Catégorie : Philosophie
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Lévi-Strauss: Les sauvages sont-ils des barbares ?
«Habitudes de sauvages», «cela n'est pas de chez nous», etc. Autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or, derrière ces épithètes se dissimule un mê...
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PLATON: «Ce qui donne naissance à une cité, c'est, repris-je, l'impuissance où se trouve chaque individu de se suffire à lui-même.»
Les échanges donnent naissance à la société et la consolident. «Ce qui donne naissance à une cité, c'est, repris-je, l'impuissance où se trouve chaque individu de se suffire à lui-même.» Platon, La République (i av. J.-C.). • Selon Platon, c'est le fait que l'individu ne produise pas lui-même toutes les ressources dont il a besoin (nourriture, logement, vêtement), qui est à l'origine de la formation de la société. La société repose sur le principe de la division du travail, qui permet de ré...
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Y a-t-il une logique des passions ?
Introduction Il y a d'abord une équivocité du terme « passion ». Elle désigne en premier lieu les phénomènes passifs de l'âme. Un sujet est en ce sens affecté par quelque chose. Mais la passion a aussi un caractère actif et constitue une des forces vives du comportement humain. En ce sens la passion envahit tout le sujet. Par ailleurs, on a longtemps présenté l'existence chez l'homme de plusieurs passions, à la différence d'une raison unique. Mais devant la difficulté d'unifier les passions,...
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Suis-je libre de me nuire ?
La morale veut que l'on traite autrui avec respect et dignité. De même, autrui doit nous rendre ce respect envers la personne humaine que nous sommes. C'est la valeur absolue de notre humanité qui fonde ces exigences. Mais visà-vis de soi-même, les choses semblent moins évidentes. Étant doué de liberté et possesseur de mon corps, il paraît clair que je peux user de cette liberté et de ce corps qui est le mien comme je l'entends. Me nuire, me faire mal paraissent ne poser aucun problème d'ordre m...
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Y a-t-il une vérité des apparences ?
[Les choses se donnent dans leur apparence. Ce que nous savons des choses, ce sont les sens qui nous le livrent.] Connaissance et expérience La connaissance débute cependant avec l'expérience, même si elle s'élève à l'universel. La connaissance est en effet cette tentative de dépasser la singularité du fait, tel qu'il est donné dans l'apparence, pour accéder à l'universel. En ce sens, la connaissance a affaire aux apparences. La vérité ne peut être une vérité qui néglige les apparences, qui sont...
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Marx, « La religion est l'opium du peuple »
PRESENTATION DU "CAPITAL" DE MARX Ce livre inachevé a un destin paradoxal. Seul le premier tome, consacré à la production, fut achevé et publié en 1867 du vivant de Marx (1818-1883), les deux autres consacrés à « la circulation » et au « procès d'ensemble » du capital, fragmentaires, furent publiés par Engels de manière posthume. Élaboration intellectuelle, dense et complexe, usant de tous les styles d'écriture (ironique, polémique, théorique) et de tous les types de références, Le Capital est d...
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Suis-je propriétaire de mon corps ?
Des débats récents autour du droit des femmes à l'avortement ou du don d'organe confèrent au problème des droits liés au corps et au vivant une actualité indubitable. Toutefois, loin de se résumer à une interrogation engageant le droit et l'éthique, la question de la nature de ma relation à mon corps permet d'interroger ma propre existence. Avoir un corps, est-ce le posséder ? La propriété implique une notion de distance, or suis-je hors de mon corps ? Une réflexion sur la relation du sujet au c...
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Suis-je vraiment autre qu'autrui ?
Remarques sur l'intitulé du sujet : · « suis-je » indique clairement l'enjeu du sujet : en demandant si « je » = ceci ou cela, on questionne ce qui f dentité de chacun, ce qu'est le Moi. · L'adverbe « vraiment » indique qu'il s'agit d'établir une certitude [comme quand on demande à quelqu'un « a-t aiment fait cela ? » ; on manifeste son étonnement, son incrédulité tant le fait rapporté semble difficile à admettr connaître comme vrai] · Aussi le présupposé du sujet est le suivant : je suis autre...
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Y a-t-il des limites a la liberté d'expression ?
Analyse du sujet : - - - - - Il semble de prime abord qu'il n'y ait aucune raison de poser des limites à la liberté d'expression, car parler ne cause aucun tort. La liberté d'expression véhicule des idées et des paroles mais ne commet pas de crimes. Cependant, la liberté d'expression peut provoquer des crimes qui n'auraient peut-être pas eu lieu sans elle. Il apparaît ainsi dangereux qu'une société tolère qu'on diffuse des appels au meurtre dans ses journaux. On peut ainsi très bien imagine...
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Pascal: L'esprit de géométrie
L'imagination est la plus grande puissance d'erreur qui se puisse trouver en l'homme, et dont il ne peut se défaire. Si elle était toujours fausse, il suffirait d'en prendre le contre-pied pour trouver la vérité, mais nous ne savons jamais si ce qu'elle nous représente est réel ou irréel. N'étant pas la règle infaillible du mensonge, elle ne peut l'être de la vérité. Elle représente le vrai et le faux avec la même indifférence. Sa puissance de persuasion est infinie, même auprès des hommes...
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Tous les hommes sont-ils coupables ou certains peuvent ne pas l'etre ?
