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Parlant du métier de romancier, François Mauriac écrit : « Les personnages fictifs et irréels nous aident à nous mieux connaître et à prendre conscience de nous-mêmes... Et c'est sans doute notre raison d'être, c'est ce qui légitime notre absurde et étra

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 Parlant du métier de romancier, François Mauriac écrit : « Les personnages fictifs et irréels nous aident à nous mieux connaître et à prendre conscience de nous-mêmes... Et c'est sans doute notre raison d'être, c'est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette création d'un monde irréel grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur propre cœur et peuvent se témoigner les uns aux autres plus de compréhension et de pitié. »  Dans cette phrase, François Mauriac définit, avec beaucoup de justesse, ce qu'est réellement son métier. En effet, l'auteur nous explique que sa raison de vivre, et ce qui justifie le fait qu'il crée des mondes fictifs où évoluent des personnages eux aussi fictifs, est que cette création lui permet, à lui et aux autres hommes, de mieux se connaître et s'analyser. Cette création n'a pas seulement des répercussions sur la façon de voir du romancier, mais elle permet aussi aux autres hommes de voir plus clair en eux-mêmes, et d'être plus humains vis-à-vis de leurs semblables.

« Parlant du métier de romancier, François Mauriac écrit : « Les personnages fictifs et irréels nous aident à nous mieux connaître et à prendre conscience de nous-mêmes...

Et c\'est sans doute notre raison d\'être, c\'est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette création d'un monde irréel grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur propre coeur et peuvent se témoigner les uns aux autres plus de compréhension et de pitié.

» Expliquez, commentez et, si vous le jugez à propos, discutez ces lignes en prenant comme exemple un roman (ou plusieurs) que vous connaissez bien. Parlant du métier de romancier, François Mauriac écrit : « Les personnages fictifs et irréels nous aident à nous mieux connaître et à prendre conscience de nous-mêmes...

Et c'est sans doute notre raison d'être, c'est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette création d'un monde irréel grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur propre cœur et peuvent se témoigner les uns aux autres plus de compréhension et de pitié.

» Dans cette phrase, François Mauriac définit, avec beaucoup de justesse, ce qu'est réellement son métier.

En effet, l'auteur nous explique que sa raison de vivre, et ce qui justifie le fait qu'il crée des mondes fictifs où évoluent des personnages eux aussi fictifs, est que cette création lui permet, à lui et aux autres hommes, de mieux se connaître et s'analyser.

Cette création n'a pas seulement des répercussions sur la façon de voir du romancier, mais elle permet aussi aux autres hommes de voir plus clair en eux-mêmes, et d'être plus humains visà-vis de leurs semblables. Cette réflexion me semble d'ailleurs très compréhensible.

Car le romancier, lorsqu'il forge de toutes pièces un personnage, y met beaucoup de sensibilité, de lucidité, d'intuition.

Il ressent toutes les émotions de sa créature, prévoit toutes ses réactions.

Flaubert disait : « Madame Bovary, c'est moi.

» Cette transposition dans un monde irréel, où les sentiments éprouvés par l'individu fictif ne sont autres que les propres sentiments du romancier, lui permet donc de voir quelles sont ses réactions lorsqu'il est confronté avec un grave problème.

Puisque au plus profond de lui-même, il est ce personnage, évoluant comme un pion sur un jeu d'échecs. Personnellement, je suis absolument d'accord avec François Mauriac lorsqu'il nous dit que la création d'un roman permet de mieux se connaître et de mieux connaître ses semblables.

Je partage cet enthousiasme de l'auteur pour avoir écrit moi-même quelques nouvelles, bien insignifiantes, mais qui m'ont procuré une joie et une exaltation immense lorsque je les ai écrites, et fait lire à mes parents.

Non par vanité, mais parce que j'avais la sensation de faire passer dans leur esprit une sorte de message, bien modeste, mais qui, ajouté aux romans qu'ils lisent, a peut-être pu contribuer à cette transformation progressive de leur façon de juger ce qui les entoure. Donc, je le soutiens, il est certain que la création de ce monde irréel permet au romancier de mieux se connaître et de mieux s'analyser. D'autre part, il est certain que la lecture d'un roman permet au lecteur de mieux se connaître, de s'approfondir, et lorsque l'on veut, bien entendu, faire une lecture sérieuse d'un ouvrage, le bénéfice que l'on en retire ne s'efface jamais.

Le roman imprime en notre esprit une image inoubliable, quelquefois par sa dureté, sa cruauté, ou alors par sa grande sensibilité.

