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En quel sens peut-on parler d'une nature humaine ?

Extrait du document

« A.

Introduction La nature est, au sens étymologique du terme (natus, du verbe latin nascor : naître) l'état dans lequel naissent les hommes.

Parler de nature humaine, c'est donc faire référence à une essence qui, en nous, serait donnée et innée, et non point acquise.

De plus, cet état, s'il faut en croire l'intitulé du sujet, peut être posé comme immuable, non susceptible de transformation (identique), à travers les divers devenirs, les écoulements du temps, les changements continuels, qui transforment le présent en passé (les durées multiples). Le problème est alors de comprendre si la liberté humaine est possible lorsque l'homme est envisagé comme possesseur d'une nature humaine. B.

Discussion 1.

Thèse : la nature humaine conçue comme l'essence universelle de l'homme Le tout premier sens du mot nature est celui de cadre physique.

La nature est cet environnement végétal qui nous entoure, ce donné immédiat de notre existence.

Elle comprend les milieux où les individus se sentent à l'unisson avec les créatures qui les entourent, elle est peuplée d'êtres familiers. Mais, en une deuxième acception, l'idée de nature désigne une essence universelle de l'homme, un ensemble de caractères permanents, identiques, permettant de la définir en tout temps et en tous lieux.

Ainsi, l'homme serait possesseur d'un ensemble de caractères universels (la nature humaine), il serait un exemplaire particulier d'une « nature » ou « essence ».

Tous les individus, en toutes civilisations, relèveraient d'une même définition de base et posséderaient les mêmes qualités et le même « noyau ». Ce thème de la nature humaine n'a cessé de susciter l'interrogation, de Socrate jusqu'à la réflexion du xviiie et aussi du XIXe siècle, en passant par Montaigne et Pascal.

En fait, le fond humain universel s'identifie, bien souvent, à la ratio, à la raison conçue comme identique chez tous les hommes.

Chacun serait porteur d'une raison, noyau commun aux différents individus dans les diverses civilisations et les formes historiques.

Ainsi, l'idée de nature humaine semble inséparable d'une forme d'humanisme universaliste. Néanmoins, ce modèle de la nature humaine fait déboucher, bien souvent, les penseurs sur des contradictions.

Est-il possible de définir l'homme de manière abstraite et universelle ? La pensée contemporaine a remis en question ces évidences, et ce d'autant plus que les formes de la raison apparaissent fort diversifiées.

Les pouvoirs de la rationalité sont évanescents.

La raison descend, de nos jours, de son piédestal. 2.

Antithèse : l'homme est ce qu'il se fait Dès lors, ne faut-il pas répudier le concept de nature humaine ? Sartre, en particulier, a souligné qu'il y a, au moins, un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini : c'est l'homme.

Il n'est pas définissable et on ne saurait l'enfermer dans un concept.

Telle est la thèse, célèbre, développée dans L'existentialisme est un humanisme.

En effet, souligne Sartre, quand je conçois un objet particulier, l'essence, c'est-à-dire l'ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire, précède l'existence.

Mais, en ce qui concerne l'homme, on ne saurait parler de nature humaine puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir.

Si Dieu n'existe pas, aucune nature humaine n'est donnée préalablement à l'existence. « L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait...

L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur...

Rien n'est au ciel intelligible, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être » (Sartre, L'existentialisme est un humanisme, p.

22 et suiv., Nagel). Dès lors, il n'y a pas, dans cette perspective existentialiste, de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir et que l'homme est seulement un projet et une transcendance.

Aux yeux de Sartre, il y a, en réalité, incompatibilité radicale entre nature humaine universelle et liberté. Ainsi le concept de « nature » est liquidé par l'existentialisme athée, qui valorise la libre transcendance humaine. 1° Dieu n'est pas. 2° Il n'y a pas de nature humaine. 3° L'homme est libre. Ces trois propositions représentent les énoncés de base de l'existentialisme sartrien. 3.

Synthèse : la nature humaine comme base biologique modelée par la culture a) La nature, entité biologique Néanmoins, la pensée existentialiste demeure au stade de la scission, de la « dichotomie », puisqu'elle sépare radicalement deux manières d'être, la nature et la liberté, et puisqu'elle rejette la première sans être en mesure. »

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