Partie 1 : La mise en place de cadres étatiques et nationaux au MoyenOrient : Acteurs, outils, contestations (1920 – 1947)
Publié le 10/01/2026
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Partie 1 : La mise en place de cadres étatiques et nationaux au MoyenOrient : Acteurs, outils, contestations (1920 – 1947)
Entre-deux-guerres = période de transformation politique, sociale, et culturelle aux racines
antérieures à 1914 (ex : réformes dans les empires) MAIS épanouissement dans le nv
contexte politique
Nouvelle période de l’histoire du Moyen-Orient = domination coloniale, mandats
(seuls Etats indé : Turquie, Iran, Arabie saoudite et Yémen + Egypte dès 1936)
François Georgeon : « l’empire-mosaïque a fait place à une mosaïque d’Etats » CAR
dans l’espace de l’ex-empire ottoman, période de mise en place de cadres étatiques et
nationaux, qui redéfinissent les horizons politiques, éco et culturels (décennies
marquées par des débats sur la nature de l’Etat, sur la forme du pouvoir, les
institutions, les compétences des pouvoirs politiques centraux par rapports aux
autorités locales, la façon de faire nation – réflexion sur les groupes minoritaires – et
sur la modernisation, incarnée par l’Occident, sur la place de l’Islam dans la politique
DONC modèles étatiques très différents)
Réflexion sur les éléments qui caractérisent et définissent ces Etats (vie politique, idéaux,
histoires nationales), sur les acteurs (locaux ou européens : motivations, projets, outils à
disposition et place accordée aux acteurs portant des projets concurrents et acteurs exprimant
des résistances face aux pouvoirs)
Renoncement à une histoire par le haut ET place donnée aux sociétés, à leurs
évolutions et à leurs rapports avec les Etats
Chap.
1 : Le Moyen-Orient remodelé dans le contexte de sortie de guerre
Bilan de la guerre (hécatombes, famines, massacres) très lourd au Moyen-Orient =>
mentalités ont évolué dans le contexte de guerre : circulations, échanges, échos de la presse
ont contribué à construire l’idée d’un monde d’après différent
Ex : populations arabes de l’Empire ottoman => violences exercées par les jeunes turcs à
travers la conscription, les réquisitions de nourriture, la répression contre les leaders
nationalistes (exécution des principaux à Beyrouth et Damas en mai 1916), ont détourné les
populations arabes de leur attachement à l’Empire DONC volonté de liberté renforcée
=> Après l’armistice de Moudros du 30 octobre 1918 (entre Empire ottoman et Alliés ; fin de
la guerre sur le front d’Orient), expression d’attentes multiples => conférences diplomatiques
réorganisant les territoires des Empire vaincus donnent l’occasion de prendre la parole à
certains de ceux qui ont fait l’objet de tractation des puissances alliées pendant le conflit
(espérances, cependant peu compatibles entre elles et inscrites dans un désir d’indépendance,
bien loin des appétits de conquête de la France et de la G-B)
I.
Le règlement de la guerre
1.
Des attentes très différentes exprimées lors de la conférence de la Paix
Ouverture à Paris de la conférence de la Paix en janvier 1919 jusqu’en janvier 1920 et réunit
les vainqueurs de la guerre MAIS présence de délégations invitées à venir présenter leurs
attentes => enjeu : qui va représenter les Arabes à la conférence ? (Initiative de la révolte
arabe permet au Hedjaz de faire partie des Alliés : Fayçal accompagné par Thomas Edward
Lawrence est invité en tant que représentant du sheriff Hussein, en dépit de l’hostilité des
Français, qui ont des volontés concurrentes sur la Syrie)
Idée de royaume arabe de Fayçal : Syrie, Irak et Croissant fertile, à part la Palestine => serait
une confédération arabe indépendante, bénéficiant d’une aide plus ou moins active des
puissances occidentales < droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (Wilson)
Français insistent pour que le Comité central syrien, proche du Quai d’Orsay et favorable à la
France (minoritaire en Syrie cependant) soit entendu => nécessité d’une unité syrienne
jusqu’au Sinaï et refus d’une domination du Hedjaz sur la Syrie CAR habitants du Hedjaz
qualifiés par la délégation comme « vivant en marge de la civilisation moderne »
Comité demande la France comme puissance mandataire
Délégation libanaise issue de l’ancien conseil administratif du Mont-Liban (entité juridicopolitique au sein de l’Empire ottoman) invitée à s’exprimer : projet porté par les maronites
(catholiques orientaux) POUR l’indé d’un Grand-Liban (# réduit au Mont-Liban MAIS allant
de Tripoli à Saïda, en incluant Beyrouth et plaines agricoles de l’Ouest et du Nord => viabilité
pensée après la famine de la guerre) constitué en Etat et placé sous la protection française
Délégation sioniste également présente => évoque un droit historique sur la Palestine et
revendique un droit d’immigration : en 1918, le Yishouv, en s’appuyant sur la déclaration
Balfour, certain de la création d’un Etat juif
