Catégorie : Philosophie
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Le travail fait-il le malheur de l'homme ?
Le travail est un effort, individuel ou collectif, physique ou intellectuel, conscient, délibéré, créatif, professionnel ou non, dont le but est la concrétisation d'un projet, d'une idée. De nos jours, le travail occupe une place primordiale dans la vie des hommes, il est souvent considéré comme une preuve d'identité dans la société. Dans notre société moderne, l'homme travaille pour vivre, c'est une nécessité, afin de pouvoir subvenir après ses besoins primaires, à ses besoins secondaires (c...
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André Chénier a dit : « De toutes les nations de l'Europe, les Français sont ceux qui aiment le moins la poésie et qui s'y connaissent le moins. » Renchérissant sur ce jugement, Baudelaire écrivait : « La France éprouve une horreur congénitale de la poés
André Chénier a dit : « De toutes les nations de l'Europe, les Français sont ceux qui aiment le moins la poésie et qui s'y connaissent le moins. » Renchérissant sur ce jugement, Baudelaire écrivait : « La France éprouve une horreur congénitale de la poésie ». Enfin un critique contemporain, Gustave Lanson, déclare : « Le lyrisme n'est qu'un accident chez nous, la création en a été tardive et laborieuse : la source du lyrisme s'ouvre en effet assez rarement au fond de l'âme française. » En rappro...
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La religion engendre-t-elle nécessairement la superstition ?
A la question posée par le sujet, on serait tenté de répondre très vite que non d'un point de vue extérieur à la religion, seulement la question semble après réflexion plus difficile que cela à résoudre. Le dictionnaire nous dit que la superstition consiste en une croyance irraisonnée ou au pouvoir occulte et fatal d'un acte, d'un signe. Ainsi le sujet nous demande si les religions sont totalement prisonnières de la superstition ? On verra donc dans un premier cas que la définition de la sup...
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« Un voyage, c'est trois voyages, trois étapes de la pensée : c'est d'abord ce qu'on a désiré, pressenti et, malgré soi, avant le départ, appelé; c'est sur place les choses vues. Et puis c'est, après le retour, ce que nous retenons, ce qui est vraiment d
« Un voyage, c'est trois voyages, trois étapes de la pensée : c'est d'abord ce qu'on a désiré, pressenti et, malgré soi, avant le départ, appelé; c'est sur place les choses vues. Et puis c'est, après le retour, ce que nous retenons, ce qui est vraiment demeuré en nous d'une telle expérience. » Que pensez-vous de cette définition du voyage donnée par Maurice Barrés ? Lequel de ces trois voyages présente le plus d'attrait ? Introduction. — Tandis que l'animal est confiné dans le présent, l'homme,...
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Baudelaire affirmait en 1859 : « Je crois que l'art est et ne peut être que la reproduction exacte de la nature ». Au contraire, un critique de la Revue des Deux Mondes déclarait quelques années plus tard : « L'art est dans le choix, dans l'interprétatio
Baudelaire affirmait en 1859 : « Je crois que l'art est et ne peut être que la reproduction exacte de la nature ». Au contraire, un critique de la Revue des Deux Mondes déclarait quelques années plus tard : « L'art est dans le choix, dans l'interprétation des éléments qui lui sont offerts, nullement dans la copie littérale de tel ou tel détail indifférent ou repoussant. » Quel est de ces points de vue celui qui vous paraît le plus juste ? C'est traditionnellement à l'auteur de la Poétique et de...
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Henry Miller écrit : « A quoi servent les livres, s'ils ne nous ramènent pas vers la vie ?... Notre espoir à tous, en prenant un livre, est de rencontrer un homme selon notre coeur, de vivre des tragédies et des joies que nous n'avons pas le courage de p
Henry Miller écrit : « A quoi servent les livres, s'ils ne nous ramènent pas vers la vie ?... Notre espoir à tous, en prenant un livre, est de rencontrer un homme selon notre cœur, de vivre des tragédies et des joies que nous n'avons pas le courage de provoquer nous-mêmes, de rêver des rêves qui rendent la vie plus passionnante, peutêtre aussi de découvrir une philosophie de l'existence qui nous rende plus capables d'affronter les problèmes et les épreuves qui nous assaillent. » En vous appuyant...
