Catégorie : Philosophie
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Sartre: La conscience est mouvement, dynamique vers l'extériorité
VOCABULAIRE SARTRIEN: Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de partir du cogito (« Je pense, donc je suis », Descartes, Méditations métaphysiques, II). Mais Sartre soustend le cogito réflexif cartésien (la conscience de soi réfléchie) par un cogito pré-réflexif : une conscience non thétique (irréfléchie) de soi engagée dans toute conscience d'un donné. En outre, le cogito cartésien est modifié par Sartre dans le sens de l'intentionnalité : il n'est absolument pas su...
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Bergson: La conscience est mémoire, puissance de choix et liberté
La conscience est plongée dans le temps. Pour Bergson, elle est conscience de la durée même, propre temporalité. Alors que l'entendement est spatial, analytique, immobile, la conscience est saisie de la durée intime comme flux ininterrompu. L'entendement est une faculté qui organise, classe, ordonne, hiérarchise, formalise souvent sous le modèle du classique mécanisme ; la conscience est une continuité indécomposable d'instants qui s'agencent à la manière des notes dans une symphonie musicale. I...
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Marx: La conscience est un produit social
A l'origine, la conscience ne se porte que sur l'environnement immédiat. Elle est conscience que la nature est une puissance hostile et redoutable, qu'il faut discipliner si l'on veut y survivre. Elle produit en même temps les premières religions de la nature, vénérant ce qui la dépasse. Très tôt, elle se fait sociale, pressentant la nécessité d'entrer en rapport avec d'autres consciences afin d'organiser le travail. La conscience sociale est donc primitive : j'ai besoin des autres pour vivre bi...
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Nietzsche: Critique de la superficialité de la conscience
Nietzsche est l'un des premiers à avoir conduit une critique systématique et totale de la conscience ainsi que de ses valeurs psychologiques (sous son aspect réflexif de la conscience de soi) et morales. La conscience est une formation dérivée, dépendante de forces beaucoup plus profondes, et ne se préoccupe que de l'inessentiel et du futile. Elle n'apparaît d'abord que dans le cadre du rapport entre dominants et dominés, et répond à la faiblesse humaine du besoin de communication. Un solitaire...
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Schopenhauer: La volonté comme essence secrète et dissimulée de la vie
En 1818, dans son ouvrage Le Monde comme volonté et comme représentation, Schopenhauer expose les grandes lignes de sa philosophie. L'essence du monde est la volonté, soit une force irrationnelle, active, agissante, dynamique, de la même nature que celle que nous sentons à la racine de notre être. Cette volonté s'objectivant produit le monde, du minéral inerte aux formes les plus élevées de la conscience. Quels que soient les domaines physiques, chimiques, biologiques, physiologiques ou même vol...
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Alain: L'homme est obscur à lui-même
Si l'homme est obscur à lui-même, il ne faut pas imaginer que l'inconscient désigne un autre moi, qui serait le double caché et secret de ma conscience. Cet inconscient serait un mauvais ange, un conseiller diabolique, avec ses préjugés, ses ruses et ses passions. Toute pensée procède en nous de la conscience, par laquelle seule nous nous définissons comme sujet. Le rêve n'est pas une pensée car toute pensée est volontaire. Ce qui échappe donc à notre conscience et à notre volonté ne relève pas...
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Nietzsche: Du danger de l'intériorisation des instincts
Tout instinct qui ne trouve pas de débouché naturel, en se réalisant ou en se satisfaisant, est intériorisé. Le psychisme conscient, qui à l'origine devait être faible et de peu d'importance, est constitué par l'intériorisation de cette énergie vacante. Sous l'effet des entraves de la civilisation, la conscience a pu s'accroître et se développer. C'est le propre de toute organisation sociale d'élever ainsi des bastions pour se protéger contre les instincts individuels et primitifs de liberté, en...
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Freud: L'importance de la libido dans la vie humaine
Freud a mis en évidence que l'homme n'est pas seulement un être de raison, mais un être de chair et de désir, habité dès l'enfance par des pulsions dont la force doit être gérée. Il a montré par ailleurs que le désir sexuel est omniprésent derrière nombre de nos comportements et de nos représentations, et que l'attitude de fuite et de refus face à cette réalité peut être perturbante pour la vie psychique. Toute existence individuelle est marquée par le conflit entre les pulsions sexuelles et les...
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Spinoza: Le désir comme conatus, source de création et de valeurs
Sens et valeur sont deux notions autour desquelles se constituent la réalité humaines dans sa spécificité. La notion de sens renvoie tout d'abord à celle d'orientation, de direction et à celle de signification. Mais ces deux acceptions du mot sens se rejoignent finalement, ainsi le sens d'une action est déterminé par le but qu'elle poursuit, par ce vers quoi elle s'oriente. Quant au terme de valeur, il désigne précisément ce qui est désirable, ce qu'il faut poursuivre, ce vers quoi il faut tendr...
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Platon: L'allégorie de la caverne
Dans la c élèbre allégorie de la caverne (République, V II), Platon présente dans un schéma simplifié le statut de l'homme dans le monde : la duperie du nigaud qui prend des ves sies pour des lanternes. Il faut imaginer une caverne profonde dans laquelle les hommes sont enchaînés face à la paroi du fond. Ne pouvant tourner la tête, la réalité est pour eux ce mur sur lequel se déploient des jeux d'ombres. A l'entrée de l a c averne brûle un feu qui dispense une lumière suffis ante pour découpe...
