Aide en Philo

Notes de cours: LA MEMOIRE

Extrait du document

Encore que les psychologues varient dans leurs analyses de la mémoire et de ses formes, on en distingue généralement deux : 1) la mémoire élémentaire ou sensori-motrice • C'est la mémoire perceptive qui permet au sujet de reconnaître les objets et phénomènes constituant son environnement, et qui par conséquent assure la cohérence des comportements et autorise l'action. • La reconnaissance de l'objet (la liaison entre la perception présente et la perception passée mémorisée) y est totalement automatique et immédiate. • Cette mémoire est régie par les lois de l'habitude. • Elle est commune à l'homme et à l'animal. 2) la mémoire supérieure ou mémoire proprement dite • Elle se différencie de la précédente en ce qu'elle implique une prise de conscience du passé en tant que passé. • La reconnaissance du souvenir y est donc réfléchie, puisqu'elle suppose un jugement d'antériorité. • Cette mémoire semble propre à l'homme.

« 1 les deux sortes de mémoire Encore que les psychologues varient dans leurs analyses de la mémoire et de ses formes, on en distingue généralement deux : 1) la mémoire élémentaire ou sensori-motrice • C'est la mémoire perceptive qui permet au sujet de reconnaître les objets et phénomènes constituant son environnement, et qui par conséquent assure la cohérence des comportements et autorise l'action. • La reconnaissance de l'objet (la liaison entre la perception présente et la perception passée mémorisée) y est totalement automatique et immédiate. • Cette mémoire est régie par les lois de l'habitude. • Elle est commune à l'homme et à l'animal. 2) la mémoire supérieure ou mémoire proprement dite • Elle se différencie de la précédente en ce qu'elle implique une prise de conscience du passé en tant que passé. • La reconnaissance du souvenir y est donc réfléchie, puisqu'elle suppose un jugement d'antériorité. • Cette mémoire semble propre à l'homme. 2 les opérations de la mémoire 1) La fixation (enregistrement des informations formant le souvenir); elle peut être spontanée ou volontaire et se fonde sur l'intérêt (importance de l'affectivité), l'attention et la répétition. 2) L'évocation (rappel du souvenir à la conscience) ; elle peut également être spontanée (le souvenir resurgit de luimême en fonction d'associations de perceptions, de sentiments ou d'idées) ou volontaire (c'est la remémoration réclamant un effort de mémoire). 3) La reconnaissance, par laquelle le souvenir est reconnu comme passé, et dont le point culminant est la localisation ou la datation du souvenir. 3 les cadres individuels de la mémoire • Le mode de perception du réel et par conséquent les souvenirs sont déterminés par les structures et les habitudes mentales des individus.

Leur biographie et leur subjectivité interviennent donc dans la fixation de ces souvenirs. • Ces facteurs individuels déterminent également les processus de sélection, d'ordonnancement et de hiérarchisation des souvenirs. 4 les cadres sociaux de la mémoire • On peut voir dans le souvenir non une simple restitution d'un passé enregistré dans la mémoire, mais une reconstruction de ce passé en fonction d'exigences sociales, à savoir : 1) d'une logique collective, qui s'exprime surtout dans le récit et consiste à ordonner les souvenirs selon des conventions propres à un groupe social (la chronologie historique elle-même apparaît conventionnelle); 2) de repères sociaux qui commandent la structuration des souvenirs.

Les mémoires individuelles se ramèneraient à des spécifications de mémoires collectives propres aux groupes auxquels appartiennent les individus : nation, classe sociale, famille, etc. • Le langage (qui constitue en lui-même une mémoire collective), en définissant des catégories de pensée, notamment des catégories temporelles, paraît jouer un rôle fondamental dans la reconnaissance des souvenirs. 5 les fonctions de la mémoire — fonction d'identité : c'est grâce à la mémoire qu'un être peut saisir dans leur unité et leur permanence les objets composant son milieu, ainsi que sa propre unité (de même c'est par sa mémoire collective qu'un groupe se saisit comme une unité) ; — fonction de connaissance : sans mémoire toute connaissance serait bien évidemment impossible. 6 les fonctions de l'oubli Il convient de distinguer entre l'oubli négatif (qui est un défaut, un « raté » de la mémoire) et l'oubli positif ou fonctionnel qui peut être considéré, tout comme la mémoire, comme une condition de l'action.

Ainsi : — pour Bergson, l'oubli permet à l'homme de se dégager du passé et d'avoir prise sur le réel en ne retenant du passé que ce qui concerne la réalité de l'instant présent; - pour Nietzsche, il est la condition même de la santé psychique et du bonheur ; - pour Freud, l'oubli correspond à un refoulement de représentations pulsionnelles et d'expériences insupportables pour le moi et le sur-moi.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles