Doit-on limiter le pouvoir de l'homme sur la vie ?
Extrait du document
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PROBLEMATIQUE DE L'ELEVE: Le pouvoir de l'homme sur la vie est double : il est à la fois technique (la biologie et ses applications)
et politique (la souveraineté et le droit de vie et de mort).
Or faire de la biologie, c'est faire d'un être vivant un objet.
Cela peut se
comprendre lorsqu'il s'agit d'expliquer le vivant comme phénomène biologique puisque le biologiste va avoir recours à des
connaissances en mathématiques, en physique et en chimie pour expliquer les phénomènes naturels de la vie.
Pourtant cette approche
pose problème si on se place du point de vue de la morale.
En effet, si l'être vivant est un homme, ne va-t-on pas lui manquer de
respect si on le traite comme un simple objet ? Demandez-vous alors qui peut être digne de respect.
On dit souvent que la nature doit
être respectée mais que vaut cette formule ? Au nom de quoi devrais-je respecter les arbres ou les animaux ? Le vivant aurait-il plus
de valeur que l'inorganique ? Tout porte à croire que c'est effectivement le cas, mais peut-on considérer à partir de là que le vivant,
dans son intégralité, est sujet au respect ? En fait, il faut montrer que si nous respectons les choses vivantes (en dehors de l'homme),
ce n'est pas parce qu'elles ont une valeur en soi, mais parce que nous nous respectons nous-mêmes.
En soi, il n'est pas immoral de
souiller la nature , mais c'est par rapport à nous-mêmes que ça l'est, ainsi que par rapport au monde que nous voulons laisser à nos
descendants (prise en compte de l'altérité ").
Or si le biologiste rencontre des préoccupations éthiques, ces préoccupations sont
évidemment encore plus aiguës lorsqu'il s'agit d'administrer une communauté.
Et Rousseau a montré que pour avoir la paix et la
sécurité, l'homme ne doit pas céder sa liberté et son droit à la vie.
Dès lors un souverain ne peut disposer de la vie du citoyen sous
prétexte qu'il est souverain.
Mais cela pose alors le problème de la peine de mort : n'y a-t-il pas des cas où la mort peut être méritée ?
[La pratique biologique et médicale actuelle permet de modifier le développement naturel du vivant.
Elle doit faire
l'objet d'un contrôle rigoureux.
Les possibilités actuelles des sciences permettent d'intervenir et de modifier les
processus naturels de la vie humaine.
Afin de prévenir les excès, il est impératif de fixer des limites éthiques et
juridiques au pouvoir de l'homme sur la vie.]
Des limites morales et juridiques sont nécessaires
Au lendemain de la guerre, on a constaté que les nazis avaient été capables d'utiliser des équipes de scientifiques et de
médecins pour réaliser un programme politique inhumain.
L'euthanasie aussi bien que la sélection à des fins raciales ont été
pratiquées.
La découverte de cette réalité a conduit les chercheurs à une réflexion morale sur l'utilisation de leurs découvertes.
Il
appartient au droit de légiférer et d'interdire l'utilisation abusive des découvertes de la science.
L'homme ne peut se substituer à la nature
Les progrès de la biologie et de la science permettent la procréation assistée et la sélection des gènes.
Les individus nés de
semences sélectionnées et de gènes sans défauts pourront demain être tous sains et forts.
Ce meilleur des mondes pose
cependant des problèmes éthiques.
Puisqu'il est possible de créer un individu selon des critères déterminés, le choix de ces
critères pose une question morale.
On peut imaginer un état dominateur qui utiliserait les possibilités de la biologie pour créer
des individus répondant aux critères de force physique et d'obéissance.
Les chercheurs se sont alarmés.
Ils ont fondé des
comités d'éthique qui réfléchissent sur la moralité des recherches.
[A travers la biologie et la médecine, l'homme cherche à augmenter ses chances de survie.
Il est absurde de vouloir
limiter son pouvoir sur la vie.
Vivre et être maître de son destin sont des désirs fondamentaux de l'homme.
Toute son
intelligence et son ingéniosité le conduisent à tenter de lutter contre le déterminisme naturel et contre la mort.
Il
serait absurde de limiter son pouvoir sur la vie.]
Le pouvoir sur la vie est aussi un pouvoir sur la mort
Le but essentiel de l'homme est de vivre le mieux possible.
Ce désir est primitivement enraciné dans l'homme comme instinct de
vie.
Les progrès de l'agriculture ont donné à l'homme un pouvoir plus grand sur la nature.
Ils ont permis de lutter contre les
famines.
La médecine rétablit une justice dans l'inégalité naturelle qui sélectionne les plus forts.
Les limites de la mort sont
repoussées.
Fallait-il limiter les expériences de Pasteur ? La question d'une limite au pouvoir de l'homme sur la vie semble
absurde.
L'homme, au contraire, développe toutes les possibilités de son savoir et de son ingéniosité pour augmenter ses
chances de survie et son bien-être.
L'homme veut être maître de sa vie
L'homme refuse que sa vie soit déterminée par le hasard.
En se rendant maître de la maladie ou en dominant une nature qui lui
était hostile, l'homme prend son destin en main.
Il refuse que sa vie soit déterminée par des éléments extérieurs sur lesquels il
n'aurait aucun pouvoir.
Par une plus grande maîtrise sur la vie, l'homme assume la responsabilité de sa propre vie.
Il ne s'en
remet ni au dieux, ni au hasard.
Réaliser soi-même son destin, c'est être libre.
Limiter le pouvoir sur la vie équivaudrait à limiter
la possibilité que l'homme s'offre de vivre libre..
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