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Fiche de cours en philo : LA RELIGION .

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SUJETS DE BACCALAURÉAT - La religion est-elle une illusion ? -Dieu est-il mort? - Une religion peut-elle avoir la même fonction que la philosophie ? - Les religions peuvent-elles être objet de science? - Est-il déraisonnable de croire en Dieu ? - Une religion sans croyance est-elle possible? (Grenoble, B, 83) - La religion est-elle fondée sur la peur de la mort ? - La croyance religieuse implique-t-elle nécessairement une démission de la raison ? - La démarche de la raison exclut-elle tout recours à la foi? - Des relations existent-elles entre l'art et la religion ? - Que penser de cette définition : «L'homme est un être qui s'invente des dieux » ? - La raison entre-t-elle nécessairement en conflit avec la croyance religieuse?

             • Il s'agit ici de décrire le phénomène religieux, présent dans toute société humaine, ainsi que les croyances qui s'y rattachent (§ 1 à 5). Faut-il, par ailleurs, accorder créance à la critique de l'illusion religieuse, telle qu'elle est développée chez Feuerbach, Marx et Freud (§ 6, 7 et 8) ? A chacun de décider, en son âme et conscience. • La religion ne se confond pas avec la magie, ensemble de rites et de procédés occultes (§ 1). C'est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées (§ 2). La distinction du profane et du sacré (§ 3) commande, par conséquent, l'être du phénomène religieux. • Bergson, en des analyses célèbres, dans Les deux sources de la morale et de la religion, a souligné la dualité d'aspects de la réalité religieuse : la religion statique (§ 4), essentiellement sociale, à finalité adaptative et pratique, se différencie de la religion dynamique, d'essence purement mystique (§ 5). • La critique de l'illusion religieuse, développée dès l'Antiquité, a connu un tournant décisif avec Feuerbach (§ 6), ensuite avec Marx, qui a souligné que la religion crée véritablement un monde inversé (« la religion est l'opium du peuple!» § 7), et, enfin, avec Freud, pour qui l'illusion religieuse devrait être dépassée (§ 8).

« • Il s'agit ici de décrire le phénomène religieux, présent dans toute société humaine, ainsi que les croyances qui s'y rattachent (§ 1 à 5). Faut-il, par ailleurs, accorder créance à la critique de l'illusion religieuse, telle qu'elle est développée chez Feuerbach, Marx et Freud (§ 6, 7 et 8) ? A chacun de décider, en son âme et conscience. • La religion ne se confond pas avec la magie, ensemble de rites et de procédés occultes (§ 1). C'est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées (§ 2). La distinction du profane et du sacré (§ 3) commande, par conséquent, l'être du phénomène religieux. • Bergson, en des analyses célèbres, dans Les deux sources de la morale et de la religion, a souligné la dualité d'aspects de la réalité religieuse : la religion statique (§ 4), essentiellement sociale, à finalité adaptative et pratique, se différencie de la religion dynamique, d'essence purement mystique (§ 5). • La critique de l'illusion religieuse, développée dès l'Antiquité, a connu un tournant décisif avec Feuerbach (§ 6), ensuite avec Marx, qui a souligné que la religion crée véritablement un monde inversé (« la religion est l'opium du peuple!» § 7), et, enfin, avec Freud, pour qui l'illusion religieuse devrait être dépassée (§ 8). 1 - Religion et magie La religion ne se confond pas avec la magie, cet ensemble de rites et de savoir-faire, cet art d'agir sur la nature par des procédés occultes et d'y produire ainsi des effets extraordinaires : le magicien force le consentement de la nature et tente d'enchaîner les forces surnaturelles et le monde invisible des esprits. La religion, plus désintéressée, se borne à implorer la faveur des dieux sans jamais les contraindre. Mais la religion et la magie diffèrent aussi par leur objet. Le monde invisible sur lequel doivent agir les rites magiques n'a rien à voir avec la dignité éminente du « Dieu-Personne », qu'implore le croyant avec humilité et respect. «Le magicien n'a pas affaire à une personne; c'est au contraire à la personnalité du dieu que la religion emprunte sa plus grande efficacité. » (Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion) II - Définition de la religion L'étymologie du mot religion donne bien à voir cette notion de respect qui y est contenue. Si la plupart des Anciens tirent en effet religio de religare et y voient l'idée d'un lien qui nous unit à la divinité, certains rattachent religio à religere, qui signifie vouer un culte et respecter. On trouve ainsi dans l'idée de religion le thème d'une obligation envers les dieux. La religion peut être envisagée sous un double aspect : d'une part, comme institution sociale et objective, et, d'autre part, comme système individuel de croyances. Une des meilleures définitions de la religion est celle de Durkheim « Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent. » (Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse) III - Le profane et le sacré La religion, nous dit Durkheim, est un système de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées. Effectivement, toute religion est administration du sacré, toute conception religieuse du monde implique la distinction du sacré et du profane. Qu'est-ce à dire exactement? Profane vient du latin pro fanum (devant le temple). Le profane, c'est donc, étymologiquement, ce qui est à l'extérieur du lieu consacré, par opposition au sacré, qui appartient à un ordre de choses séparé, réservé et inviolable. Comme le note Durkheim, sacré et profane sont deux termes corrélatifs qui n'ont de sens que l'un par rapport à l'autre et forment un cadre essentiel de la pensée. Ce qui ne signifie pas que la notion de sacré soit très claire : en fait, le sacré est une qualité que les choses ne possèdent pas par elles-mêmes, mais qu'une grâce mystérieuse vient leur ajouter. C'est donc la propriété stable ou éphémère de certaines choses (les instruments du culte), de certains êtres (le roi, le prêtre), de certains espaces (le temple, l'église, le monastère...). Qualité produite par une grâce, le sacré est, pour le croyant, source de toute efficacité. C'est une force avec laquelle l'homme doit compter, une énergie incompréhensible et dangereuse qui vivifie l'expérience religieuse. «Le domaine du profane se présente comme celui de l'usage commun, celui des gestes qui ne nécessitent aucune précaution et qui se tiennent dans la marge souvent étroite laissée à l'homme pour exercer sans contrainte son activité. Le monde du sacré, au contraire, apparaît comme celui du dangereux et défendu : l'individu ne peut s'en approcher sans mettre en branle des forces dont il n'est pas le maître et devant lesquelles sa faiblesse se sent »

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