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Explication linéaire La Princesse de Clèves : le portrait de Mlle de Chartres

Publié le 20/05/2022

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« Texte n°1 : Le portrait de Mlle de Chartres Il parut une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l’on doit croire que c’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l’avait laissée sous la conduite de Madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l’éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté, elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’amour ; elle lui montrait ce qu’il a d’agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d’un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d’une honnête femme, et combien la vertu donnait d’éclat et d’élégance à une personne qui avait de la beauté et de la naissance ; mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s’attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimée. Cette héritière était alors un des grands partis qu’il y eût en France, et quoiqu’elle fût dans une extrême jeunesse, l’on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu’elle arriva, le vidame alla au-devant d’elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. INTRODUCTION : Le passage étudié se situe dans le second temps de l’incipit du roman de Madame de Lafayette : La Princesse de Clèves, publié anonymement en 1678. Il présente le portrait du personnage principal, à savoir Mademoiselle de Chartres. De plus, le portrait en littérature correspond à une tradition dont la visée est souvent morale. Dans leur sillage et dans le contexte du classicisme mêlé de préciosité, celui de Mlle de Chartres vient clore la longue galerie de portraits initiale de la cour d’Henri II. Le portrait de la jeune femme se distingue alors radicalement de ceux qui le précédent, marquant ainsi l’entrée en scène de l’histoire. Objet de convoitise en raison de sa beauté et de son rang, celle-ci devra composer avec le monde dangereux dans lequel elle est amener à évoluer. Ce portrait, qui révèle un être exceptionnel sur le plan physique mais surtout moral, annonce aussi le futur tragique du personnage. Nous nous demanderons comment la narratrice parvient à mettre en scène un individu d’exception au destin exceptionnel. Le portrait de Mlle de Chartres contient trois mouvements : le portrait moral (l.5-24) au cœur du texte, est encadré par le portrait physique et social qui ouvre (l.1-5) et conclut (l.25-31) l’extrait. LECTURE DE L’EXTRAIT PREMIER MOUVEMENT : Les premières lignes du texte sont consacrées à la présentation du personnage principal, à savoir Mlle de Chartres, à travers son portrait physique et social. Dès son apparition à la cour d’Henri II, Mlle de Chartres est décrite par des termes élogieux : « une beauté à la cour » (l.1), repris de manière hyperbolique : « et l’on doit croire que c’était une beauté parfaite » (l.2) qui en font une beauté exceptionnelle et idéalisée. Le portrait physique de l’héroïne, présenté comme un modèle de perfection, est renforcé par l’emploi de la tournure collective : de tout le monde » (l.1) et la répétition du pronom »

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