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Que perdrait la pensée en perdant l'écriture . ?

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« Analyse du sujet : L'intérêt et l'utilité de l'écriture se trouvent au travers du livre : l'intellectuel est un gros consommateur de livres ; l'érudit, le savant ou encore l'homme cultivé sont plongés dans les livres.

Etant donné qu'ils savent manier la pensée mieux que quiconque, il apparaît donc que l'écriture la serve grandement.

De plus, toute écriture véhicule forcément de la pensée : roman, dictionnaire et même publicité, enseigne ou encore affiche.

Il apparaît alors primordial de savoir ce que perdrait la pensée en perdant l'écriture.

Il convient également de prendre en compte l'intitulé même du sujet : il ne s'agit pas seulement de l'écrit mais de l'écriture, c'est à dire de l'acte d'écrire.

Il faudra donc réfléchir sur le rapport entre l'action d'écrire et la pensée. Proposition de plan : 1) Si la pensée s'exprime par la parole, elle se trouve également au travers de l'écriture.

Et dans l'écriture la pensée perdure.

Voilà, un gain essentiel de l'écrit pour la pensée.

Il y a accumulation du savoir car l'écriture est la transcription de la pensée qui échappe ainsi à l'oubli et à la temporalité.

La parole est fuyante alors que l'écriture fait perdurer au travers les âges la pensée et le savoir.

Grâce au livre (support habituel et courant de l'écriture), un patrimoine se constitue et les encyclopédies en sont le précieux résultat.

L'écrit tire même hors de l'oubli ce qui est destiné à la mort : les langues mortes continuent de vivre au travers des livres.

L'écriture apporte donc le savoir, c'est un moyen culturel, un instrument de diffusion de la pensée. Il faut aussi se pencher sur l'acte d'écriture ; celui-ci pousse à la rigueur car la pensée intérieure, avant d'être couchée sur le papier, est fluctuante et désordonnée.

Rien ne se construit seul et d'un premier jet.

Pour se faire comprendre par l'écriture, il faut alors un effort de synthèse, de réorganisation de sa pensée.

Ainsi, l'écriture dans son action même, amène à la ré-élaboration de la pensée : écrire c'est réfléchir. Ainsi, l écriture donne un sens organisé et profond.

Ecrire est porteur de sens pour qui sait maîtriser l'art de l'écriture.

Il y a là encore un avantage sur la parole : l'écrivain peut déguiser, masquer un sens et échapper ainsi à une censure éventuelle.

C'est ce que l'on pourrait appeler « écrire entre les lignes » (pensons au célèbricisme exemple des fables de La Fontaine). Transition : Si les gains de l'écriture pour la pensée sont multiples et évidents, il convient tout de même d'observer quelques carences vis à vis de la parole. 2) En effet, analysons la nature de l'écriture.

Celle-ci semble être définie par l'exactitude et la rigueur.

Mais c'est au détriment de l'expression.

Dans l'écriture, la pensée ne vit plus nous dit Rousseau dans Essai sur l'origine des langues ; l'écriture est le règne de la convention qui interdit la nuance et finalement la précision.

Ecrire c'est s'interdire de ne pas retranscrire les tons, les intonations qui explicitent la pensée particulière.

Puisque l'écriture est généralité et conceptualisation, elle ne peut s'appliquer au singulier. L'écriture, pour se faire comprendre, prend nécessairement les mots dans leur sens commun rendant la pensée neutre ; l'écriture amenuise la pensée.

« En écrivant on est obligé de prendre tous les mots dans l'acception commune ; mais celui qui parle varie les acceptions par les tons ». Si l'écriture reste muette face aux intonations riches de sens, elle est également silencieuse face au lecteur qui se pose des questions.

Telle est la principale critique que formule Platon dans Phèdre.

L'écriture est lettre définitivement figée ; la lecture qui se pose des questions reste sans réponse et l'auteur ne peut se défendre face aux éventuelles accusations.

La pensée riche se développe avant tout par le dialogue.

En effet, selon Platon, la dialectique est ce mouvement du discours qui conduit vers le savoir car elle permet l'accord entre les interlocuteurs, accord nécessaire au savoir véritable.

Or, l'écriture ne permet pas le dialogue.

Le dialogue qui manifeste la pensée vivante n'existe pas dans l'écriture.

L'approbation du lecteur n'est pas certaine (donc l'écriture ne sert pas forcément la pensée) alors qu'elle l'est dans la discussion philosophique. En continuant la pensée de Platon, on découvre également que l'écriture affaiblit la mémoire en stockant des informations.

Ainsi, la pensée croit posséder un savoir en le consignant dans les livres alors que l'écriture n'est qu'un aide-mémoire.

Il faut au préalable posséder la connaissance, la méditer et la maîtriser.

Mais il n'en est rien en tant que simplement déposée dans un livre.

On trouve ici une critique de la passivité de l'écriture face à l'activité de la pensée qui est du côté du dialogue et de l'oral en général. Si le livre ne répond pas, s'il est passif, alors la pensée se rencontre dans l'interprétation.

Seulement, celle-ci pose problème : comment savoir si le lecteur interprète correctement la pensée de l'auteur ? L'écriture peut amener à une confusion dans la pensée.

L'exemple de la soeur de Nietzsche en est une bonne illustration : sa mauvaise interprétation a servi les thèses du nazisme.

L'écriture peut alors se révéler dangereuse. Transition : Mais l'erreur d'interprétation doit nous conduire sur le rapport entre pensée et écriture ; comme si. »

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