Catégorie : Philosophie
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Foucault, Contre l'histoire globale
Thème 277 Foucault, Contre l'histoire globale Indications générales Michel Foucault (1926-1984), se réclamant de la démarche de Nietzsche et de la méfiance à l'égard des grands systèmes globalisants, a abordé en généalogiste, ou en «archéologue» (L'Archéologie du savoir, 1969), des problèmes laissés de côté par la philosophie: la folie, la clinique, les prisons, la sexualité... Foucault cherche comment se sont formées les institutions et les représentations sur lesquelles vit la société contempo...
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Pascal: Le pari
Thème 451 Pascal: Le pari 1. Impuissance de la raison C'est au libertin que s'adresse ce que l'on a appelé « le pari de Pascal », à celui qui précisément se fuit dans les vanités du monde. Dans ce pari, Pascal met son talent mathématique au service de la foi et vise à convertir les libres penseurs. La raison ne peut prouver l'existence de Dieu, car il y a une distance infinie entre un Dieu infini et Sa créature finie. 2. Disproportion de la mise et du gain La raison peut nous incliner à choisir...
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ANCIEN TESTAMENT: «Un temps pour
vivre, un temps pour mourir [...] Vanité des vanités, tout est
vanité.»
Thème 343 ANCIEN TESTAMENT: «Un temps pour vivre, un temps pour mourir [...] Vanité des vanités, tout est vanité.» La vanité de toute existence humaine. «Un temps pour vivre, un temps pour mourir [...] Vanité des vanités, tout est vanité.» Ancien Testament, livre de l'Ecclésiaste (IVe-III e siècle av. J.-C.). • Dans l'Ecclésiaste, la vanité de la vie ne vient pas seulement de sa brièveté, mais aussi du caractère vide de l'existence: ce qui nous paraît positif est compensé par du négatif, pour a...
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Mill, L'utilité est le fondement de la morale
Indications générales John Stuart Mill (1806-1873) est le père de l'utilitarisme, doctrine qui fait de l'utilité la valeur morale la plus haute. Encore faut-il savoir comment celle-ci est définie. Citation «La doctrine qui donne comme fondement à la morale l'utilité ou le principe du plus grand bonheur affirme que les actions sont bonnes ou mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur. Par bonheur on entend le plaisir et l'absence de dou...
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ARISTOTE: «Le sens est la faculté
apte à recevoir les formes sensibles sans la matière...»
ARISTOTE: «Le sens est la faculté apte à recevoir les formes sensibles sans la matière...» La perception suppose une activité intellectuelle. [À propos d'un morceau de cire] «ce que je croyais voir par l'oeil, c'est par la seule faculté de juger, qui est en mon esprit, que je le comprends. » Descartes, Méditations métaphysiques (1641), II. • Descartes réfléchit sur ce qu'est percevoir un objet, et il a pris pour cela l'exemple d'un morceau de cire soumis à la chaleur, qui fond sous ses yeux et c...
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DESCARTES: «II n'y a que la volonté,
ou liberté de décision, que j'expérimente si grande en moi que je
n'ai idée d'aucune autre plus grande.»
Thème 353 DESCARTES: «Il n'y a que la volonté, ou liberté de décision, que j'expérimente si grande en moi que je n'ai idée d'aucune autre plus grande.» Être sujet, c'est être maître de soi—même (philosophie du sujet). «Il n'y a que la volonté, ou liberté de décision, que j'expérimente si grande en moi que je n'ai idée d'aucune autre plus grande» Descartes, Méditations métaphysiques (1641), IV. • L'idée qu'il faut croire ou faire quelque chose sans chercher à comprendre pourquoi («argument d'auto...
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MONTESQUIEU: «II faut que, par la
disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.»
Organiser l'État pour garantir la liberté des citoyens «Il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.» Montesquieu, De l'esprit des lois (1748). • La question de la réalisation de la liberté par l'État ne peut pas être résolue de manière univoque car il existe toute une gamme possible entre la démocratie idéale et la dictature la plus sévère. Il faut donc se poser la question de la nature de l'organisation de l'État. • Montesquieu analyse les trois pouvoirs constituti...
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Lucrèce, Le «clinamen»
Thème 278 Lucrèce, Le «clinamen» Indications générales Lucrèce (99-55 avant J.-C.) est un disciple romain d'Épicure (il naît près de deux siècles après son maître). Il laisse un grand poème, De la Nature, qui est en même temps un exposé de physique et de morale. Comme Épicure, Lucrèce est matérialiste et atomiste. Il est donc aussi déterministe: tout ce qui arrive a une cause: tous les phénomènes sont dus aux mouvements, aux chocs et aux agglomérations des atomes. Mais ce mouvement lui-même, d'o...
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Bachelard, « C'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le problème de la connaissance scientifique»: la notion d'obstacle épistémologique
Thème 269 Bachelard, « C'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le problème de la connaissance scientifique»: la notion d'obstacle épistémologique PRESENTATION DE "LA FORMATION DE L'ESPRIT SCIENTIFIQUE" DE BACHELARD Gaston Bachelard (1884-1962), de formation scientifique et philosophique, a profondément renouvelé l'approche de l'histoire des sciences. La révolution introduite en physique par la théorie de la relativité l'a conduit à critiquer la conception linéaire du progrès scientifique :...
