Catégorie : Philosophie
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Platon: Les mots sont-ils institués par nature ou par convention ?
Dans le dialogue Cratyle, Platon met en scène deux protagonistes qui soutiennent des thèses opposées. Pour Cratyle, la nature aurait attribué aux noms un sens propre. On trouverait au coeur de chaque mot une identité de la chose et de son nom : la matière sonore ou phonique du mot serait inspirée de la chose qu'il désigne. Si les mots doivent correctement représenter les objets, le meilleur moyen pour cela est de les rendre aussi semblables à eux que possible. Les éléments des mots sont les lett...
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Kant: Liberté et droit
L'homme est un "animal" qui, lorsqu'il vit parmi d'autres membres de son espèce, "a besoin d'un maître". Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l'égard de ses semblables ; et quoique en tant que créature raisonnable il souhaite une loi qui pose les limites de la liberté de tous, son inclination animale égoïste l'entraîne cependant à faire exception pour lui-même quand il le peut. Il lui faut donc un "maître" pour briser sa volonté particulière, et le forcer à obéir à une volonté universellement...
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Aristote: l'homme, animal politique
Avec Platon, qu'il critique cependant, Aristote est le fondateur de la pensée politique classique. La nature politique de l'homme ne fait pas de doute. La question la plus débattue est celle du meilleur régime. 1. Les fondements de la vie politique A. « L'homme est un animal politique » Vivre en communauté est naturel* et nécessaire à l'homme. Nécessaire à son existence, mais aussi à son bonheur. L'homme ne s'associe pas avec d'autres seulement pour assurer sa survie, mais pour accomplir son ess...
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Platon: Les origines de la division du travail
Thème 86 Platon: Les origines de la division du travail Le premier de tous les besoins est celui de la nourriture. Vient ensuite le besoin de se procurer un gîte, puis celui de se vêtir. La société pourvoit à ces besoins, en spécialisant les individus dans des tâches déterminées. L'un est cultivateur, l'autre maçon, le troisième tisserand... Une société bornée au nécessaire le plus strict serait ainsi composée de quatre ou cinq individus, qui s'obligeraient chacun à faire un travail dont les fr...
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Sartre: L'objet imaginaire est négatif mais il révèle la liberté humaine
L'image est généralement pauvre, car elle est un monde en miniature, coupé du vrai monde. Les éléments qui la constituent tissent entre eux un nombre de rapports finis, à la différence du symbole qui aspire et tend vers le concept. De plus, l'image est irréelle, car "les objets n'existent que pour autant qu'on les pense". Il s'ensuit que la perception d'une chose concrète et la visée par laquelle notre conscience s'y rapporte sont infiniment plus féconds que la conscience d'une simple image. L'i...
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Hobbes: L'homme est un loup pour l'homme
Hobbes passe à juste titre pour l'inventeur du libéralisme politique et d e l'idée moderne de démocratie. Il conçoit en effet la loi comme une règle extérieure aux actions individuelles, dont elle garantit simplement la sécurité, et fonde le pouvoir politique sur le droit de l'individu. 1. L'état de nature A. La guerre de tous contre tous Hobbes veut être le Galilée de la science politique, par l'application des principes de la physique à la société. Il ne considère que les forces en présence, p...
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Sartre: L'existence précède l'essence
VOCABULAIRE SARTRIEN: Essence : au sens traditionnel : ce qu'est une chose, sans quoi elle ne serait pas ce qu'elle est. Est conçue dans les philosophies essentialistes comme préalable à l'existence effective. Dans l'existentialisme, l'essence de l'homme est toujours rejetée au-delà de tous ses projets. Une philosophie existentialiste se définit par le fait qu'elle pose l'existence avant l'essence et de la sorte définit la condition humaine. Les objets matériels dérivent d'un concept, répondent...
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Spinoza: Puissance de la raison et liberté
VOCABULAIRE SPINOZISTE Tristesse: état conscient de réduction, de diminution de la puissance existentielle du Désir et du conatus. Toutes les passions, passives, sont des formes dérivées de cette Tristesse. Morale: principes de la conduite recherchant la «perfection» et la «vertu», mais commandés traditionnellement par la crainte (de la mort et des sanctions) et entraînant l’éloge de l’austérité et de l’humiliation. Cette perfection et cette vertu devront donc être définies autrement pour être v...
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Popper, La falsifiabilité: « un système faisant partie de la science empiriquedoit pouvoir être réfuté par l'expérience »
Thème 272 Popper, La falsifiabilité: « un système faisant partie de la science empirique doit pouvoir être réfuté par l'expérience » PRESENTATION DE "LA LOGIQUE DE LA DECOUVERTE SCIENTIFIQUE" DE POPPER Ce premier ouvrage de Popper (1902-1994) est un grand classique de la philosophie des sciences du xxe siècle. Ses positions épistémologiques ont d'abord paru inclassables par rapport aux grands blocs philosophiques de l'époque. Ami des positivistes du Cercle de Vienne, lui-même formé à la physique...
