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Au mois d'octobre 1750, paraissait le prospectus de l'Encyclopédie, Vous supposerez que Diderot, quelques semaines auparavant, écrit à Voltaire pour lui demander sa collaboration. Il lui montre la grandeur et l'utilité de ce dictionnaire raisonné des sci

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  • 1° CIRCONSTANCES : tout d'abord, il convient de se reporter à l'histoire de l'Encyclopédie et de ses vicissitudes. A l'origine, l'Encyclopédie, devait être une simple traduction française de l'Encyclopédie des Arts et des Sciences (1727) de l'Anglais Chambers, Le libraire Le Breton, après la mort de Sellius et l'abandon de Mills, ses deux premiers collaborateurs, confie le travail à Diderot (1745), qui s'adjoint d'Alembert en 1746. En 1750, Diderot publie le Prospectus; en 1751, paraissent les tomes I et II, précédés du Discours préliminaire de d'Alembert : la machine de guerre de la philosophie est en marche.
  • 2° STYLE. La difficulté principale de ce devoir est dans le ton à employer : c'est un philosophe qui écrit à un autre philosophe, mais les deux écrivains ne sont pas sur le même plan. En 1750, Diderot commence seulement à être célèbre. Sa Lettre sur les aveugles ( I 749) lui vaut à la fois un emprisonnement de trois mois à Vincennes, l'appui des philosophes et la popularité.

« Au mois d'octobre 1750, paraissait le prospectus de l'Encyclopédie, Vous supposerez que Diderot, quelques semaines auparavant, écrit à Voltaire pour lui demander sa collaboration. Il lui montre la grandeur et l'utilité de ce dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il lui explique comment l'ouvrage entier sera un monument élevé à la gloire de la raison humaine et comment il hâtera dans l'opinion publique la victoire des idées mêmes pour lesquelles combat Voltaire. Comprenons le sujet. 1° CIRCONSTANCES : tout d'abord, il convient de se reporter à l'histoire de l'Encyclopédie et de ses vicissitudes. A l'origine, l'Encyclopédie, devait être une simple traduction française de l'Encyclopédie des Arts et des Sciences (1727) de l'Anglais Chambers, Le libraire Le Breton, après la mort de Sellius et l'abandon de Mills, ses deux premiers collaborateurs, confie le travail à Diderot (1745), qui s'adjoint d'Alembert en 1746. En 1750, Diderot publie le Prospectus; en 1751, paraissent les tomes I et II, précédés du Discours préliminaire de d'Alembert : la machine de guerre de la philosophie est en marche. 2° STYLE. La difficulté principale de ce devoir est dans le ton à employer : c'est un philosophe qui écrit à un autre philosophe, mais les deux écrivains ne sont pas sur le même plan. En 1750, Diderot commence seulement à être célèbre. Sa Lettre sur les aveugles ( I 749) lui vaut à la fois un emprisonnement de trois mois à Vincennes, l'appui des philosophes et la popularité. Voltaire est déjà illustre, En 1749, il perd son amie, Mme du Châtelet, mais ne ralentit pas son activité littéraire. Depuis 1747, il compose des pamphlets contre le gouvernement de l'Eglise. (Des embellissements de la ville de Cachemire, 1750). Sollicité par Frédéric II, il se rend en Prusse et arrive à Potsdam en juillet 1750. Les lettres échangées par Diderot et Voltaire, à propos de l'Encyclopédie, sont nombreuses et doivent être utilisées; voici le début d'une réponse de Diderot (juillet 1766) : Monsieur et cher Maître, je sais bien que quand une bête féroce a trempé sa langue dans le sang humain, elle ne peut plus s'en passer ; je sais bien que cette bête manque d'aliment, et que, n'ayant plus de jésuites à manger, elle va se jeter sur les philosophes. Composons : introduction. Compliments à Voltaire pour ses œuvres si variées, mais toujours animées par le culte de la raison et la lutte contre la superstition (en 1750, Voltaire a écrit la plupart de ses tragédies, Zaïre, 1732, Les Lettres philosophiques, 1734, les Eléments de la philosophie de Newton, 1738, Zadig, 1747, le premier de ses contes philosophiques). 1° But de l'Encyclopédie : ce n'est pas un simple livre, de documentation, mais un exposé méthodique des progrès faits par la raison dans tous les domaines depuis que les savants et les philosophes ont secoué le joug de l'Eglise. Diderot se chargera lui-même de visiter les fabriques, de faire connaître à ses lecteurs la dignité du travail manuel. 2° Mais ni d'Alembert, ni Diderot ne pourront suffire à cette tâche immense; leur nom n'est pas assez connu du public pour que les lecteurs s'y intéressent; au contraire, l'appui de Voltaire décidera d'autres philosophes à collaborer et surtout éblouira le public; d'ailleurs, la lutte contre les préjugés sera prudente : les articles litigieux seront confiés à des plumes orthodoxes et c'est par une série de renvois que les critiques se ferom jour; les censeurs n'y verront rien. 3° Le succès de l'Encyclopédie ne sera pas la victoire d'un homme, mais le triomphe de la philosophie; jusqu'ici les philosophes ont combattu en ordre dispersé tandis que l'Eglise est unanime contre la raison; l'Encyclopédie ralliera les partisans des lumières et encouragera les hésitants. De plus, les esprits raisonnables de province pourront suivre les progrès des sciences et des arts jusqu'ici cantonnés à Paris : ainsi, toute la Nation ne fera qu'un corps animé par l'esprit de progrès pour leque1 Voltaire a rompu tant de lances. »

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