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Fiche de cours en philo : LE DESIR .

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SUJETS DE BACCALAURÉAT — Pourquoi le désir ne se ramène-t-il pas au besoin? — La libération du désir peut-elle constituer un idéal moral? — Le désir est-il seulement créateur d'illusion? — Est-il raisonnable d'aimer? — Pourquoi l'homme désire-t-il être reconnu par les autres? — Doit-on souhaiter satisfaire tous ses désirs? — Le désir n'est-il que l'expression d'un manque? — Pourquoi désirer l'impossible?  

• Le thème essentiel de cette fiche est celui de la signification ambiguë du désir. Il représente, dans notre existence, le manque par excellence, car nous ne désirons que ce qui nous manque, mais aussi une production effective de soi-même. Il est à la fois un creux au coeur de l'homme (§ 1, 2, 3) et une création authentique (§ 5 et 6). Si le désir est un manque perpétuel parce qu'il n'est jamais totalement satisfait, il est aussi le mouvement par lequel on peut accroître les perfections de son être.  • Distinguez bien le désir, tension vers un objet que j'imagine source de satisfaction, de la volonté, mouvement par lequel j'organise rationnellement des moyens en vue d'une fin (§ 1). Lisez, en même temps que cette fiche, celle consacrée à la volonté.  • Ne confondez pas le désir et le besoin, manque fondamentalement matériel, alors que le désir est déjà, en son essence, spirituel (§ 1).  • Dans le Banquet, Platon a bien montré que le désir est manque et pauvreté (§ 2. Mythe de la naissance d'Éros); mais la philosophie moderne, elle aussi, avec Sartre, souligne que le désir est manque (§ 3).  • Pour saisir la signification constructive du désir, il faut, avec Hegel, montrer qu'il est lié à la dimension de la «reconnaissance» (§ 4) et permet ainsi de se forger (§ 5). Lisez aussi la fiche consacrée à «autrui».  • Deleuze, philosophe contemporain, insiste sur l'aspect productif du désir (§ 6).  • Enfin, pour comprendre le rapport de la sagesse et du désir, c'est vers Épicure qu'il faut se tourner.

« • Le thème essentiel de cette fiche est celui de la signification ambiguë du désir.

Il représente, dans notre existence, le manque par excellence, car nous ne désirons que ce qui nous manque, mais aussi une production effective de soi-même.

Il est à la fois un creux au coeur de l'homme (§ 1, 2, 3) et une création authentique (§ 5 et 6).

Si le désir est un manque perpétuel parce qu'il n'est jamais totalement satisfait, il est aussi le mouvement par lequel on peut accroître les perfections de son être. • Distinguez bien le désir, tension vers un objet que j'imagine source de satisfaction, de la volonté, mouvement par lequel j'organise rationnellement des moyens en vue d'une fin (§ 1).

Lisez, en même temps que cette fiche, celle consacrée à la volonté. • Ne confondez pas le désir et le besoin, manque fondamentalement matériel, alors que le désir est déjà, en son essence, spirituel (§ 1). • Dans le Banquet, Platon a bien montré que le désir est manque et pauvreté (§ 2.

Mythe de la naissance d'Éros); mais la philosophie moderne, elle aussi, avec Sartre, souligne que le désir est manque (§ 3). • Pour saisir la signification constructive du désir, il faut, avec Hegel, montrer qu'il est lié à la dimension de la «reconnaissance» (§ 4) et permet ainsi de se forger (§ 5).

Lisez aussi la fiche consacrée à «autrui». • Deleuze, philosophe contemporain, insiste sur l'aspect productif du désir (§ 6). • Enfin, pour comprendre le rapport de la sagesse et du désir, c'est vers Épicure qu'il faut se tourner. I — Désir - Volonté - Besoin Le désir est ce mouvement qui me porte vers un objet que j'imagine source de satisfaction.

Désir de fortune, de santé, etc.

