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La morale consiste-t-elle à suivre la nature ou à vaincre la nature ?

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« La morale consiste-t-elle à suivre la nature ou à vaincre la nature ? INTRODUCTION.

- L'histoire de la philosophie, a-t-on prétendu, n'est que le récit des essais contradictoires tentés par les penseurs pour donner l'explication dernière des choses.

La morale n'échappe pas totalement à cette critique : sans doute, quand il s'agit de déterminer les règles particulières de la conduite, les moralistes arrivent ordinairement à s'entendre; mais lorsqu'ils veulent rattacher ces règles à un principe fondamental, ils se divisent en écoles apparemment inconciliables.

Suis la nature nous disent les uns, comme ÉPICURE.

D'autres, au contraire, tels les moralistes chrétiens et KANT après eux, mettent l'idéal dans la lutte contre la nature, ce qui faisait dire à Paul VALÉRY que leur morale se réduit à « l'orgueil de contrarier ». De ces deux conceptions, laquelle devons-nous préférer? La morale consiste-t-elle à suivre la nature ou à vaincre la nature ? I.

- LA MORALITÉ, VICTOIRE SUR LA NATURE. A.

La moralité, tout -le monde l'accorde, consiste dans la recherche du bien véritable, c'est-à-dire celui que la raison reconnaît pour tel; or, il n'y a de vrai bien pour l'individu que dans la maîtrise de l'esprit sur le corps et par la recherche du bien collectif. B.

Or, la nature, nous ne le savons que trop, va spontanément vers les plaisirs sensibles dont l'habitude asservit peu à peu l'esprit au corps; nous sommes naturellement portés à ne nous préoccuper que de nos intérêts auxquels nous sacrifions ceux des autres. C.

Il suffit d'avoir pris conscience de cette opposition entre nos tendances naturelles et les exigences de la moralité pour conclure au devoir de lutter contre la nature. D.

Mais la nature humaine ne se réduit pas à l'organisme et à un faisceau de tendances égoïstes.

Nous le constatons dans le jugement même qui condamne la nature et dans la décision de lutter contre elle : ce jugement et cette décision sont des actes de facultés naturelles, la raison et la volonté; si ces actes sont conformes à la moralité, la nature d'où ils émanent est elle aussi bonne ou du moins a du bon. Bien plus, c'est la raison et la volonté, et non le.

corps ou l'organisme, qui constituent notre nature spécifique. L'animal n'est qu'un organisme doué de sensibilité et, par suite, porté exclusivement vers son plaisir.

L'homme, au contraire, peut s'élever au-dessus du plaisir de l'instant et du plaisir personnel, jouir du plaisir des autres et même d'un ordre qui, loin de lui procurer aucun plaisir sensible, le fait souffrir.

Ce sont ces opérations qu'il convient d'attribuer à la nature humaine, les autres relevant de la nature animale à laquelle l'homme participe. E.

On comprend dès lors que la conformité à la nature puisse s'identifier avec la moralité.

La moralité est dans la soumission à la raison.

Mais la raison est la caractéristique essentielle de notre nature.

On peut donc prendre comme règle fondamentale de la conduite : Suis la nature.

C'est ainsi que les stoïciens la comprenaient, car pour eux "vivre conformément à la nature", c'était « vivre conformément à la raison".. »

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