La bible et la religion chrétienne nous enseigne que les hommes sont tous coupables du pêché originel, d'avoir bravé l'interdit pour au fruit interdit. Il s'agit ici de s'interroger sur la nature humaine. L'homme n'est-il pas coupable de par ses passions, sa constitution émotionnelle ? En fait, on n'affirme désormais que s on agressivité est innée. M a i s s i cela e s t d a n s s a nature, comment ne pas être coupable ? Ne faut-il pas pour parler de culpabilité, postuler une c o n s c ienc e du...
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Hume: Les passions
Thème 462 Hume: Les passions 1. La partialité Si la raison n'est qu'une tendance, la passion est un penchant. Elle nous fait agir. Lorsque nous croyons pouvoir opposer la raison à nos passions, nous nous trompons, parce que jamais la raison ne détermine l'action. Agir raisonnablement, ce n'est qu'être mi par une passion calme, qui ne se fait pas sentir comme telle. D'ordinaire, une passion est violente, c'est-à-dire exclusive. Elle entend obtenir une satisfaction immédiate et se caractér...
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Tout travail est-il aliénant ?
Le terme aliénation vient du latin alienus "étranger et de alius "autre". Il peut désigner en psychologie l'état de celui qui ne s'appartient plus et présente des états mentaux tels qu'il ne peut être tenu responsable de ses actes. Plus généralement, pourtant on parle d'aliénation quand un individu, inconsciemment, est dépossédé de ce qui le constitue au profit d'un autre, qui l'asservit. On voit donc que dans l'aliénation, il y a une relation entre deux individus, un qui profite et l'autre qui...
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Epicure: la pensée de la mort
"Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation; or la mort est la privation complète de cette dernière. Cette connaissance certaine que la mort n'est rien pour nous a pour conséquence que nous apprécions mieux les joies que nous offre la vie éphémère, parce qu'elle n'y ajoute pas une durée illimitée mais nous ôte au contraire le désir d'immortalité. En effet, il n'y a plus d'effroi dans la vie pour celui qui a réellement co...
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Y a-t-il une différence entre penser et avoir des opinions ?
Analyse. · · · · · · Le sujet qui nous est présenté ici nous demande de définir deux termes, l'opinion et la pensée et de déterminer leurs points communs et leurs différences. Aussi, nous devrons commencer par une définition, toute relative de chacun des termes : o Penser : c'est l'activité de l'esprit appliquée aux éléments fournis par la connaissance. C'est former, combiner des idées et des jugements. Le verbe vient du latin pensare qui signifiait peser. Le fait de penser reviens donc à éva...
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HUSSERL: «Toute conscience est conscience de quelque chose.»
Thème 377 HUSSERL: «Toute conscience est conscience de quelque chose.» La conception transcendantale de la conscience. «Toute conscience est conscience de quelque chose. » Husserl, Méditations cartésiennes (1929). • Dans le prolongement de Kant, Husserl développe la conception «transcendantale» de la conscience, à savoir que la conscience construit, par la perception et par l'entendement, les objets qui lui apparaissent. Autrement dit, elle n'est pas un réceptacle passif, mais elle n'est...
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Toute contrainte sociale est-elle une oppression ?
[Introduction] Tous les théoriciens du contrat social ont vu que la vie en société, par opposition à l'état de nature, est une vie de soumission des comportements individuels à des règles. Cela signifie qu'existent des normes de comportements, qu'il faut dans telle circonstance se comporter de telle manière sous peine de sanctions. Toutes les règles, qu'elles soient de conduite (règles morales) ou institutionnelles produisent de l'ordre. Cette régulation sociale permet la coexistence d'individus...
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ENCYCLOPEDIE: vignoble
On trouve des grappes de raisin et des plants de vigne sur des papyrus égyptiens, des bas-reliefs grecs, des mosaïques romaines, des fresques du Moyen Âge ... Les hommes ont cultivé la vigne depuis au moins 3 500 ans. Aujourd'hui, ses rangs parallèles couvrent les coteaux du monde entier de la Crète à la Californie, de la France à la Chine et de l'Australie à l'Allemagne. La • v1gne Des origines lointaines La vigne cultivée aujourd'hui est originaire des bords de la mer Noire. Elle s'est prop...
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Kant: L'autonomie de la volonté
Le principe de la moralité réside dans l'autonomie, soit la faculté de se déterminer soi-même de par une législation rationnelle. L'homme est lié à son devoir par une loi qui ne lui est pas extérieure. Aucun intérêt ne vient le forcer à faire son devoir, aucune force étrangère à sa propre volonté ne vient le contraindre. Si le devoir procédait d'une contrainte, l'homme ne serait pas libre mais hétéronome, c'est-à-dire sous la dépendance d'une loi qui ne procède pas de lui-même. Le devoir ne se d...
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Kierkegaard: Qu'est-ce que l'existence ?
□ Kierkegaard décrit trois « sphères » de l'existence temporelle, qui sont comme trois possibilités, ou non, d'entrer en rapport avec ce qui est éternel : les sphères esthétique, éthique et religieuse. □ Don Juan illustre la première, celle de l'homme qui, dans sa quête insatiable de sensualité, vit dans l'immédiateté de l'instant. À ce stade, l'homme ne choisit pas ce qu'il veut être mais conduit sa vie en la réglant sur l'extériorité du paraître. C'est pourquoi il ne peut, au fond, qu'épro...