Catégorie : Philosophie
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Kant: L'autonomie de la volonté
Le principe de la moralité réside dans l'autonomie, soit la faculté de se déterminer soi-même de par une législation rationnelle. L'homme est lié à son devoir par une loi qui ne lui est pas extérieure. Aucun intérêt ne vient le forcer à faire son devoir, aucune force étrangère à sa propre volonté ne vient le contraindre. Si le devoir procédait d'une contrainte, l'homme ne serait pas libre mais hétéronome, c'est-à-dire sous la dépendance d'une loi qui ne procède pas de lui-même. Le devoir ne se d...
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Stoïcisme: Le bonheur est la maîtrise de ce qui dépend de nous
Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous C'est la règle à comprendre. Tout le malheur des hommes vient de ce qu'ils confondent ce qui est en leur pouvoir et ce qui n'est pas en leur pouvoir. Ils désirent ainsi ce qui ne dépend pas d'eux (envie, jalousie), s'affligent de ce qui leur échappe (deuil...) et sont ainsi esclaves des événements, des autres, du jugement des autres : du monde extérieur. Le but est donc de redevenir maître de soi, d'exercer sa maîtrise sur les seules choses q...
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Aristote: Le problème de la valeur
Thème 87 Aristote: Le problème de la valeur Partant d'un matériau brut, non traité, le travail est une force de transformation qui produit des objets utiles aux besoins. On peut distinguer, en chaque marchandise, une double valeur : une valeur d'usage, qui se mesure à l'utilité ou à la satisfaction d'un besoin ; et une valeur d'échange, qui est la valeur financière que l'on peut en tirer sur le marché. Dans toute société, le travail est le prix qu'il faut payer pour toute richesse, et très tôt l...
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Bergson et l'intelligence
Notre intelligence, telle que l'évolution de la vie l'a modelée, a pour fonction essentielle d'éclairer notre conduite, de préparer notre action sur les choses, de prévoir, pour une situation donnée, les événements favorables ou défavorables qui pourront s'ensuivre. Elle isole donc instinctivement, dans une situation, ce qui ressemble au déjà connu : elle cherche le même, afin de pouvoir appliquer son principe que "le même produit le même". En cela consiste la prévision de l'avenir par le sens c...
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Nietzsche: La volonté de puissance
La volonté de puissance et le surhomme dans la philosophie de Nietzsche De quoi la création des valeurs est-elle la manifestation ? Nietzsche répond : de la volonté de puissance. Il ne faut pas comprendre cette notion au sens de « volonté de dominer les autres ». La volonté de puissance est, chez Nietzsche, un principe ontologique : tous les êtres sont animés d'une volonté de puissance. Elle peut s'exprimer à travers des forces actives, affirmatives ou à travers des forces réactives, négatives....
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Kant: La morale ne promet pas le bonheur
Dans la Critique de la raison pratique, Kant montre que le bonheur individuel, recherché par tout un chacun suivant ses propres penchants, ne peut être une finalité morale. La recherche du bonheur peut fournir des maximes personnelles d'action, mais non des lois à la volonté, même si l'on prend pour finalité le bonheur de tous. La définition générale du bonheur est subjective, donc variable et changeante. On pourrait au mieux en tirer des règles générales, mais jamais des règles universelles (va...
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Aristote: La nature
Toute chose peut être suivant trois causes : par nature, par "artifice" c'est-à-dire produit par l'activité artisanale ou poétique de l'homme, ou par fortune c'est-à-dire par chance ou par hasard. Les animaux, les plantes et les éléments (terre, eau, feu, air) sont par nature. A la différence de ce qui existe par l'activité humaine et technique, ce qui est par nature porte à l'intérieur de soi le principe du mouvement et du repos. Les animaux se déplacent, les plantes croissent et décroissent, l...
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Spinoza: Morale et politique
PRESENTATION DU "TRAITE THEOLOGICO-POLITIQUE" DE SPINOZA Dans la deuxième moitié du xviie siècle, le durcissement des sectes religieuses fait planer l'ombre de l'intolérance sur la ville d'Amsterdam, jusqu'alors réputée pour sa libéralité. La situation réveille les consciences philosophiques : Spinoza (1632-1677) abandonne provisoirement l'Éthique pour défendre la liberté de pensée. Il montre que foi et raison sont dissociées, « l'une et l'autre ont leur royaume propre » (XV). Pour examiner les...
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Rousseau: liberté et droit
Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme, et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté. Enfin c'est une convention vaine et contradictoire de stipuler (*) d'une part une autorité absolue et de l'autre une obéissance sans bornes. N'est-il pas clair qu'on n'est engagé...
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Marx: La question de la plus-value
Thème 88 Marx: La question de la plus-value Dans une économie capitaliste, la force de travail est une marchandise comme toutes les autres. Elle s'achète au prix du salaire, et sa valeur dépend de l'état du marché du travail. Plus il y a de chômeurs, plus la force de travail est dévaluée, suivant la loi de l'offre et de la demande. Mais, à la différence de toutes les autres marchandises, la force de travail est elle-même productrice de valeur. En une journée, un ouvrier produit plus que...