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Nietzsce et Freud: l'illusion vitale
Nietzsche : l'illusion, besoin de la vie a) Un renversement du problème de la métaphysique • Si Kant a montré qu'un certain usage de la raison produit des illusions, on peut aller plus loin et se demander si la raison ne produit pas toujours des illusions, si la raison elle-même n'est pas une illusion répondant à un besoin fondamental de l'homme. C'est ce qu'a fait Nietzsche. • Ainsi que l'a souligné J. Granier (cf. Le Problème de la vérité dans la philosophie de Nietzsche), Nietzsche opère en e...
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Merleau-Ponty: Il est impossible de penser objectivement autrui
L'existence d'autrui est un embarras pour la pensée objective. L'expérience "objective" du monde n'est rien que le face à face d'une conscience seule et d'un objet qu'elle pense. Quel est cet objet ? Des événements, des faits qui sont constitués de propriétés générales, reliées les unes aux autres par de multiples fonctions qui en permettent l'analyse et la compréhension. Cet objet peut être aussi mon corps, comme chose matérielle, un ensemble d'organes, animé de processus physiologiques que je...
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Hegel: La quête de la reconnaissance d'autrui ou la lutte pour la reconnaissance
Pour toute conscience de soi, il y a une autre conscience de soi ; autrement dit, chaque conscience ne peut avoir l'intuition de soi que dans une autre conscience. Chacun ne peut se saisir comme conscience que dans la conscience de l'autre où il se reconnaît d'abord comme identique. Mon Je est le même que le Je de l'autre. Mais l'un n'est pas l'autre : chacun est l'un pour l'autre une présence concrète et objective, et chacun exige de l'autre d'être reconnu comme conscience de soi, c'est-à-dire...
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Sartre: Autrui est ma chute originelle
Dans L'Etre et le Néant, Sartre va poursuivre une analyse phénoménologique de la théorie hégélienne. "L'essence des rapports entre consciences n'est pas le "Mitsein" (être-avec), mais le conflit." Ailleurs il dira même que c'est la violence qui fait le fond de toute relation humaine. Quelle est l'origine du conflit ? La seule existence de l'Autre fait que j'ai un dehors, une extériorité pour autrui, une nature. Des sentiments tels que la honte ou la fierté n'ont de sens que par rapport à cette n...
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Rousseau: La pitié
Dans L'Etre et le Néant, Sartre va poursuivre une analyse phénoménologique de la théorie hégélienne. "L'essence des rapports entre consciences n'est pas le "Mitsein" (être-avec), mais le conflit." Ailleurs il dira même que c'est la violence qui fait le fond de toute relation humaine. Quelle est l'origine du conflit ? La seule existence de l'Autre fait que j'ai un dehors, une extériorité pour autrui, une nature. Des sentiments tels que la honte ou la fierté n'ont de sens que par rapport à ce...
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Aristote: L'espace et la théorie des lieux naturels
Le lieu est une réalité qui doit se distinguer des objets qui s'y trouvent. Ce n'est que par accident que tel ou tel objet trouve place en un lieu donné, qui demeure quand l'objet n'y est plus. L'idée même de la possibilité d'un "remplacement" vient l'attester. On peut comparer analogiquement l'espace à un vase dans lequel peut se trouver de l'air quand il est vide ou de l'eau si on le remplit. Les corps matériels trouvent place dans l'espace comme l'eau, l'air ou des graines peuvent trouver pla...
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Descartes: L'essence de l'espace est l'étendue
Dans ses Principes de la philosophie, Descartes avance que la distinction entre l'espace et les objets qui l'occupent n'est qu'une distinction de raison : "L'espace, ou le lieu intérieur, et le corps qui est compris en cet espace, ne sont différents... que par notre pensée. Car, en effet, la même étendue en longueur, largeur et profondeur, qui constitue l'espace, constitue le corps." L'espace et les corps matériels supportent donc la même définition. Un espace se définit par sa largeur, sa longu...
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Merleau-Ponty: la perception n'est pas la synthèse de qualités pures
On a coutume de dire que la perception est composée de sensations élémentaires, atomiques, primitives, qu'elle synthétise et structure dans une représentation. Voir quelque chose, c'est recevoir des lumières et des couleurs, entendre c'est percevoir des qualités sonores distinctes les unes des autres. Mais les couleurs ne sont pas des sensations brutes, pas plus que les notes de musique ne sont les données élémentaires de la perception musicale. Le rouge en-soi ou le bleu en-soi n'existent pas....
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Aristote: Le temps est lié au mouvement
Pour Aristote, si le temps est présent en toutes choses existantes, c'est qu'il y a du mouvement. Toutes les choses sont en mouvement, et il définit le temps comme "nombre et mesure du mouvement". Si c'est l'âme ou l'intellect qui mesure le temps, celui-ci existe indépendamment de notre esprit. Il est doté d'une réalité objective : il produit dans la nature la génération, la corruption, l'accroissement et le décroissement, mais également les déplacements dans l'espace et les altérations. Réalité...
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Saint-Augustin: De l'essentielle ambiguïté du tems
"Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus." Nous savons que le temps existe par l'expérience du passage. C'est parce que tout ce qui est, passe, qu'il y a du passé. C'est parce que tout arrive, que nous savons qu'il y a du futur. Et c'est parce que les choses sont, qu'il y a un moment présent. Le temps est ainsi composé de trois moments : passé, présent, futur. Et pourtant, ni le passé ni l...