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La science est-elle la seule à fournir des connaissances vraies ?

Extrait du document

« [La science repose sur des principes rationnels immuables.

Elle seule peut appliquer à la connaissance du réel la rigueur du calcul mathématique.

Elle n'avance jamais rien qui ne puisse être prouvé.] La raison scientifique est universelle et immuable La constitution d'une mathématique rationnelle, dont l'origine remonte aux Grecs, a établi des vérités qu'aucun esprit ne peut nier.

A partir de Leibniz, notamment, les penseurs vont définir la raison comme un système de règles formelles dont on use avant même d'en avoir conscience.

Les réussites exemplaires de la science montrent que les lois de la raison sont invariables et se situent bien au-delà de l'aspect subjectif de la pensée individuelle. Le réel est gouverné par les nombres Pythagore, déjà, pensait que «toutes choses sont des nombres».

Bien après lui, Newton considère que l'univers est de nature mathématique.

La science illustre parfaitement l'adage: Mundum regunt numeri («Les nombres régentent le monde»).

La science mathématique, considérée comme «la science des sciences», atteint à un degré parfait d'exactitude et, donc, de vérité. Toute connaissance scientifique est prouvée La science, à la différence des autres domaines de la connaissance, dispose de deux moyens lui permettant de garantir la validité de ses découvertes: a) la rigueur logique de ses démonstrations, b) le recours à des expériences prouvant indubitablement l'accord entre théorie et réalité des phénomènes observés. [L'homme ne peut pas compter exclusivement sur la science pour obtenir des connaissances vraies.

La réalité ne se réduit pas à des phénomènes physiques et biologiques.

La pensée peut se connaître elle-même.] Les limites de la connaissance scientifique Selon Cournot, l'esprit humain est capable de comprendre les phénomènes physiques, mais ne dispose pas des moyens lui permettant de saisir «le mode d'action de ce principe supérieur qui met en branle les fonctions de la vie» (Essai sur les fondements de la connaissance et sur les caractères de la critique philosophique).

Cela ne signifie pourtant pas que toute réflexion sur la vie soit nécessairement fausse. Il existe des connaissances vraies qui ne sont pas scientifiques Des vérités autres que scientifiques Il est impossible d'étudier l'homme comme on étudie la matière et le vivant.

Pourtant, on ne peut pas dire que philosophie et sciences humaines ne sont jamais parvenues à fournir des connaissances vraies sur sa manière de penser et d'agir.

De même, poètes et tragédiens décrivent avec profondeur l'universalité des passions humaines. La conscience fournit des connaissances vraies Qu'il s'agisse de la conscience de soi, de la conscience morale, les connaissances que je peux avoir de moi-même, du bien et du mal, peuvent être parfaitement vraies.

Que toute morale vise à renforcer les liens qui m'unissent à autrui; voilà qui est incontestable.

Pourtant, je ne dispose d'aucun moyen scientifique de prouver cette assertion. On peut, ainsi que le fait Cournot, distinguer la preuve logique, ou formelle, de la certitude «philosophique» ou «rationnelle». Cette certitude, écrit-il, «résulte d'un jugement de la raison qui, en appréciant diverses suppositions ou hypothèses, admet les unes à cause de l'ordre et de l'enchaînement qu'elles introduisent dans le système de nos connaissances, et rejette les autres comme inconciliables avec cet ordre».

En science, et plus particulièrement en mathématiques, la preuve repose sur la cohérence intrinsèque, c'est-à-dire strictement logique, d'une théorie.

Une telle rigueur est «rarement de mise dans le monde réel où nous vivons».

Cela n'implique pas que les connaissances que nous pouvons avoir de ce monde soient erronées.

Elles n'ont tout simplement pas la même rigueur formelle.. »

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