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Le progrès scientifique rend-il caduques les religion ?

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« Le savoir scientifique ne peut se substituer à la foi. L'idée selon laquelle le progrès scientifique rend caduques les religions et que le savoir pourrait se substituer entièrement à la foi est un doux rêve positiviste. D'abord par ce que il n'y a pas de savoir sans croyance. Mais aussi et surtout parce que les sciences excluent de leur domaine, par souci méthodologique, des questions fondamentales: celles qui se rapportent au sens ou au non-sens de notre univers et de notre propre existence. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi y a-t-il de l'ordre plutôt que du désordre ? Pourquoi la vie naît-elle de la mort ? Sur ces questions et sur bien d'autres, les sciences restent muettes. La croyance religieuse est donatrice de sens. Un monde informé par la rationalité scientifique et technique, où domine la recherche de la rentabilité et du profit à tout prix, ne peut satisfaire le besoin de sens de l'être humain. Le progrès dans quel but ? Quel type de société serait vraiment souhaitable S'agit-il simplement de progresser pour survivre ? Il y a et il y aura toujours une place pour la croyance religieuse. Et celle-ci peut être donatrice de sens à condition qu'elle ne tourne pas dans l'obscurantisme et au fanatisme. Les religions ne peuvent se dispenser du savoir scientifique. Si la science peut condamner toute forme de croyance incompatible avec ses exigences (les superstitions), elle ne peut qu'autoriser des croyances qu'elle saurait ni justifier ni réfuter. Quant aux religions, peuvent-elles se dispenser du savoir scientifique et refuser d'évoluer, si elles veulent rester vivaces ? On peut songer au père Teilhard de Chardin qui, prenant conscience du danger qui résulte de la coupure entre science et religion, a tenté de concilier la théorie de l'évolution de Darwin avec l'idée de la création du monde et de l'homme par Dieu. « Le fondement de la critique irréligieuse est : c'est l'homme qui fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme. » Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844. « Qu'est-ce que la religion ? — Un besoin apparu à un stade d'évolution inférieur et dont la classe supérieure s'est servie pour tenir la classe inférieure sous sa domination. » Strindberg, Petit catéchisme à l'usage de la classe inférieure, 1886. « Peut-être n'y a-t-il rien de si vénérable dans le christianisme et le bouddhisme que leur art d'enseigner même aux plus humbles à trouver, grâce à la piété, leur place dans un ordre imaginaire et supérieur des choses; ils continuent ainsi de se satisfaire de l'ordre réel qui leur fait la vie si dure, — dureté qui est précisément nécessaire. » Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1886. « La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit de situations dépourvues d'esprit. Elle est l'opium du peuple. » Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844. La religion, selon Marx, concourt à endormir la conscience politique du peuple, en ce qu'elle lui fait miroiter dans un illusoire au-delà des joies qu'il ne peut trouver ici-bas. Âme d'un monde sans âme, la religion masque à l'homme sa véritable condition. »

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