Catégorie : Philosophie
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Baruch SPINOZA
«Chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être. [...] L'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être n'est rien en dehors de l'essence actuelle de cette chose. [...] L'Âme, en tant qu'elle a des idées claires et distinctes, et aussi en tant qu'elle a des idées confuses, s'efforce de persévérer dans son être pour une durée indéfinie et a conscience de son effort. [...] Cet effort, quand il se rapporte à l'Âme seule, est appelé Volonté ; mais...
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FREUD: L'idée délirante est en contradiction avec la réalité
L'idée délirante est essentiellement - nous soulignons ce caractère - en contradiction avec la réalité ; l'illusion n'est pas nécessairement fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. Une jeune fille de condition modeste peut par exemple se créer l'illusion qu'un prince va venir la chercher pour l'épouser. Or ceci est possible ; quelques cas de ce genre se sont réellement présentés. [...] Ainsi nous appelons illusion une croyance quand, dans la motivation de cel...
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Bergson: La conscience garantit-elle l'autonomie du sujet ?
« Je est un autre », écrivait Rimbaud, et il est vrai que l'expérience de la conscience consiste souvent à éprouver la différence entre soi et soi, par une sorte de dédoublement. Sur le plan moral, nous sentons ainsi l'opposition entre le moi égoïste, celui qui ne connaît que ses pulsions, et la personne sociale, ou surmoi, qui respecte scrupuleusement les conventions et les lois. Ce second moi en est-il du reste encore un, ou n'est-il au fond que l'intériorisation de la société, avec son côté a...
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Rousseau et le sujet
Le penchant de l’instinct est indéterminé. Un sexe est attiré vers l’autre, voilà le mouvement de la nature. Le choix, les préférences, l’attachement personnel sont l’ouvrage des lumières*, des préjugés, de l’habitude ; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d’amour, on n’aime qu’après avoir jugé, on ne préfère qu’après avoir comparé. Ces jugements se font sans qu’on s’en aperçoive, mais ils n’en sont pas moins réels. Le véritable amour, quoi qu’on en dise, sera toujours...
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Zénon d'Elée : Fragments
Zénon d ' É lée vc s. av. J.-C. L'essen e de tou e chose est-e l le u ne et ét rnel le ? � L'essence des choses se situe au-delà de la diversité du monde sensible. Une et immuable elle s'oppose au devenir. 48 La nature de toute chose est plurielle, composée d' éléments multiples soumis à un perpétuel devenir.
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Dans la Grèce antique, le théâtre était considéré à la fois comme un divertissement et un moyen d'éducation des citoyens. Vous vous demanderez si les oeuvres de théâtre que vous connaissez remplissent cette double fonction et si elles ont d'autres rôles
Dans la Grèce antique, le théâtre était considéré à la fois comme un divertissement et un moyen d'éducation des citoyens. Vous vous demanderez si les oeuvres de théâtre que vous connaissez remplissent cette double fonction et si elles ont d'autres rôles à jouer pour le spectateur ? Définition des termes du sujet Le sujet porte sur la question de la fonction du théâtre, c'est-à-dire sur le rapport que le genre théâtral entretient avec ses récepteurs et la société et sur l'efficace de ce rapport,...
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ÉPICTÈTE: «Quant aux désirs, pour le
moment, renonces-y totalement»
Thème 368 ÉPICTÈTE: «Quant aux désirs, pour le moment, renonces-y totalement» La condamnation du désir par la philosophie «Quant aux désirs, pour le moment, renonces-y totalement.» Épictète, Manuel (lei siècle ap. J.-C.). • Pour la philosophie stoïcienne, le désir est dangereux, et il vaut mieux y renoncer. C'est la seule voie possible pour qui veut atteindre la sagesse qui consiste en l'«ataraxie» ou absence de trouble, obtenue par la reconnaissance rationnelle de la nécessité qui gouverne le m...
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Sciences & Techniques: L'effet de serre
Sciences & Techniques: L'effet de serre La terre surchauffe, voilà pour le symptôme. Diagnostic : la surabondance de certains gaz dans l'air. Alors, que prescrire à notre planète fiévreuse ? Du fer, répond une bande de scientifiques au pied marin... Devinette : un bateau battant pavillon américain croise dans le Pacifique. Quinze jours durant, le navire dérive pendant que ses occupants jettent par-dessus bord une poudre métallique ? Sont -ce des pêcheurs qui appâtent la friture à la ferra...
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Gauguin : Femme tahitienne accroupie
Peintre et sculpteur français. Il passe sa petite enfance à Lima, au Pérou ; rentré en France, il étudie à Orléans, puis à Paris, et en 1865 il s'engage comme cadet dans la marine. Rentré à Paris après cinq ans en mer, il est engagé comme employé par un agent de change et il commence à peindre et à sculpter en amateur. Entré en contact avec les peintres impressionnistes, il se lie d'amitié avec Camille Pissarro et, entre 1879 et 1886, il expose avec le groupe. En 1883, il abandonne son travail p...
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Montaigne (1533-1592) : « Que sais-je...? »
Montaigne (1533-1592) : « Que sais-je...? » Michel Eyquem, seigneur de Montaigne, naît au château de Montaigne en Périgord le 28 février 1533, d'une famille enrichie dans le commerce du pastel et orientée vers les offices de judicature. Grâce à la vigilance de son père, Montaigne reçoit une excellente éducation humaniste, faite de latin et de musique. A 6 ans, il entre au collège de Guyenne, à Bordeaux; à 13 ans, il commence son droit à l'université de Toulouse. Conseiller à la Cour des aides de...
