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Analyse linéaire ROMAN: : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans »

Publié le 13/04/2026

Extrait du document

« I – Un cadre bucolique qui détourne les codes lyriques (strophes 1 et 2) Le poème s’ouvre sur le vers célèbre : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans ».

Ce vers contient une diérèse sur « sé-ri-eux », qui met en valeur le mot et crée un effet ironique.

En effet, Rimbaud semble se moquer des adultes qui reprochent aux jeunes leur manque de sérieux. L’emploi du pronom indéfini « on » s’oppose au lyrisme traditionnel fondé sur l’expression du « je ».

Il donne au poème une dimension universelle : Rimbaud ne parle pas seulement de lui, mais de tous ceux qui ont 17 ans. Le présent est utilisé avec une valeur de vérité générale, ce qui renforce encore plus cette dimension d’universalité. Le deuxième vers marque le rejet des lieux d’amusements caractéristiques de la bourgeoisie avec l’interjection « foin des bocks et de la limonade ».

Le poète critique ainsi les habitudes des cafés bourgeois. Cette critique se poursuit avec l’expression « cafés tapageurs aux lustres éclatants », qui évoque un luxe artificiel et bruyant.

Rimbaud oppose ce monde superficiel à la simplicité de la nature. La versification participe également à cette volonté de renouvellement.

Bien que Rimbaud conserve les quatrains et les alexandrins, il introduit des enjambements, des tirets et un rythme plus souple qui brisent la rigidité de la poésie classique. Le cadre naturel apparaît ensuite avec « un beau soir » et « les tilleuls verts de la promenade ».

Les adjectifs valorisent la nature et créent une atmosphère paisible et agréable. Dans la deuxième strophe, le poète se laisse envahir par les sensations naturelles.

On observe une synesthésie, c’est-à-dire un mélange des sensations, mobilisant les quatre sens :  la vue avec les « tilleuls verts »  l’odorat avec les tilleuls qui « sentent bon »  le toucher avec l’adjectif « doux »  l’ouïe avec les « bruits » transportés par le vent Cette accumulation sensorielle crée une atmosphère harmonieuse et immersive. Cependant, la ville n’est pas complètement absente.

L’expression « la ville n’est pas loin » rappelle sa présence. Cette proximité montre que le poète oscille entre nature et vie urbaine. Cette opposition apparaît clairement dans le dernier vers de la strophe avec « les parfums de vigne », qui représentent la nature, et « les parfums de bière », qui évoquent la ville. II – L’apparition progressive du désir (strophes 3 et 4) La troisième strophe introduit l’apparition de la jeune fille grâce au présentatif « voilà que », qui crée un effet de surprise et attire l’attention du lecteur. La description est très visuelle et produit un effet d’hypotypose : la scène semble se dérouler sous les yeux du lecteur. Les participes passés (« encadré », « piqué ») et les couleurs (« azur sombre », « blanche ») renforcent l’impression d’un tableau. La répétition de l’adjectif « petit » (« tout petit chiffon », « petite branche », « petite et toute blanche ») souligne la fragilité et la délicatesse de la jeune fille. Rimbaud retarde volontairement le moment où il nomme la jeune fille.

Il commence par décrire la nature qui l’entoure, ce qui crée une impression d’harmonie entre la jeune femme et le paysage. L’expression « chiffon d’azur sombre » peut désigner le ciel mais aussi évoquer un morceau de tissu, ce qui crée une ambiguïté poétique. On remarque également une assonance en -on (« chiffon », « fond », « sombre », « frisson »), qui produit une harmonie sonore et traduit l’émotion du poète. Dans la quatrième strophe, le désir devient plus explicite.

Les exclamations.... »

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