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Nietzsche et la politique
Le criminel qui connaît tout l'enchaînement des circonstances ne considère pas, comme son juge et son censeur, que son acte est en dehors de l'ordre et de la compréhension : sa peine cependant lui est mesurée exactement selon le degré d'étonnement qui s'empare de ceux-ci, en voyant cette chose incompréhensible pour eux, l'acte du criminel. - Lorsque le défenseur d'un criminel connaît suffisamment le cas et sa genèse, les circonstances atténuantes qu'il présentera, les unes après les autres, fini...
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Kant: La connaissance expérimentale est un composé
"Si toute connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute de l'expérience." Notre connaissance expérimentale est un composé : sa matière provient de ce que nous recevons par nos impressions sensibles, mais sa forme procède de notre propre pouvoir de connaître. La connaissance scientifique ne pourrait progresser d'un seul pas si nos observations se faisaient au hasard, sans aucun plan préétabli : elles ne seraient pas liées à des lois nécessaires. Ni l'observation,...
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Aristote: Sujet, morale et politique
En menant une existence relâchée les hommes sont personnellement responsables d'être devenus eux-mêmes relâchés, ou d'être devenus injustes ou intempérants, dans le premier cas en agissant avec perfidie et dans le second en passant leur vie à boire ou à commettre des excès analogues. En effet, c'est par l'exercice des actions particulières qu'ils acquièrent un caractère du même genre qu'elles. On peut s'en rendre compte en observant ceux qui s'entraînent en vue d'une compétition ou d'une activit...
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Aristote et la justice
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y opère...
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Kant: L'autonomie de la volonté
Le principe de la moralité réside dans l'autonomie, soit la faculté de se déterminer soi-même de par une législation rationnelle. L'homme est lié à son devoir par une loi qui ne lui est pas extérieure. Aucun intérêt ne vient le forcer à faire son devoir, aucune force étrangère à sa propre volonté ne vient le contraindre. Si le devoir procédait d'une contrainte, l'homme ne serait pas libre mais hétéronome, c'est-à-dire sous la dépendance d'une loi qui ne procède pas de lui-même. Le devoir ne se d...
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Stoïcisme: Le bonheur est la maîtrise de ce qui dépend de nous
Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous C'est la règle à comprendre. Tout le malheur des hommes vient de ce qu'ils confondent ce qui est en leur pouvoir et ce qui n'est pas en leur pouvoir. Ils désirent ainsi ce qui ne dépend pas d'eux (envie, jalousie), s'affligent de ce qui leur échappe (deuil...) et sont ainsi esclaves des événements, des autres, du jugement des autres : du monde extérieur. Le but est donc de redevenir maître de soi, d'exercer sa maîtrise sur les seules choses q...
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Aristote: Le problème de la valeur
Thème 87 Aristote: Le problème de la valeur Partant d'un matériau brut, non traité, le travail est une force de transformation qui produit des objets utiles aux besoins. On peut distinguer, en chaque marchandise, une double valeur : une valeur d'usage, qui se mesure à l'utilité ou à la satisfaction d'un besoin ; et une valeur d'échange, qui est la valeur financière que l'on peut en tirer sur le marché. Dans toute société, le travail est le prix qu'il faut payer pour toute richesse, et très tôt l...
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Bergson et l'intelligence
Notre intelligence, telle que l'évolution de la vie l'a modelée, a pour fonction essentielle d'éclairer notre conduite, de préparer notre action sur les choses, de prévoir, pour une situation donnée, les événements favorables ou défavorables qui pourront s'ensuivre. Elle isole donc instinctivement, dans une situation, ce qui ressemble au déjà connu : elle cherche le même, afin de pouvoir appliquer son principe que "le même produit le même". En cela consiste la prévision de l'avenir par le sens c...
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Nietzsche: La volonté de puissance
La volonté de puissance et le surhomme dans la philosophie de Nietzsche De quoi la création des valeurs est-elle la manifestation ? Nietzsche répond : de la volonté de puissance. Il ne faut pas comprendre cette notion au sens de « volonté de dominer les autres ». La volonté de puissance est, chez Nietzsche, un principe ontologique : tous les êtres sont animés d'une volonté de puissance. Elle peut s'exprimer à travers des forces actives, affirmatives ou à travers des forces réactives, négatives....
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Kant: La morale ne promet pas le bonheur
Dans la Critique de la raison pratique, Kant montre que le bonheur individuel, recherché par tout un chacun suivant ses propres penchants, ne peut être une finalité morale. La recherche du bonheur peut fournir des maximes personnelles d'action, mais non des lois à la volonté, même si l'on prend pour finalité le bonheur de tous. La définition générale du bonheur est subjective, donc variable et changeante. On pourrait au mieux en tirer des règles générales, mais jamais des règles universelles (va...
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Aristote: La nature
Toute chose peut être suivant trois causes : par nature, par "artifice" c'est-à-dire produit par l'activité artisanale ou poétique de l'homme, ou par fortune c'est-à-dire par chance ou par hasard. Les animaux, les plantes et les éléments (terre, eau, feu, air) sont par nature. A la différence de ce qui existe par l'activité humaine et technique, ce qui est par nature porte à l'intérieur de soi le principe du mouvement et du repos. Les animaux se déplacent, les plantes croissent et décroissent, l...