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L'évidence est-elle le critère de la vérité ?

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« DIRECTIONS DE RECHERCHE • Le libellé du sujet ne nous invite en aucun cas à produire une dissertation sur les critères de vérité. • Se demander quelles peuvent être les diverses acceptions du terme « évidence »; les diverses appréhensions de « l'évidence ». • Article « évidence » du Vocabulaire de la philosophie de Lalande. « Une proposition est évidente si tout homme qui en a la signification présente à l'esprit, et qui se pose expressément la question de savoir si elle est vraie ou fausse, ne peut aucunement douter de sa vérité. » « II est nécessaire de mentionner non seulement que la proposition est comprise, mais que la question de savoir si elle est vraie est posée; car il est certain que l'esprit, de quelque manière qu'on explique cette abstention, peut éviter indéfiniment de formuler en termes exprès cette alternative, et par là se refuser à l'évidence. » « Il ne suffirait pas de dire qu'une proposition est évidente si un homme qui la pense ne peut douter qu'elle soit vraie; car cette impossibilité de douter peut être particulière à son état mental (aliénation, passion, préjugé, éducation, etc.); et le langage usuel distingue avec raison ce qui paraît évident (à un individu) et ce qui l'est effectivement (pour tout esprit). » • Consulter certains travaux de Bachelard. Cf. le texte suivant : « Parfois nous nous émerveillons devant un objet élu ; nous accumulons les hypothèses et les rêveries; nous formons ainsi des convictions qui ont l'apparence d'un savoir. Mais la source initiale est impure : l'évidence première n'est pas une vérité fondamentale... » • Voir Descartes (notamment la première et la quatrième Méditation métaphysique). Une seule évidence : le cogito. Comment distinguer le vrai du faux, si le faux peut prendre l'apparence du vrai? La première règle, dit Descartes, est de « ne jamais recevoir une chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ». Le critère de la vérité, c'est donc l'évidence. Soit, mais comment distinguer l'évidence de la fausse évidence ? La seule solution, c'est un doute totalitaire, radical. Or je ne peux pas douter, au moment même où je doute de tout, que moi qui doute, je suis. La proposition « je suis, j'existe » est une évidence, au moment où je la conçois. Mais que suis-je? Une « chose pensante ». Le cogito est le modèle de l'évidence. Je pense donc je suis (Descartes). Cette phrase apparaît au début de la quatrième partie du « Discours de la méthode », qui présente rapidement la métaphysique de Descartes. On a donc tort de dire « Cogito ergo sum », puisque ce texte est le premier ouvrage philosophique important écrit en français. Pour bien comprendre cette citation, il est nécessaire de restituer le contexte dans lequel elle s'insère. Le « Discours de la méthode » présente l'autobiographie intellectuelle de Descartes, qui se fait le porte-parole de sa génération. Descartes y décrit une véritable crise de l'éducation, laquelle ne tient pas ses promesses ; faire « acquérir une connaissance claire & assurée de tout ce qui est utile à la vie ». En fait, Descartes est le contemporain & le promoteur d'une véritable révolution scientifique, inaugurée par Galilée, qui remet en cause tous les fondements du savoir et fait de la Terre, jusqu'ici considérée comme le centre d'un univers fini, une planète comme les autres. L'homme est désormais jeté dans un univers infini, sans repère fixe dans la nature, en proie au doute sur sa place et sa fonction dans un univers livré aux lois de la mécanique. Or, Descartes va entreprendre à la fois de justifier la science nouvelle et révolutionnaire qu'il pratique, et de redéfinir la place de l'homme dans le monde. Pour accomplir cette tâche, il faut d'abord prendre la mesure des erreurs du passé, des erreurs enracinées en soimême. En clair, il faut remettre en cause le pseudo savoir dont on a hérité et commencer par le doute : « Je déracinais cependant de mon esprit toutes les erreurs qui avaient pu s'y glisser auparavant. Non que j'imitasse en cela les sceptiques, qui ne doutent que pour douter ; car, au contraire, tout mon dessein ne tendait qu'à m'assurer, et à rejeter la terre mouvante & le sable, pour trouver le roc & l'argile. » (« Discours de la méthode », 3ième partie). Ce qu'on appelle métaphysique est justement la discipline qui recherche les fondements du savoir & des choses, qui tente de trouver « les premiers principes & les premières causes ». Descartes, dans ce temps d'incertitude et de soupçon généralisé, cherche la vérité, quelque chose dont on ne puisse en aucun cas douter, qui résiste à l'examen le plus impitoyable. Cherchant quelque chose d''absolument certain, il va commencer par rejeter comme faux tout ce qui peut paraître douteux. »

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