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Nietzsche: Vie et Vérité
Thème 480 Nietzsche: Vie et Vérité 1. Le renversement du platonisme Selon Nietzsche, platonisme et christianisme ont méprisé le sensible et inventé la fable d'un autre monde : un « arrière-monde». Le paradis ou l'au-delà de la religion, mais également le monde vrai, que la philosophie oppose au monde apparent, ont fait de l'homme un être dépravé, qui préfère ce qui lui fait du mal. Alors que la vie est instinct de croissance, accumulation de forces, l'homme nihiliste s'est mis à adorer la vérité...
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Hobbes: Liberté et droit
La nature a fait les hommes si égaux quant aux facultés du corps et de l'esprit, que, bien qu'on puisse parfois trouver un homme manifestement plus fort corporellement, ou d'un esprit plus prompt qu'un autre, néanmoins, la différence d'un homme avec un autre n'est pas si importante que quelqu'un puisse de ce fait réclamer pour lui-même un avantage auquel un autre ne puisse pas prétendre aussi bien que lui (...). De cette égalité des aptitudes découle une égalité dans l'espoir d'atteindre nos fin...
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PLATON: «Ce qui donne naissance à une
cité, c'est, repris-je, l'impuissance où se trouve chaque individu de
se suffire à lui-même.»
Les échanges donnent naissance à la société et la consolident. «Ce qui donne naissance à une cité, c'est, repris-je, l'impuissance où se trouve chaque individu de se suffire à lui-même.» Platon, La République (i av. J.-C.). • Selon Platon, c'est le fait que l'individu ne produise pas lui-même toutes les ressources dont il a besoin (nourriture, logement, vêtement), qui est à l'origine de la formation de la société. La société repose sur le principe de la division du travail, qui permet de réparti...
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Descartes et le langage
Tous les hommes sans exception, même fous ou stupides, sont capables de parler ou d'employer des signes pour faire connaître leur pensée. Au contraire, il n'existe aucun animal qui soit capable d'employer le langage, sinon pour le répéter sans le comprendre (les pies ou les perroquets par exemple). Si les animaux ne parlent pas, ce n'est donc pas par défaut d'organes convenables les imitations peuvent être très bonnes pour certains oiseaux -, mais ils ne pensent pas ce qu'ils disent, et ne...
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DESCARTES: «J'ai en quelque façon
premièrement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est-à-dire
de Dieu que de moi-même.»
DESCARTES: «J'ai en quelque façon premièrement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est-à-dire de Dieu que de moi-même.» La constitution du sujet par l'extérieur. «J'ai en quelque façon premièrement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est-à-dire de Dieu que de moi-même» Descartes, Méditations métaphysiques (1641), III. • La conception cartésienne du sujet semble gommer deux aspects de l'existence humaine: - la finitude (la fatigue, la paresse, le désir, l'hésitation, le remords),...
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DESCARTES: «Je pense donc je
suis...»
Thème 363 DESCARTES: «Je pense donc je suis...» PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l'incertitude de l'école et de ses livres jusqu'à la fondation inébranlable du cogito et des fruits qui en découlent. Descartes (1596-1650) prend ses distances avec le long héritage aristotélicien véhiculé par la phil...
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Hume et la perception
Cette table même, que nous voyons blanche et que nous sentons dure, nous croyons qu'elle existe indépendamment de notre perception, nous croyons qu'elle est quelque chose d'extérieur à notre esprit qui la perçoit. Notre présence ne lui confère pas l'existence ; notre absence ne l'anéantit pas. Elle conserve une existence invariable et entière, indépendante de la situation des êtres intelligents qui la perçoivent ou la contemplent. Mais cette opinion universelle et primitive de tous les hommes es...
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Heidegger: La technique
Thème 490 Heidegger: La technique 1. Le projet cartésien Pour Heidegger, l'ère moderne réalise le projet cartésien de maîtrise et de domination de la nature. Elle est l'ère où se manifeste dans toute son ampleur la technique, la mobilisation de toutes les forces en vue d'une exploitation. Toute la nature est devenue, non plus objet de contemplation ou de pensée, mais un fonds exploitable et calculable, y compris l'homme lui-même qui n'en est que le gérant. Ainsi, le Rhin, dont le poète savait di...
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SARTRE: «L'homme n'est rien
d'autre que sa vie.»
PRESENTATION DE "L'EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME" DE SARTRE Marqué comme oeuvre de circonstance et de vulgarisation, le texte est tiré d'une conférence donnée à Paris en Octobre 1945, qui devait donner l'occasion à Sartre (1905-1980) de répondre à une série d'objections. Il montre que les accusations d'anti-humanisme sont infondées, car sa philosophie ne conduit en rien au mépris de la réalité humaine et de sa valeur. La définition annoncée par le titre est donc en réalité la défense d'une ph...
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Malebranche: passions et amitié
Lorsqu'on est riche et puissant, on n'en est pas plus aimable, si pour cela on n'en devient pas meilleur à l'égard des autres par ses libéralités, et par la protection dont on les couvre. Car rien n'est bon, rien n'est aimé comme tel, que ce qui fait du bien, que ce qui rend heureux. Encore ne sais-je si on aime véritablement les riches libéraux, et les puissants protecteurs. Car enfin ce n'est point ordinairement aux riches qu'on fait la cour, c'est à leurs richesses. Ce n'est point les grands...
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Rousseau: justice, égalité et droit
Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice. Tous veulent que les conditions soient égales pour tous, et la justice n'est que cette égalité. Le citoyen ne veut que les lois et que l'observation des lois. Chaque particulier(1) dans le peuple sait bien que s'il y a des exceptions, elles ne seront pas en sa faveur. Ainsi tous craignent les exceptions, et qui craint les exceptions aime la loi. Chez les chefs c'est toute autre chose, (...) ils cherchent des préférences partout....