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Mérite-t-on quoi que ce soit ?

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« Analyse. Le mérite peut se définir en deux sens : o Le premier sens est social : on mérite une récompense ou une punition, c'est-à-dire qu'il y a donc une valorisation faite par autrui. o Le second sens est moral : il s'agit d'un mérite personnel, de qualités intellectuelles.

L'évaluation du mérite est alors personnelle. Dans ces deux cas, le mérite est reconnu par chacun de nous, nous considérons qu'il existe. Si socialement, le mérite peut être facilement compris comme récompense ou punition (ce n'est pas nous même qui estimons notre valeur, mais les autres), il n'en va pas de même du point de vue moral. Comment, en effet, comprendre que l'on puisse mériter quelque chose de négatif moralement ? Nous aurions plutôt tendance à considérer qu'il n'y a du mérite que lorsque nous avons les qualités requises.

Sans ces qualités, il n'y aurait alors pas de mérite. Cependant, nous avons tout de même un sens du mérite dans l'idée de ce qui nous arrive : ne pas agir moralement entraine des conséquences qui, par traditions, sont « méritées ». Ce qui est jugé au mérite sera alors une rectitude morale, et non la morale elle-même : l'usage d'un vice ou d'une vertu entrainera donc un mérite. Bien sûr, cette position se ressent au niveau moral, mais ne peut non plus être totalement dissociée d'un sens social. En effet, chacun peut juger par lui-même l'usage que tout autre fait de ses vertus ou vices.

Moralement, un homme récupère ce qu'il a semé.

Mais son travail moral, sa volonté peuvent être aussi jugée par d'autres hommes. Aussi, le mérite reste-t-il un jugement de valeur, et, par là même, une différence de valeur entre hommes. Le mérite sera donc, dans ce cas, une notion d'inégalité, chacun méritant selon ses actes. Problématisation. Le mérite peut être considéré comme un jugement de valeur concernant les personnes.

Chacun est conscient de l'existence du mérite et l'on peut dire, sans se tromper, que chacun aspire au mérite.

Mais pour quelle fin ? Que permet d'atteindre le mérite ? De plus, mériter, c'est personnel, mais cela nous met aussi en relation, voir en comparaison, avec autrui.

Est-ce compatible avec la fin que l'on peut attribuer au mérite ? Enfin, si le mérite est personnel, source de différenciations, doit-on l'inclure comme une règle dans la vie civile et sociale ? Proposition de plan. Quelle fin peut avoir le mérite ? · · Une personne méritante est une personne digne de récompense pour les efforts qu'elle a pu faire. Le mérite rétribue donc une capacité à dépasser des limites, c'est aller plus loin que ce qui peut être fixé. « Quoique la conformité des actions au droit (le fait pour un homme d'avoir de la rectitude) ne soit rien de méritoire, il y a cependant du mérite dans la conformité au droit de la maxime de ces actions en tant que ce sont des devoirs, c'est-à-dire le respect du droit.

Par là en effet l'homme se fait une fin du droit de l'humanité, ou encore des hommes, et il étend ainsi son concept du devoir au-delà de l'obligation juridique.

» Emmanuel Kant, Métaphysique des moeurs, Doctrine de la vertu. · Kant définit ici le mérite comme étant l'accomplissement des devoirs de vertu.

Il y a du mérite à accomplir son devoir de vertu, car on étend le concept au-delà de la simple obligation. · Selon Kant, le mérite est alors moral, il s'agit d'une conformité à la vertu et du respect d'un engagement personnel. · La fin du mérite est donc alors de permettre à l'homme de dépasser une condition pour arriver à une fin qui ne le concerne plus lui seul, mais aussi l'ensemble des hommes. · Cette fin du mérite est propre à chaque homme.

Cependant, tout homme est aussi apte de porter un jugement de mérite sur tout autre.

Qu'est ce que cela signifie ? Comment le mérite peut passer de l'aspect purement moral à un aspect social ? · Si l'aspect moral que nous avons vu avec Kant est propre à chaque homme, il faut cependant admettre que le mérite à aussi un aspect social.. »

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