Catégorie : Philosophie
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Pascal: Vanité de lhomme sans Dieu
Thème 450 Pascal: Vanité de l'homme sans Dieu 1. La misère de l'homme Cette absence de position assurée se traduit en morale par une critique de la société des hommes comme lieu de la vanité. Distinctions et divertissements sont vains : ils ne sont que les subterfuges de l'homme qui veut échapper au vertige et à la misère qui accompagne la pensée de ce vertige. Le divertissement que nous prisons tant, l'incapacité où nous sommes de demeurer et méditer dans une chambre sont la fuite devant la con...
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Épictète, « Il y a des choses qui dépendent de nous et il y en a qui n'en dépendent pas »
Indications générales Quoique représentant tardif de l'école stoïcienne, fondée au IIIe siècle avant J.-C. [voir Sénèque, Cicéron et Marc Aurèle], Épictète (50-130) en a laissé un des exposés les plus complets et les plus célèbres dans son Manuel, un livre que l'apprenti philosophe devait garder sur lui comme un poignard contre les coups de l'adversité. Citation «Il y a des choses qui dépendent de nous; il y en a d'autres qui n'en dépendent pas. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements...
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Arendt: La crise de la modernité
Dans toute son œuvre, H. Arendt s'interroge sur la vie sociale et politique, et plus précisément, sur ce qui, dans ce domaine, distingue la modernité de l'Antiquité. Au XX'' siècle, le fait majeur est évidemment le développement du « totalitarisme » — communiste, puis national-socialiste. Comment la modernité a-t-elle pu engendrer de tels monstres ? 1. Les Anciens et les Modernes A. Œuvre, action, travail Il y a trois grands types d'activités humaines : le travail d'abord, qui a pour fin la subs...
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Descartes: désir et liberté
Il me semble que l'erreur qu'on commet le plus ordinairement touchant les désirs est qu'on ne distingue pas assez les choses qui dépendent entièrement de nous de celles qui n'en dépendent point: car, pour celles qui ne dépendent que de nous, c'est-à-dire de notre libre arbitre, il suffit de savoir qu'elles sont bonnes pour ne les pouvoir désirer avec trop d'ardeur, à cause que c'est suivre la vertu que de faire les choses bonnes qui dépendent de nous. Et il est certain qu'on ne saurait avoir un...
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SARTRE: «Par le je pense,
contrairement à la philosophie de Descartes [...], nous nous atteignons
nous-mêmes en face de l'autre...»
PRESENTATION DE "L'EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME" DE SARTRE Marqué comme oeuvre de circonstance et de vulgarisation, le texte est tiré d'une conférence donnée à Paris en Octobre 1945, qui devait donner l'occasion à Sartre (1905-1980) de répondre à une série d'objections. Il montre que les accusations d'anti-humanisme sont infondées, car sa philosophie ne conduit en rien au mépris de la réalité humaine et de sa valeur. La définition annoncée par le titre est donc en réalité la défense d'une ph...
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Hobbes: Langage et passions
Les noms des choses qui ont la propriété de nous affecter, c'est-à-dire de celles qui nous procurent du plaisir ou du déplaisir, ont, dans la conversation courante des hommes, une signification changeante parce que tous les hommes ne sont pas affectés de la même façon par la même chose, ni le même homme à des moments différents. Étant donné en effet que tous les noms sont donnés pour signifier nos représentations, lorsque nous avons des représentations différentes des mêmes choses, nous ne pouvo...
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Freud: droit, justice, nature
PRESENTATION DU "MALAISE DANS LA CIVILISATION" DE FREUD Freud (1856-1939) propose ici une réflexion sur la dimension tragique de la condition humaine. Pour cerner l'origine du « malaise » de l'homme civilisé, il s'appuie sur l'hypothèse, introduite dans Au-delà du principe de plaisir (1920), d'un dualisme fondamental du psychisme humain, divisé entre les pulsions de vie (pulsions sexuelles et d'autoconservation) et les pulsions de mort (pulsions d'autodestruction et d'agressivité). L'interprétat...
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Montaigne, Que savons-nous de l'intelligence des animaux?
Indications générales Montaigne (1533-1592), après s'être retiré des affaires publiques, a rédigé, pendant les vingt dernières années de sa vie, les trois livres des Essais: des réflexions libres et pleines d'anecdotes sur tous les sujets qui lui plaisaient. Le contraire d'un «système» de philosophie. Influencé par le scepticisme [voir Sextus Empiricus], il dénonce à maintes reprises les prétentions du rationalisme. Cela l'amène notamment à poser de manière originale la question de l'intelligenc...
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Kant: Liberté et bonheur
PRESENTATION DE "FONDEMENTS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS" DE KANT Dans ce premier grand ouvrage consacré à la morale, Kant (1724-1804) se donne pour tâche « la recherche et l'établissement du principe suprême de la moralité » (Préface). Son objectif n'est pas seulement spéculatif mais surtout pratique : il est nécessaire de trouver le critère permettant à chacun d'apprécier clairement la valeur morale de ses actions, car la moralité est sujette à corruption, souvent confondue avec le calcul de...
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Bachelard: Qu'est-ce que la science ?
PRESENTATION DE "LA FORMATION DE L'ESPRIT SCIENTIFIQUE" DE BACHELARD Gaston Bachelard (1884-1962), de formation scientifique et philosophique, a profondément renouvelé l'approche de l'histoire des sciences. La révolution introduite en physique par la théorie de la relativité l'a conduit à critiquer la conception linéaire du progrès scientifique : celui-ci suppose au contraire des ruptures épistémologiques (changement de méthode et de concepts), résultant d'une victoire de l'esprit sur ses propre...