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Imaginons que vous soyez bibliothécaire et qu'un lecteur dans l'embarras vous demande de lui indiquer un « bon livre». Quels seraient les critères qui vous permettraient de le conseiller ? Evitez de faire un catalogue d'oeuvres et de rester dans le vague
Imaginons que vous soyez bibliothécaire et qu'un lecteur dans l'embarras vous demande de lui indiquer un « bon livre». Quels seraient les critères qui vous permettraient de le conseiller ? Evitez de faire un catalogue d'oeuvres et de rester dans le vague : soyez précis, exprimez-vous en fonction de vos expériences de lecteur et de vos goûts. En tant que bibliothécaire, Monsieur, je me permettrai de vous indiquer ce qu'est, d'après un jugement qui m'est strictement personnel, un «bon livre». Mais...
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Peut-on être objectif envers soi-même ?
S’interroger sur la possibilité d’un jugement objectif sur soi-même, c’est poser la question de la valeur de vérité de ce jugement. En effet l’objectivité suppose une distance et une neutralité grâce auxquelles la conscience ne transforme pas à sa guise la réalité. L’astronome qui cherche à connaître la position et la distance d’une étoile fait taire sa subjectivité au profit de l’objectivité des calculs mathématiques et des lois de l’astrophysique. Peut-on être pour soi-même un tel objet de con...
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Que pensez-vous de cette affirmation placée par Edmond Rostand dans la bouche de Cyrano de Bergerac : « Oui! mais c'est bien plus beau lorsque c'est inutile. » Vous ne vous placerez pas, pour discuter cette question, sur le seul plan littéraire, mais vou
Que pensez-vous de cette affirmation placée par Edmond Rostand dans la bouche de Cyrano de Bergerac : « Oui! mais c'est bien plus beau lorsque c'est inutile. » Vous ne vous placerez pas, pour discuter cette question, sur le seul plan littéraire, mais vous envisagerez le problème dans son ensemble. Cyrano de Bergerac, au moment où la mort le menace, la brave une dernière fois et, à quelqu'un qui lui fait remarquer combien son geste de bravade est absurde, il répond : « Oui! mais c'est bien plus...
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La technique est-elle critiquable ?
La technique a considérablement évolué depuis de nombreuses années. Elle est un ensemble de moyens inventés par l'esprit humain pour produire des objets nécessitant un travail pénible. Si le développement technique modifie profondément et positivement les conditions de travail et si la technique permet un meilleur épanouissement des hommes, alors le développement technique est libérateur pour le travailleur. Il apparaît donc que cette évolution devient nécessaire quant au bonheur de l'homme. En...
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Cours de philosophie sur LE LANGAGE ?
Si le langage est avant tout un système d'expression verbale propre a un peuple ou à un pays, il est aussi la faculté d'exprimer la pensée. Le problème est donc de savoir quels sont les rapports en ire la pensée et le langage. Si la pensée ne peut exister indépendamment du langage, l'acquisition d'une langue particulière doit avoir des répercussions sur la façon de penser de l'individu. Dès lors, un système d'expression peut devenir un système de pouvoir. Le langage sert évidemment à communiquer...
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Commenter ce texte de Poincaré : « La foi du savant ne ressemble pas à celle que les orthodoxes puisent dans le besoin de certitude. Il ne faut pas croire que l'amour de la vérité se confonde avec l'amour de la certitude [...]; non, la foi du savant ress
Commenter ce texte de Poincaré : « La foi du savant ne ressemble pas à celle que les orthodoxes puisent dans le besoin de certitude. Il ne faut pas croire que l'amour de la vérité se confonde avec l'amour de la certitude [...]; non, la foi du savant ressemblerait plutôt à la foi inquiète de l'hérétique, à celle qui cherche toujours et qui n'est jamais satisfaite.» INTRODUCTION Les étonnants progrès réalisés par la science moderne dès le milieu du XIXe siècle ont engendré de grands espoirs. En én...
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LA CONSCIENCE (cours de philosophie)
Dans le langage courant, le mot conscience désigne essentiellement la conscience morale, c'est-à-dire une activité de jugement. Mais on parle aussi d'états de conscience pour désigner les données psychologiques que sont nos représentations, nos affections et nos voûtions. I. LA CONSCIENCE ET SES ÉTATS - A - L'empirisme naïf. On appelle conscience «l'intuition (plus ou moins complète, plus ou moins claire) qu'a l'esprit de ses états et de ses actes » (Lalande : Vocabulaire de la philosophie). Le...
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Vie et oeuvre d'Emmanuel MOUNIER et le personnalisme ?
