Catégorie : Philosophie
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Peut-on parler de «tournants de l'histoire» ?
Introduction Il arrive, dans l'actualité, que certains événements paraissent si importants et inattendus qu'on les qualifie sans attendre comme des «tournants de l'histoire» ou des moments historiques. L'expression a-t-elle vraiment du sens, et à quelles conditions? Le «tournant» fait allusion à un cours de l'histoire: le problème est de savoir si, comme lorsqu'il s'agit d'un fleuve, ce «cours» est compréhensible par rapport à une série de facteurs, ou s'il apparaît aléatoire. I. Implications —...
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Faut-il vouloir la paix à tout prix ?
Vocabulaire: PAIX: Absence de conflit armé entre des nations, des États, des groupes humains. Par extension, concorde, entente. VOLONTÉ / VOULOIR: Du latin voluntas, «volonté», «désir», «intention». 1. Faculté de vouloir, pouvoir de se déterminer pour des motifs raisonnables. 2. Acte particulier de la faculté de vouloir (exemple: ses «dernières volontés»), volition. 3. Chez Schopenhauer, vouloir-vivre universel, «poussée aveugle et irrésistible» qui vise, en tout être vivant, la survie de l'espè...
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Mises en cause de l'idéal de vérité ?
Machiavel : le prince doit savoir recourir au mensonge Si les hommes étaient tous des gens de bien, écrit Machiavel (14691527), on serait tenu de leur parler constamment de façon véridique. «Mais comme ils sont méchants et qu'ils ne te garderaient pas leur foi [c.-à-d.: leur parole], toi non plus [c.-à-d. : toi, le prince, à qui est dédié mon ouvrage], tu n'as pas à la leur garder» (Le Prince, chap. )(VIII, intitulé : «De l'usage du mensonge dans l'art de gouverner» 1513). «Partant le sage seign...
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Peut-on identifier oeuvre et travail ?
Introduction La réflexion sur le travail a acquis dans la philosophie moderne une place capitale, à partir du moment où s'affirme l'idée d'une auto-production de l'homme par son activité laborieuse. Elle s'accompagne bien souvent d'un point de vue critique, à propos des conditions dans lesquelles le travail est effectué, et de son « aliénation ». Le concept d'« oeuvre» paraît en général échapper à cette critique, dans la mesure où il est le plus souvent réservé à une production individuelle qui...
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Un homme raisonnable est-il un homme sensible ?
Problématique: La raison exclut-elle d'éprouver des sentiments ou peut-elle contribuer à une liberté spirituelle qui tienne compte de l'existence du sensible ? Se conduire moralement, est-ce nécessairement rester de marbre, ne pas se laisser gagner par les sentiments ? L'homme juste est-il sans coeur ? Quel rôle peut-on accorder au sentiment dans la vie morale ? I. Le sentimentalisme pur. A. — Selon certaines conceptions philosophiques (sentimentalisme anglais, par exemple) et surtout peut-être...
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Quel rôle joue l'expérience dans la connaissance des hommes ?
La connaissance désigne l'acte par lequel la pensée saisit les données de l'expérience et se forme une représentation adéquate d'un objet, de sa nature et de ses propriétés. Or il semble que pour se forger cette représentation adéquate, l'esprit doive s'appuyer principalement sur la raison. En effet cette dernière peut se laisser définir comme 1) la faculté de bien juger (c'est-à-dire de distinguer le vrai du faux) 2) la faculté de combiner plusieurs jugements pour construire un raisonnement. Il...
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Une violence légale est-elle une violence ?
Il s'agit d'expliciter le paradoxe que constitue cette question, car comment une violence pourrait-elle n'être pas une violence ? Il faut donc distinguer le fait physique de la violence et le fait moral, et c'est ce fait moral qu'il convient de mettre en relation avec le droit : dès lors que la violence physique est autorisée par le droit, cette violence peut-elle être encore pensée du point de vue moral comme violence ? La réflexion pourra s'engager dans diverses directions selon que l'on enten...
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Les hommes ont-ils besoin de grands hommes pour faire leur histoire ?
Le grand homme paraît faire l'histoire de son temps Iskander (Alexandre le Grand) est, selon le Coran, celui d'entre les mortels à qui fut donné de découvrir une fois pour toutes les limites du monde. C'est dire si les grands hommes — et surtout les grands conquérants — paraissent avoir modifié à eux seuls, ou presque, le cours entier de l'histoire du monde. On pourrait même estimer, à la suite de Pascal, que la beauté d'une reine d'Égypte ou ses amours avec un général romain ont suffi à détermi...
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Pourquoi la compréhension de l'histoire ne peut-elle se réduire à une simple chronologie ?
Depuis le XIXe siècle, l'histoire se définit comme science explicative. Le travail de l'historien est donc de rechercher les causes des événements qui ont construit le passé humain et permettent d'appréhender le présent. Qu'est-ce que comprendre l'histoire ? — Comprendre, c'est saisir le sens qui se dégage de la liaison entre des données. Prenons l'exemple de la lecture : pour saisir le sens de ce que nous lisons, nous devons maîtriser la grammaire, c'est-à-dire la liaison des mots qui forment a...