Je pense que le fait que l'on garde le souvenir d'un ouvrage vient de ce qu'à sa lecture, on s'identifie plus ou moins aux personnages qui y évoluent, et qu'ainsi on peut inconsciemment comparer ce qu'auraient été nos réactions devant les événements qui se succèdent, avec celles du personnage mis en scène par le romancier. Pour illustrer ma réflexion d'exemples, je pense à quelques ouvrages qui m'ont beaucoup marquée et ont changé ma façon radicale et trop directe de trancher des situations, ou de juger des individus totalement différents de moi. Je pense au Mystère Frontenac de François Mauriac.

Ce roman a laissé dans mon esprit une sensation assez confuse, mêlée de douceur, de tendresse, et aussi d'une sourde violence.

Les personnages de cette œuvre de François Mauriac m'ont beaucoup impressionnée par leur sensibilité et la particularité du drame qu'ils traversent.

D'autre part, j'ai partagé avec l'un des personnages une joie semblable au contact de la nature.

Je peux donc me permettre de dire que ce roman m'a permis, à plus ou moins longue échéance, d'assouplir mon jugement sur la sensibilité, parfois très grande, de certaines personnes de mon entourage.

Cet ouvrage m'a aussi permis de voir la nature sous un jour nouveau, et il m'arrive, lorsque je me promène en forêt, de me rappeler cette exaltation du personnage lorsqu'il ressent cette communion avec la nature.

J'ai d'ailleurs discuté avec certaines de mes camarades l'ayant également lu.

Et je retrouve chez certaines des réactions très proches des miennes. Un autre roman m'a aussi beaucoup influencée, du point de vue politique celui-là.

C'est La Sauvage de Jean Anouilh.

A sa lecture j'ai pris conscience des difficultés de cette femme, salie et corrompue par la société, évoluant dans un milieu uniquement intéressé par l'argent et cherchant tous les moyens permettant d'en gagner avec peu d'effort.

Après la lecture de cet ouvrage, ainsi qu'après celle de certains auteurs comme Zola, Malraux, ou Van der Meersch, je me suis posé beaucoup de questions, d'ordre politique, religieux...

telles que l'égalité des chances de réussite sociale entre les individus, le rôle de la religion chez l'individu, etc.. Toutes ces questions m'ont sensibilisée aux problèmes qui se posent actuellement, et qui sont d'ailleurs très difficiles à résoudre.

Ce roman m'a éveillée à des questions qui auparavant ne m'avaient jamais véritablement touchée.

Et, étant donné que j'ai étudié cette œuvre avec quelques amies, nous avons pu transformer notre jugement auparavant assez arbitraire en quelque chose de plus réfléchi. J'ai ressenti encore cette transformation à la lecture de Thérèse Desqueyroux et de Madame Bovary.

Deux femmes se débattant dans des difficultés très graves.

Toutes les deux vivant des drames terribles, ceci au plus profond d'elles-mêmes, sans en parler à quiconque, et aboutissant aux pires extrémités lorsqu'elles ne peuvent plus lutter. Ces deux femmes m'ont permis, à une échelle réduite, de mieux comprendre les raisons qui poussent parfois les hommes à se tuer, ou à tuer.

En effet, avant la lecture de ces ouvrages, je me contentais de juger avec ignorance et dureté les hommes accusés, à tort ou à raison.

Mais depuis ces lectures, j'ai une façon différente de voir les choses, et avant de juger froidement, je réfléchis un peu aux circonstances qui ont poussé tel individu à commettre tel acte. Ces romans n'ont donc eu sur moi que des effets bénéfiques.

Mais il y a pourtant un côté négatif à l'influence qu'exerce un roman sur l'esprit d'un individu.

Je pense à des romans tels que OSS 117, James Bond, ou encore les romans pornographiques.

Je pense que la lecture de ces livres, lorsqu'elle est exagérée comme cela arrive souvent, est absolument à condamner.

Elle a un effet néfaste sur l'individu et lui donne sûrement une tournure d'esprit assez désagréable ! Dans ce cas, on peut dire que le rôle que joue le roman sur la transformation de la façon de voir du romancier et du lecteur est à condamner ! Je conclurai en disant qu'il est certain, et j'en ai la ferme conviction, que le roman permet à celui qui le crée ainsi qu'à celui qui le lit, le savoure, l'apprécie, de se transformer, d'être plus humain par la suite.

Mais le plus important n'est-il pas d'abord de choisir ses lectures ?. »

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