorsqu'elle survient nous ne sommes plus, et que nous sommes là où elle n'est pas. La philosophie nous enjoint à nous soucier de notre vie et non de ce qui n'est rien pour nous. 2. Les dieux La crainte de la mort s'accompagne toujours de la crainte des dieux...
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En quel sens peut-on parler de déterminisme psychologique ?
En quel sens peut-on parler de déterminisme psychologique ? INTRODUCTION. — Se fondant sur l'observation intérieure, l'homme est fermement convaincu que certaines de ses décisions sont libres, et cette conviction est confirmée par le spectacle de la société humaine, dont l'organisation suppose la liberté : si l'homme n'était libre, de quel droit le tenir pour responsable de ses actions, lui manifester estime ou mépris, le récompenser ou le punir ? Mais si la liberté se présente à nous comme un f...
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L'homme est-il par nature un animal religieux ?
Introduction et problématisation: La lecture de Marx, de Nietzsche, de Freud, de Sartre nous invite à penser à l'effacement du religieux. Mais il n'est pas moins évident que ces analyses destructrices n'ont pas entraîné, comme on a cru jadis qu'elles le feraient, la disparition de la religion, et que celle-ci reste d'une étonnante vitalité : même dans les pays les plus développés et les plus sceptiques, où elle a connu une crise indiscutable, qui l'a fortement marginalisée, son rôle a été redéfi...