Le cycle du désir éternellement recommencé représente mon expérience la plus quotidienne et semble jalonner mon existence. D'emblée, notons qu'il ne faut pas tirer le désir vers le haut : il ne se confond pas avec la volonté, organisation réfléchie de moyens en vue d'une fin.

Vouloir effectivement réussir à un examen ne consiste pas seulement à le désirer, mais bien à organiser les moyens me permettant de parvenir à la fin poursuivie.

Si la volonté est autre chose que la simple velléité, c'est qu'elle maîtrise rationnellement le désir qui est son moteur profond. Mais il ne faut pas non plus tirer le désir vers le bas, c'est-à-dire vers le besoin, manque essentiellement matériel, alors que le désir est de l'ordre de l'existentiel : il me concerne dans mon existence profonde.

Le besoin est un manque, d'essence physique, et, comme tel, tend toujours à se dissoudre.

Dans le désir, au contraire, il semble que je tende vers une réalité fondamentale dont j'ai, en quelque sorte, la nostalgie.

Ce dont le désir est désir, c'est peut-être finalement d'un Être inaccessible.

Aussi, à la différence du besoin qui s'apaise lorsque nous lui donnons satisfaction, l'odyssée du désir ne s'arrête jamais. II — Le Banquet de Platon : le désir est pauvreté Platon a bien compris cette essence du désir.

C'est dans le Banquet qu'il fonde la théorie du désir, qui informera tout notre savoir occidental.

Le désir est, pour lui, manque essentiel, pénurie, pauvreté.

Désir n'est point plénitude, mais, tout au contraire, incomplétude et détresse. Dans le Banquet, Platon développe en effet un mythe, celui de la naissance d'Éros, l'Amour (qui est également le Désir).

Le père d'Amour est Expédient, «Grands Moyens».

Sa mère est Pauvreté (Pénia).

Pauvreté, c'est la déficience de notre nature, le manque qui se trouve en elle.

Aussi Amour-Désir est-il un entre-deux, un mixte.

Il oscille sans cesse de Pauvreté à Richesse.

Mais, bien souvent, il crie misère, il est en détresse : c'est un gueux que la misère ne lâche jamais.

Le désir est, chez Platon, fondamentalement manque d'être.

Il s'origine dans le manque car il est le fils d'une mendiante. «Étant le fils de Grands Moyens et de Misère, voici la condition que le sort lui a imposée : d'abord, il crie toujours misère, et il s'en faut qu'il soit tendre et beau, comme on le croit généralement : il est dur, desséché, il va nu-pieds et n'a pas de maison; il couche par terre sans couverture, en plein air, au seuil des fermes et sur les routes : c'est qu'il a la nature de sa mère et que la misère ne le lâche pas».

(Platon, le Banquet). Mais Platon souligne également le caractère créateur du désir, qui m'oriente vers la plénitude de l'Idée. III — Le désir comme manque et dépassement de son manque (Sartre) Le désir est la conscience tout entière en tant qu'elle se dépasse perpétuellement vers des objets au-delà d'ellemême : il représente l'inquiétude existentielle d'une conscience qui n'est jamais en repos, il fait corps avec cette inquiétude (quies = repos) qui nous meut, qui excite notre industrie et notre activité, qui nous projette perpétuellement hors de nous-mêmes.

Il est cette incomplétude qui voudrait bien être comblée, mais qui jamais n'y parviendra.

Il est la transcendance elle-même. «Si le désir doit pouvoir être à soi-même désir, il faut qu'il soit la transcendance elle-même, c'est-à-dire qu'il soit par nature échappement à soi vers l'objet désiré...

Le désir est manque d'être, il est hanté en son être le plus intime par l'être dont il est désir.

Ainsi témoigne-t-il de l'existence du manque dans l'être de la réalité humaine».

(Sartre, l'Être et le Néant, Gallimard, 1957). IV — Le désir comme altérité : la reconnaissance. »

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