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Berkeley, « Être, c'est être perçu »
Indications générales George Berkeley (1685-1753), évêque de Cloyne, a proposé une théorie métaphysique provocante et originale appelée l'« immatérialisme ». Partant de l'empirisme, Berkeley considère toute notion abstraite comme une illusion: seules existent les choses singulières; mais celles-ci ne sont connues par nous qu'en tant qu'images reliées à d'autres images. Citation «Je dis que la table sur laquelle j'écris existe, c'est-à-dire que je la vois et la touche; et si je n'étais pas d...
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Kierkegaard et l'oisiveté
"On a l'habitude de dire que l'oisiveté est la mère de tous les maux. On recommande le travail pour empêcher le mal. Mais aussi bien la cause redoutée que le moyen recommandé vous convaincront facilement que toute cette réflexion est d'origine plébéienne (1). L'oisiveté, en tant qu'oisiveté, n'est nullement la mère de tous les maux, au contraire, c'est une vie vraiment divine lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'ennui. Elle peut faire, il est vrai, qu'on perde sa fortune, etc. ; toutefois, une natu...
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KANT: «Nous ne connaissons a priori
des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes.»
VOCABULAIRE: A priori: C e qui précède l’expérience, et n’est tiré que de l’esprit ou de la raison. C hez Kant, les formes a priori de la sensibilité (l’espace et le temps) et de l’entendement (les catégories) rendent possible l’expérience (l’a priori est ici transcendantal). Les marques de l’a priori sont l’universalité et la nécessité. L’expérience, quant à elle, n’offre que des généralisations et du contingent. La raison peut atteindre, dans le réel, ce à quoi elle donne elle–même sa forme. «...
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Marc Aurèle, Tout est beau pour qui sait voir
Indications générales Marc Aurèle (121-180) fut un des derniers empereurs de Rome. Il a aussi laissé ses réflexions, d'inspiration stoïcienne [voir aussi: Sénèque, Cicéron et Épictète] dans un recueil de textes courts intitulé Pensées pour moi-même. La citation choisie permet d'illustrer la conception stoïcienne de l'art et du rapport au beau. Citation «Les accidents mêmes qui s'ajoutent aux productions naturelles ont quelque chose de gracieux et de séduisant. Le pain, par exemple, en cuisant, s...
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Schopenhauer et l'Histoire
La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier et que de tout temps : elle doit donc reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes, survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes et des mœurs. Cet...
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Leibniz: Les petites perceptions
Leibniz: Les petites perceptions RAPPEL: LA MONADE CHEZ LEIBNIZ Ce terme renvoie à l'unité spirituelle élémentaire dont tout ce qui existe est composé. La monade est à la métaphysique ce que le point est à la géométrie à la fois unique et en nombre infini. Il n'y a pas chez Leibniz de dualisme (d'un côté l'âme et de l'autre l'esprit). Mêmes les minéraux ou les végétaux possèdent une dimension spirituelle ! Il y a des monades douées de mémoire chez les animaux, des monades douées de raison comme...
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Aristote: L'encyclopédie
aristotélicienne
Thème 431 Aristote: L'encyclopédie aristotélicienne 1. Les disciplines abordées L'oeuvre d'Aristote a peu d'équivalent par son ampleur : elle couvre presque tous les domaines scientifiques connus de l'Antiquité. Les domaines abordés sont regroupés en sciences théoriques, qui ont pour objet l'être sous ses différents genres (mathématique, physique, théologique), sciences pratiques, dont la fin est l'action (éthique et politique), et enfin sciences poétiques, qui étudient la production de l'oeuvr...
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Bacon, Les «exemples décisifs»
Indications générales Francis Bacon (1561-1626), baron de Verulam, est un des premiers philosophe des sciences. Comme souvent les Anglais, Bacon attache une grande importance à la connaissance empirique. Mais les données de l'expérience ne disent rien par elles-mêmes: il faut les tester par des expérimentations adéquates. Bacon met ainsi au point une méthode inductive, dont un des concepts clés est celui d'« expérience cruciale» (aussi appelée «exemple décisif» ou «exemple de la croix»). Citatio...
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Bergson et la science
Trop souvent nous nous représentons encore l'expérience comme destinée à nous apporter des faits bruts : l'intelligence, s'emparant de ces faits, les rapprochant les uns des autres, s'élèverait ainsi à des lois de plus en plus hautes. Généraliser serait donc une fonction, observer en serait une autre. Rien de plus faux que cette conception du travail de synthèse, rien de plus dangereux pour la science et pour la philosophie. Elle a conduit à croire qu'il y avait un intérêt scientifique à assembl...
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Sextus Empiricus, «À toute raison
s'oppose une raison de force égale»
Indications générales Philosophe, médecin et astronome grec, Sextus (Ile, llle siècle) fut surnommé «l'empirique» (empiricus) pour avoir introduit le recours à l'expérience en médecine. Son oeuvre est surtout une présentation des philosophies stoïcienne et sceptique. C'est notamment à travers ses Hypotyposes pyrrhoniennes que nous connaissons la pensée du grand philosophe sceptique Pyrrhon d'Élis. La citation qui suit est donc tirée d'un texte de Sextus, mais c'est la doctrine de Pyrrhon qui est...