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KANT: la représentation de l'existence d'un objet
"On nomme intérêt la satisfaction que nous unissons à la représentation de l'existence d'un objet... il est beau et prouver que j'ai du goût." KANT. Essayons d'abord de dégager les idées principales du texte. Cette page de la Critique du jugement a pour objet essentiel de situer la faculté de juger du beau, c'est-à-dire le goût, par rapport à la notion d'intérêt. Il ressort, en effet, de l'analyse de Kant que les jugement de goût est d'un type tout à fait particulier, d'une part, parce qu...
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Bergson: Nous sommes libres
« Nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu'on trouve parfois entre l'oeuvre et l'artiste. En vain on alléguera que nous cédons alors à l'influence toute-puissante de notre caractère. Notre caractère, c'est encore nous ; et parce qu'on s'est plu à scinder la personne en deux parties pour considérer tour à tour, par un effort d'abstraction, le moi qui sent ou pense et le moi q...
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Aristote
ARISTOTE : LA FINALITÉ RÈGNE DANS LA NATURE Comment expliquer l'organisation, le fonctionnement et l'évolution du vivant ? On peut tenter de le faire en recourant au finalisme, c'est-à-dire en considérant que les formes du vivant sont des réalisations d'anticipations préalables, tout comme la maison est la réalisation du plan de l'architecte, la cause finale de son action. Telle est la position d Aristote, qui étendait la finalité à la nature toute entière. « Il ne faut donc pas céder à une répu...
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Jean-Paul SARTRE: l'homme est angoisse
VOCABULAIRE SARTRIEN: Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de partir du cogito (« Je pense, donc je suis », Descartes, Méditations métaphysiques, II). Mais Sartre sous-tend le cogito réflexif cartésien (la conscience de soi réfléchie) par un cogito pré-réflexif : une conscience non thétique (irréfléchie) de soi engagée dans toute conscience d'un donné. En outre, le cogito cartésien est modifié par Sartre dans le sens de l'intentionnalité : il n'est absolument pa...
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LEIBNIZ et le plaisir présent
Si tout était borné à ce moment présent, il n'y aurait point de raison de se refuser le plaisir qui se présente. En effet, tout plaisir est un sentiment de perfection. Mais il y a certaines perfections qui entraînent avec elles des imperfections plus grandes. Comme si quelqu'un s'attachait pendant toute sa vie à jeter des pois contre des épingles, pour apprendre à ne point manquer de les faire enferrer, à l'exemple de celui à qui Alexandre le Grand fit donner pour récompense un boisseau de...
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ARISTOTE: «Comme la politique utilise
les autres sciences pratiques, qu'elle légifère sur ce qu'il faut
faire et éviter, la fin qu'elle poursuit peut embrasser la fin des
autres sciences, au point d'être le bien suprême de l'homme.»
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y opère...
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Feurbach: La religion comme aliénation
Thème 98 Feuerbach: La religion comme aliénation La religion chrétienne exprime le rapport de l'homme avec lui-même, mais au travers d'un être autre que lui. Dieu n'est rien d'autre que l'essence de l'homme, mais délivrée des bornes individuelles et des imperfections. Dieu est l'Homme, porté à l'absolu, puis objectivé, séparé des hommes et vénéré. Tous les attributs et les qualités que la religion confère à Dieu ont une origine humaine. L'amour, la sagesse, la bonté, l'intelligence ne sont pas...
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Le bien est-il univoque ?
Morale N 'y a -t- i l q u ' u n e se u l e m a n i è re de b i e n ag i r ? � Il n'y a qu'une seule manière d'agir moralement: en suivant le bien. Il y a plusieurs manières d'agir et de mener sa vie moralement. •
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« La philosophie n'est pas, ne saurait être cette brumeuse détachée de la réalité et des problèmes concrets des hommes... L'initiative philosophique est indétectable des préoccupations pratiques. » Ebénézer NJOH-MOUELLE
Demande d'échange de corrigé de ASSE ZOUNON kofi fricia ([email protected]). Sujet déposé : « La philosophie n'est pas, ne saurait être cette brumeuse détachée de la réalité et des problèmes concrets des hommes… L'initiative philosophique est indétectable des préoccupations pratiques. » Ebénézer NJOH-MOUELLE La recherche du sens de la vie à toujours préoccuper l'homme. Cette quête l'emmène à se poser d'énormes questions sur tous ce qu'il perçoit en lui et hors de lui. C'est dans cette logiq...
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BACHELARD: "Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs".
BACHELARD: "Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs". " Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs ". Cette première phrase de la Psychanalyse du feu est pleinement valable, pour nous mettre en garde, nous qui devons parler de l'oeuvre de Bachelard, comme si elle était une, comme si elle n'éveillait pas en nous, en même temps que le désir de savoir, l'émerveillement devant un monde qui se développe en des sens multiples et inattendus gonflant l'ob...
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CULTURE ET CIVILISATION ?
CULTURE ET CIVILISATION A ce point de la réflexion, nous cherchons une sorte “d'invariant” qui permette de définir la culture. On peut donc dire que la recherche d'une constante nous conduit à nous dégager de la perspective historique ou de l'évolution des cultures. L'idée même d'un invariant suppose de se placer soit du point de vue du psychisme humain, soit d'un point de vue synchronique. Il s'agit de comprendre ce qui constitue une culture comme telle. Cette recherche suppose acquise la plura...