Analyse linéaire Rimbaud Roman
Publié le 19/06/2026
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«
Roman analyse linéaire : Un cadre bucolique
Strophe 1
Le poème s’ouvre sur un vers très connu grâce à sa diérèse caractéristique.
L’accent central sur « sé-ri-eux » annonce immédiatement la légèreté du poète.
En effet, on peut imaginer la moquerie du jeune Rimbaud vis-à-vis des paroles
autoritaires l’adjoignant à plus de sérieux.
Comme un enfant imiterait en
caricaturant son père qui le gronde.
Ezoic
En dehors de cette fameuse diérèse, ce premier vers s’oppose déjà à la tradition
du lyrisme de première personne : le poème s’ouvre par le pronom indéfini « on
» qui annonce l’universalité du poème.
Cette universalité est confirmée par la reprise du pronom juste après dans le
complément circonstanciel « quand on a 17 ans ».
Le poète cherche à écrire pour
la jeunesse afin de légitimer sa quête de liberté.
Ajoutons à cela le fait que le présent est utilisé pour sa valeur de vérité générale,
et on comprend que Rimbaud se veut plus réaliste que lyrique dans ce début de
poème.
Pourtant, il va bien emprunter un par un tous les codes lyriques.
Ezoic
Le second vers annonce le rejet des lieux d’amusements caractéristiques de la
bourgeoisie.
C’est le sens de l’interjection rare « foin des bocks et de la limonade
»
Ce rejet s’exprime jusqu’à la versification.
On remarque par exemple le rejet du
complément du nom « Des cafés tapageurs aux lustres éclatants » au vers
suivant.
On peut lire dans ce procédé d’enjambement à la fois la confirmation du rejet de
tous les codes bourgeois par Rimbaud, mais aussi la volonté de secouer la fixité
des formes poétiques traditionnelles.
Ezoic
Rimbaud conserve le quatrain et l’alexandrin.
Pour autant, on ne peut pas dire
qu’ils soient traditionnels.
En témoignent l’adjonction de tirets comme au début
du deuxième vers ou du quatrième vers, voire plus tard, en milieu de vers, les
nombreux enjambements, mais aussi comme nous l’avons vu, la diérèse initiale.
Revenant au cadre du poème, Rimbaud installe donc une agréable atmosphère
bucolique : « un beau soir » ; « sous les tilleuls verts de la promenade ».
On constate que les adjectifs contribuent à montrer l’attrait des éléments
naturels pour le poète (adjectifs « beau » et « verts »).
Ezoic
De plus, ce dernier vers ne contient pas la césure traditionnelle de l’alexandrin, ni
le découpage en 4 x 3 syllabes.
Rimbaud semble proposer une version neuve,
plus naturelle de cette métrique célèbre.
Cependant, il rejette le conformisme bourgeois, qui s’éloigne de la beauté
naturelle pour un luxe artificiel, par l’exclamation « des cafés tapageurs aux
lustres éclatants ».
Strophe 2
Dans le premier vers de la deuxième strophe, le poète renouvelle le confort du
cadre bucolique.
On note la répétition de l’adjectif « bon », répétition suivie d’un
point d’exclamation qui connote la spontanéité du poète.
Ezoic
Le poète se laisse pénétrer par les sensations naturelles.
On remarque un effet
de synesthésie par la mobilisation de plusieurs sens : la vue des « tilleuls vert »,
l’odorat car ils « sentent bon », le toucher par l’emploi de l’adjectif « doux » et
enfin l’ouïe par les « bruits » transportés par le vent.
Toutefois, le poète n’oublie pas la ville.
Il la mentionne alors qu’il « ferme la
paupière » : « la ville n’est pas loin ».
Ce n’est pas une présence menaçante,
mais plutôt rassurante.
La jeunesse a besoin des deux.
D’ailleurs cette hésitation entre la ville et la campagne est représentée par une
opposition sémantique dans le dernier vers entre les « parfums de vigne »
(nature) et les « parfums de bière » (ville).
Ezoic
Ainsi, dans ce premier mouvement, Rimbaud dresse un cadre lyrique somme
toute assez traditionnel, dans la nature, mais déjà avec un jeu sur la forme
poétique qui annonce un refus du conformisme.
Roman analyse linéaire : Arrivée du désir
Strophe 3
Après avoir permis au lecteur de ressentir le cadre bucolique, le poète veut
maintenant montrer, dépeindre.
On constate un procédé d’hypotypose, une description très précise qui donne
l’impression au lecteur de voir de ses propres yeux ce qui est décrit.
Ezoic
D’abord, le présentatif « voilà que » introduit la description du tableau, ensuite,
les participes passés et les couleurs confirment cet univers pictural : « encadré
» ; « piqué » ; « azur sombre » ; « blanche ».