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Platon: La recherche philosophique de la vérité
La vérité philosophique ne se laisse pas mettre en formules, à la différence des autres savoirs ; dans la Lettre V II, Platon définit la philosophie – selon l'étymologie, " amour ou désir de sagesse et non possession de cette sagesse – moins comme quelque chose que l'on sait que comme la flamme qui jaillit de l'étincelle, puis croît spontanément » dans l'âme. La philosophie n'est pas la détention de la vérité, mais la passion infatigable de sa recherche, qui s'étend peu à peu à toutes les activi...
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Platon: l'anneau de Gygès
Thème 107 Platon: l'anneau de Gygès Dans la République, II, Platon relate un mythe qui illustre l'idée qu"'on ne pratique la justice que malgré soi et par impuissance de commettre l'injustice. Gygès était berger. Lors d'un tremblement de terre accompagné d'un orage, la terre se fendit pour laisser apparaître une crevasse. Il y descendit et trouva un cheval d'airain, creux à l'intérieur, qui recélait le cadavre d'un géant. Au doigt de ce cadavre était une bague en or que Gygès déroba pour la pass...
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Rousseau moraliste
Du contrat social affirme l'importance essentielle des moeurs dans la réussite des institutions politiques ; mais comment réformer les moeurs ? Émile expose le projet d'une éducation morale de l'homme qui parte de l'homme naturel : " Il faut étudier la société par les hommes et les hommes par la société : ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n'entendront jamais rien à aucune des deux. » 1. L'éducation morale de l'individu A. L'amour de soi et les passions humaines La pa...
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Bergson: La philosophie et la science
La science a peut-être toujours eu l'ambition d e tout expliquer. Au temps de Bergson, le scientisme, doctrine qui prétend tout réduire à des explications physico-chimiques, dominait jusqu'aux sciences de l'esprit. Convaincu de la valeur de la science quant à la matière, Bergson entend réserver la science de l'esprit à la philosophie, renouvelée par une méthode rigoureuse : l'intuition. 1. Méthode philosophique de l'intuition A. L'intuition et l'intelligence • Les choses forment une matière une...
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Platon: L'Idée
Le problème de l'Idée se présente d'abord chez Platon sous une forme politique. Si l'on se contente de l'opinion pour gouverner une Cité, on n'obtiendra jamais que des apparences de justice, d'honnêteté ou de vérité. L'apparence n'est qu'un semblant, qui n'est ni fiable, ni solide, comme une parole que l'on lance sans plus y penser ensuite. Pour tenir un discours qui transcende les apparences, qui dépasse le changement et le mouvement des opinions, il faut s'en séparer et faire l'effort d'aller...
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Hume: conscience et morale
La morale ne se fonde pas sur la raison La morale, qui guide notre conduite par la distinction du bien et du mal, ne repose pas sur l'exercice de la raison, mais sur un sens moral'. En effet, l'argumentation rationnelle ne peut décider de la valeur d'un acte ni motiver notre comportement : ce sont les sentiments de plaisir ou de douleur qui suscitent l'approbation de la vertu ou la condamnation du vice et qui constituent le ressort de nos actions. La morale s'enracine donc dans l'affectivité, el...
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Heidegger: L'essence de la vérité
La métaphysique du langage, d'après Heidegger. C'est la signification métaphysique du sentiment de cette situation de l'homme par rapport au langage qu'Heidegger essaie de déchiffrer. Interroger le langage, c'est interroger l'homme quant à son essence puisque, justement, l'homme est l'être qui parle. a) La révélation ontologique du langage. De la parole, un usage vide et dérisoire peut être fait, dans la « jacasserie» quotidienne. Et même, limité à sa seule valeur utilitaire, le langage, réduit...
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Aristote et le sujet
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y opère...
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Feurbach: La religion comme aliénation
Thème 98 Feuerbach: La religion comme aliénation La religion chrétienne exprime le rapport de l'homme avec lui-même, mais au travers d'un être autre que lui. Dieu n'est rien d'autre que l'essence de l'homme, mais délivrée des bornes individuelles et des imperfections. Dieu est l'Homme, porté à l'absolu, puis objectivé, séparé des hommes et vénéré. Tous les attributs et les qualités que la religion confère à Dieu ont une origine humaine. L'amour, la sagesse, la bonté, l'intelligence ne sont pas...
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Stoïcisme: Liberté et nécessité
Au iii siècle av. J.-C., les cités grecques ont perdu leur indépendance ; la vie civique recule ; le monde se globalise. Dans ce contexte troublé, naît une philosophie pour temps de crise : l'école du portique (stoa). Le but n'est plus la recherche du meilleur régime par le citoyen, mais la quête du bonheur par l'individu, dans un monde qui ne dépend pas de lui. La pensée se replie sur l'existence individuelle, confrontée à la nécessité extérieure. Le stoïcisme connu une longue postérité : après...