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LE POUVOIR-SENTIR ET LA RÉCEPTIVITÉ EN ART
LE POUVOIR-SENTIR ET LA RÉCEPTIVITÉ EN ART Mais quel est donc ce symbolisé que je sais ne pouvoir atteindre que par son symbole ? Grâce à l'art, je forme avec moi-même une société secrète : l'artiste me confie la moitié de l'anneau, que je reconstitue dans sa totalité ; cette reconstitution, c'est la jouissance esthétique. Quelle fonction précise est donc celle du symbole, quelle est celle du symbolisé ? C'est ici le lieu de scruter la conscience de l'amateur. Le béotien ne voit pas l'oeuvre-sym...
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La morale est-elle innée ou sociale ?
Position de la question. Les valeurs sont-elles données à l'homme du dehors? Ou bien sont-elles, de sa part, une création libre? I. La réception des valeurs. A. — Il n'est pas douteux qu'en fait nous recevons le plus souvent nos valeurs de l'éducation, de la tradition, bref, sous une forme ou sous une autre, du milieu social. Chaque société, à un moment donné de l'histoire, a ses idéaux de valeur, qui s'imposent à l'individu. On sait assez que l'école sociologique de DURKHEIM a tenté d'expliquer...
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Vie et oeuvre d'Arthur SCHOPENHAUER
— I — Vie. Né à Dantzig en 1788, d'une famille bourgeoise, Arthur Schopenhauer a eu une existence simple de célibataire retiré du monde, marquée par une période d'enseignement (Berlin 1820-1833) et par des publications qui ne connurent pas le succès à leur époque. Après sa thèse La quadruple racine du principe de raison suffisante (1813), il publia en 1818 son œuvre la plus marquante : Die Welt als Wille und Vorstellung (Le Monde comme "Volonté et comme Représentation). D'autres traités suiviren...
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Pensée et conscience, une seule et même chose ?
Il est difficile de réduire la pensée à la conscience, la pensée ne réduit pas à la présence de celle-ci à l'esprit, elle comporte aussi des opérations parfois assimilables à un calcul à une procédure qui a une finalité. Aussi, la multiplicité des objets, des visées auxquelles peut s'appliquer la pensée peut difficilement nous permettre de réduire la pensée à la seule conscience. Mais peut-on dissocier réellement la pensée de la conscience ? 1) La définition de la pensée. Le verbe « penser...
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La recherche scientifique peut-elle être désintéressée ?
hriwuucno:-.:. -- Le développement de la civilisation matérielle a tou jours suivi (ct ù notre époque plus que jamais, sans doute) le progrès des sciences : chacune d'entre elles (mathématiques, physique, chimie, biologie, sociologie) comportant de nombreuses applications pratiques. Le but essentiel de la science et son stimulant principal sembleraient donc être s-on utilité pour l'homme : ainsi 1 'ont pensé elu moins les tc nants de pragmatisme et de sa thèse biologique. Et, cependant, on préte...
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Quelle est la méthode des mathématiques ?
LA MÉTHODE DES MATHÉMATIQUES — A — Le problème. Si l'on admet, avec Stuart Mill, que les objets mathématiques sont abstraits de l'expérience, la méthode mathématique consistera en une déduction reposant sur des principes expérimentaux et ses conclusions ne pourront avoir une valeur apodictique ; si l'on fait, des concepts mathématiques, de simples conventions ou des réalités intelligibles données, le mathématicien ne pourra qu'analyser ces concepts ; sa méthode sera la déduction formelle ; or ce...
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Sur quoi fonder une communauté politique ?
l Dans un premier temps il est impératif de bien définir ce qu'est une communauté politique, quitte à, dans le devoir, y consacrer un ou deux paragraphes dans l'introduction. Pour la cerner, on peut la comparer avec ce à quoi elle ressemble et que pourtant elle n'est pas. La communauté est un ensemble d'individus. La proximité ne suffit pas : une foule dans un magasin n'est pas une communauté politique Tout d'abord, la communauté politique n'est envisageable que pour l'homme, on ne parle pas de...
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Doit-on tout faire pour être heureux ?
INTRODUCTION Tout homme recherche son propre bien. Le bonheur, compris comme état de plénitude, peut être identifié au bien suprême s'il est la première finalité poursuivie par l'individu, celle qui surpasse toutes les autres, celle qui est la plus importante. Le qualificatif suprême suppose qu'il n'y a rien au-dessus. Mais si être heureux constitue le bien suprême qu'en est-il des moyens ? Tous les moyens sont-ils bons pour être heureux ? La recherche du bonheur et celle de la vertu peuvent s'o...
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Rousseau versus Hobbes
PRESENTATION DU "DISCOURS SUR L'ORIGINE ET LES FONDEMENTS DE L'INEGALITE PARMI LES HOMMES" DE ROUSSEAU Ce texte constitue la réponse de Rousseau (1712-1778) à une question proposée par l'Académie de Dijon sur la source des inégalités. Rousseau y avance une critique radicale de tous les théoriciens du Droit Naturel et du Contrat en montrant que ces concepts ont été utilisés pour fonder en raison une imposture et un asservissement. La philosophie politique a, selon lui, toujours été de connivence...
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Popper critique de Platon
Karl Popper porte une critique plus sévère encore contre Platon que celle de Nietzsche. Il lui reproche d'être le père du totalitarisme. Le totalitarisme Le totalitarisme a ensanglanté le XXe siècle en se proposant de forger un homme nouveau à partir d'une idéologie raciste pour les nazis et prolétarienne pour les communistes. Selon Karl Popper (1902-1994), dans son ouvrage La Société ouverte et ses ennemis, les raisons d'un tel phénomène commencent avec Platon lui-même et son modèle de société...