MAIS accès à la conférence refusé à certains groupes :
- délégués mésopotamiens, surtout chiites, exclus du débat par les Britanniques
- Palestiniens, inquiétés de la déclaration Balfour, également exclus
- Egyptiens : en 1919, conjonction de revendications sociales et politiques, portées par des
milieux divers, mais unis autour du projet nationaliste et du rejet du protectorat britannique
=> en novembre 1918, délégation (le Wafd = délégation) de 7 notables nationalistes
égyptiens, tous grands propriétaires ou professions libérales, empêchée par le Hautcommissaire britannique pour y défendre la cause de l’indépendance < notamment canal de
Suez, enjeu-clef
DONC délégation entame une tournée à travers l’Egypte, mobilisant les foules contre
l’occupation anglaise => rôle du leader Saad Zaghloul (né dans une famille de fellahs =
paysans, MAIS a fait des études et est devenu ministre de l’éducation, puis ministre de la
justice < études de Droit à l’université française du Caire PUIS à al-Azhar, d’où sa capacité à
manier différents langages politiques et à faire du Wafd un parti nationaliste unificateur :
paysannerie écrasée par les réquisitions pendant la guerre et l’assujettissement aux grands
proprio + réponse aux inquiétudes de la population urbaine + prédominance des élites)
En mars 1919, arrestation des principaux leaders du mouvement provoque des manifestations
=> manif du Caire regroupe des employés et des ouvriers PUIS extension au monde rural et
évolution vers l’insurrection armée (attaques de trains, de bâtiments officiels, de patrouilles
anglaises) DONC général Allenby (Haut-Commissaire sur l’Egypte et le Soudan) contraint de
libérer les leaders du Wafd et d’entamer des négociations, après avoir accepté la présence de
la délégation à la conférence (pas écoutée)
2.
L’invention des mandats
Création de la notion de mandat, structure placée sous l’égide de la SDN => article 22 du
pacte de la SDN pose les principes généraux du régime des mandats : peuples des territoires
non-européens (issus de l’Empire allemand ou de l’Empire ottoman) reconnus comme n’étant
pas capables « de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du
monde moderne.
» DONC tutelle des Etats européens
Article 22 du Pacte de la SDN sur les « colonies et territoires qui, à la suite de la guerre, ont cessé
d'être sous la souveraineté des États qui les gouvernaient précédemment et qui sont habités par des
peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du
monde moderne.
»
« La meilleure méthode de réaliser pratiquement ce principe est de confier la tutelle de ces peuples aux
nations développées qui, en raison de leurs ressources, de leur expérience ou de leur position
géographique, sont le mieux à même d'assumer cette responsabilité et qui consentent à l'accepter :
elles exerceraient cette tutelle en qualité de mandataires et au nom de la Société.
»
Pour les provinces arabes de l’Empire, prévision d’un mandat A, cad relativement léger (#
Afrique centrale ou Pacifique) => France et G-B s’engagent à poser les bases d’Etats amenés
à devenir indé dans les 3 ans MAIS marge d’interprétation dans la forme et le découpage des
territoires
Puissance mandataire responsable de la plupart des décisions en matière économique,
financière et du pdv de la politique extérieure
3.
La commission King-Crane et l’échec du projet nationaliste arabe
Rivalités Français-Britanniques exprimées dans la sphère diplomatique => en décembre 1918,
2 pays cherchent à s’entendre discrètement sur le sort à réserver aux provinces arabes, les
Britanniques réaffirmant que les accords Sykes-Picot sont caducs DONC Français acceptent
de céder Palestine et Mossoul à l’Angleterre, en échange d’une exploitation du pétrole de
Mésopotamie
Concurrence France / Fayçal place la G-B dans une position délicate CAR G-B s’est engagée
auprès de chacun de ses interlocuteurs (question pas réglée pendant la conf de la paix) => E-U
se proposent d’être médiateurs et en vertu des 14 points, suggestion par Wilson d’envoyer sur
place une commission interalliée POUR recueillir l’avis des populations du Liban, de la
Palestine et de la Syrie
2 Américains, Henry King et Charles Crane, organisent une tournée dans la région et
reçoivent de nombreuses délégations et pétitions, qui mettent en valeur 3 choses :
-
Opposition quasi-unanime des Arabes au foyer national juif : inquiétudes des
administrateurs britanniques présents sur place
Souhait en Syrie, au Liban, en Palestine, de l’unité arabe et de l’indépendance,
surtout dans les milieux musulmans
Milieux maronites et grecs catholiques favorables à la présence française et à la
création d’un Liban indépendant détaché de la Syrie
Importance des nationalistes syriens, visant à unifier tous les Arabes dans un même ensemble
national POUR constituer un seul Etat arabe, une « Grande Syrie » (Syrien....
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