Né en 1905, Emmanuel Mounier est mort en 1950. Il fonda en 1932 le mouvement « Esprit » puis le Personnalisme. Il écrivit, entre autres: «Manifeste au service du personnalisme» (1936), «Révolution personnaliste et communautaire » (1936), « Liberté sous conditions » (1946), « Traité du caractère » (1946), « Le Personnalisme » (1949), « Feu la chrétienté » (1950), et en 1953 paraît, posthume, « L'Espoir des désespérés ». Le personnalisme n'est pas un système, dit Mounier, c'est une attitude et une...
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Le bonheur dépend-il de nous ?
Le libellé ne présente pas de difficultés, mais il reprend implicitement la distinction formulée par Épictète, philosophe stoïcien, entre « ce qui dépend de nous » et « ce qui ne dépend pas de nous ». Selon lui, justement, il dépend de chacun de maîtriser ses opinions et inclinations, afin d'obtenir la vertu, et ainsi te bonheur. Le « nous » permet aussi de penser à des actions collectives, et ouvre une dimension politique au sujet. Le sujet repose sur la confrontation entre bonheur et liberté....
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LE DEVOIR (cours de philosophie)
Lorsque nous hésitons entre deux partis possibles, nous ne nous demandons pas ce que notre nature nous porte à faire, mais ce que nous devons faire. I. ANALYSE DE LA NOTION - A - Idées d'obligation - Devoir et liberté. L'idée de devoir implique celle d'obligation-mais l'obligation morale est d'un tout autre ordre que la nécessité physique car elle suppose la liberté: «Tu dois, donc tu peux» (Kant). Je ne me sentirais pas obligé si je ne me sentais pas libre. C'est dire que le devoir est de l'esp...
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THÉORIE ET EXPÉRIENCE (cours de philosophie)
Il est banal d'opposer le théoricien à l'homme d'expérience, en reconnaissant une supériorité dans le domaine spéculatif au premier, et une supériorité dans le domaine pratique au second. Mais cette opposition radicale ne semble pas recouvrir une analyse précise des notions. I. OPPOSITION - A - La théorie. La théorie est très exactement une vue de l'esprit (le grec «theorein» signifie : contempler), c'est-à-dire, selon le sens commun, une conception à laquelle ne correspond aucune réalité...
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LA SOCIÉTÉ (cours de philosophie) ?
Le sociologue allemand Tönnies (1855-1936) distinguait les rapports communautaires, profonds et vivants, des rapports de société proprement dits, impersonnels et extérieurs (opposer, par exemple, une «communauté religieuse» et une «société de commerce») et il définissait la société humaine comme « une pure juxtaposition d'individus indépendants les uns des autres». I. L'HOMME, ANIMAL SOCIAL - A - La critique utopiste de la société. Le Rousseau des premiers Discours soutenait que l'homme, b...
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Commenter ou discuter cette pensée de Paul Valéry : « J'estime philosophe tout homme de quelque degré de culture qu'il soit, qui essaie de temps à autre de se donner une vue d'ensemble, une vision ordonnée de tout ce qu'il sait, et surtout de ce qu'il sa
Commenter ou discuter cette pensée de Paul Valéry : « J'estime philosophe tout homme de quelque degré de culture qu'il soit, qui essaie de temps à autre de se donner une vue d'ensemble, une vision ordonnée de tout ce qu'il sait, et surtout de ce qu'il sait par expérience directe, intérieure et extérieure. On peut concevoir un philosophe de très grand style qui n'aurait point de connaissance scientifique ». PLAN. Introduction. — Le mot de philosophe a eu des significations différentes au cours de...
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Expliquez et appréciez cette opinion de Beaumarchais : « Que me font à moi, paisible sujet d'un état monarchique, les révolutions de Rome et d'Athènes, le meurtre d'un tyran du Péloponèse, l'immolation d'une jeune personne en Aulide ? Il n'y a rien là po
Expliquez et appréciez cette opinion de Beaumarchais : « Que me font à moi, paisible sujet d'un état monarchique, les révolutions de Rome et d'Athènes, le meurtre d'un tyran du Pélopo-nèse, l'immolation d'une jeune personne en Aulide ? Il n'y a rien là pour moi, aucune moralité qui ne convienne. » PLAN Début. — Beaumarchais conteste l'intérêt de la tragédie classique. 1. La décadence de la tragédie au XVIII0 siècle explique cette opinion. Vains essais de rajeunissement de Crébillon et Voltaire....