Au centre de ce tableau : une jeune fille, dont la candeur est accentuée par la
répétition et la déclinaison de l’adjectif “petit” dans la strophe : « un tout petit
chiffon » ; « une petite branche » ; « petite et toute blanche ».
On sent que le poète considère d’abord cette vision comme précieuse et fragile,
qu’il ne souhaite pas la brusquer grossièrement.
Ezoic
D’ailleurs, il ne nomme pas directement la femme, mais mentionne d’abord la
nature qui se transforme à son contact : le ciel est « un tout petit chiffon d’azur
sombre », mais le chiffon ne pourrait-il pas être également le tissu de la robe de
la jeune fille ?
Toujours sans nommer la jeune fille, Rimbaud fait sentir au lecteur le plaisir de
sa vision à l’aide d’une assonance en -on : « chiffon » ; « fond » ; « sombre » et
« frisson ».
Ainsi, la vision amoureuse lyrique est remplacée d’abord par une impression
diffuse de plaisir et d’harmonie avec la nature.
Ezoic
Notons l’enjambement avec le rejet du complément du nom « d’Azur sombre »,
terme épique se rapprochant de la poésie traditionnelle.
Le rejet est donc significatif puisque lui est préféré le nom prosaïque « chiffon ».
Rimbaud préfère la spontanéité de la jeunesse à l’exagération lyrique
traditionnelle.
Strophe 4
Au début de cette strophe, le poète se laisse envahir par le plaisir qu’il ressent à
contempler secrètement une jeune femme, en témoignent les deux exclamations
nominales : « Nuit de juin ! Dix-sept ans ! ».
Ezoic
La forme passive de la phrase qui suit « on se laisse griser » vise à rappeler au
lecteur le plaisir de se laisse porter par ses sensations plutôt que d’agir selon des
codes conformistes.
Toujours dans l’idée de proposer au lecteur une expérience universelle et
naturelle, Rimbaud emploie la métaphore de l’ivresse : « La sève est du
champagne et vous monte à la tête ».
C’est à la fois un moyen d’opposer le bonheur naturel (la sève) et le bonheur
artificiel (le champagne), et un moyen de suggérer une certaine tension sexuelle,
le désir ardent du jeune poète représenté par la sève qui monte.
Ezoic
D’ailleurs, les points de suspension à la fin de ce vers et du quatrième vers
peuvent suggérer l’abandon, donc l’idée que les sensations prennent le dessus
sur les mots.
La sensualité se fait plus assumée dès l’arrivée du terme « un baiser ».
La
proposition subordonnée relative en position de rejet au vers suivant « qui
palpite là » suggère le battement anarchique d’un cœur entraîné par le désir.
Enfin, la comparaison finale avec la “petite bête” offre au lecteur l’image d’un
désir animal, mais surtout entêtant, impossible à faire partir, comme un insecte
insaisissable qui revient sans cesse.
Ezoic
Ainsi, dans cette strophe, le poète installe de manière diffuse le désir.
On
comprend qu’il contemple non plus seulement la nature, mais également une
femme et qu’il se laisse envahir par un flot varié de sensations.
Pourtant, même si la structure reste lyrique avec le cadre bucolique et le désir, le
poète se plait à faire attendre le personnage féminin, à ne pas nommer
directement le sentiment amoureux, et à refuser le « je ».
Roman analyse linéaire : Jeu de séduction
Strophe 5
La cinquième strophe s’ouvre sur une ode à la liberté, une ode à l’amour, à la
passion et à la littérature.
Ezoic
D’abord, le « cœur fou » représente le coup de foudre.
Le verbe inventé par
néologisme à partir du personnage de Robinson Crusoé « robinsonne » évoque la
liberté et l’aventure, et les « romans » placent la littérature comme un espace de
liberté.
Notons que le poète refuse toujours la première personne.
Il ne dit pas « Mon
cœur fou », mais « Le cœur fou », donc il continue de décrire une expérience
universelle.
Au deuxième vers, le tiret annonce un événement important.
Le poète va sortir
de la transe sensationnelle qu’il décrit à la vision d’une « demoiselle aux petits
airs charmants ».
Ezoic
On remarque l’hypallage « à la clarté d’un pâle réverbère » : est-ce la lumière du
réverbère qui est pâle, ou bien plutôt le teint de la jeune femme ?
Toujours, Rimbaud refuse de tomber dans l’exagération caractéristique du
lyrisme traditionnel.
À la place, il utilise des adjectifs simples et courants pour
décrire la beauté naturelle de la femme : « petits » ; « charmants ».
Pourtant, la voie n’est pas complètement libre pour le jeune homme car la
demoiselle apparaît « sous....
»
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