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Analyse linéaire n°15 : Arrias dans Les Caractères.

Publié le 22/11/2022

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« Séquence 4 Analyse linéaire n°15 : Arrias dans Les Caractères. Introduction Dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, Louis XIV règne sans partage sur le royaume de France.

Le monarque concentre dans ses mains tous les pouvoirs et, traumatisé par la Fronde, il déplace la Cour à Versailles pour pouvoir empêcher toute conspiration contre lui. Son mode de gouvernement crée bien des bouleversements à la Cour, et certains moralistes qui la fréquentent observent et transcrivent les travers de leurs contemporains.

Bien qu’il ne fréquente pas Versailles directement et qu’il ne soit pas aristocrate de naissance, Jean de La Bruyère connaît bien le monde de la noblesse puisqu’il est précepteur de Louis de Bourbon. Cette charge lui permet de mener à terme son projet littéraire des Caractères, une vaste galerie de portraits qui critique les défauts de ce microcosme, publiée en 1688.

Dans la section “De la société et de la conversation”, le satiriste dresse le portrait à charge d’Arrias, un personnage fictif arrogant et verbeux (= qui parle trop).

Par le biais de ce portrait, La Bruyère tourne en dérision un comportement contraire à l’idéal de l’honnête homme. Projet de lecture : Comment le moraliste prend-il appui sur le personnage d’Arrias pour fustiger (=critiquer) les travers d’une société fondée sur l’hypocrisie et les faux-semblants ? Mouvements du texte : 1er mouvement, l.

1-3 : le moraliste introduit le portrait d’Arrias par quelques phrases qui esquissent sa vanité de manière abstraite. 2ème mouvement, l.

3-13 puis, subtilement, il glisse vers le portrait en action du personnage en mettant son travers en scène lors d’un repas en société. 3ème mouvement, l.

13-fin : enfin, il achève ce fragment sur une chute comique qui ridiculise publiquement Arrias. Grands enjeux du texte à prouver : - L’anti-portrait d’Arrias qui est aussi un portrait en action. Le registre satirique qui découle de cet anti-portrait : LB peint le portrait d’un homme qui se ridiculise de lui-même en société. Le registre didactique qui découle du satirique : LB nous montre comment être un honnête homme en exposant son exact contraire. Le registre comique qui parachève (= qui termine en beauté) la satire : le comique se trouve surtout dans le rebondissement/la révélation à la fin du fragment. Le caractère extrêmement maîtrisé de cette écriture : c’est un fragment, donc, vu - que c’est court, les mots doivent être choisis avec grand soin et chaque phrase doit être quasi parfaite. Les stratégies de discours qu’Arrias utilise pour convaincre son auditoire de son mensonge : argument d’expérience, jeu d’acteur, tente d’être drôle etc. La dimension théâtrale de ce fragment dans lequel Arrias joue un rôle (comédien et public de ses propres blagues). Quelques procédés intéressants à compléter des vôtres le jour J : ● “Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi (...)” : parallélisme de construction entre “a tout lu” et “a tout vu” -> ce parallélisme pointe déjà du doigt l’arrogance d’Arrias, car avoir tout lu et tout vu est par définition impossible.

On peut comprendre cette phrase comme un propos d’Arrias qui se vante, propos rapporté par le moraliste, ce qui fait déjà entendre sa parole avant même que nous la lisions au discours direct plus loin dans le texte. Ainsi, avant même que l’auteur la lui donne, la parole d’Arrias sature déjà le texte alors qu’il n’a encore rien dit ! ● “Il veut le persuader ainsi” : cette deuxième moitié de la phrase fonctionne en miroir avec la première -> elle montre la réalité derrière la façade.

Le verbe au présent “veut” est intéressant à ce titre : il indique qu’Arrias n’est peut-être pas si habile que cela à persuader son auditoire qu’il est savant (“vouloir” ne veut pas dire “y parvenir” !).

Donc, dès le début du fragment, Arrias passe pour un personnage ridicule, qui ne trompe que lui-même et qui s’aveugle sur sa capacité à dissimuler. ● “On parle à la table d’un grand d’un cour du Nord” : emploi intéressant du pronom “on” -> souvent très flou, ce pronom permet ici d’inclure le lecteur dans la scène que l’auteur va présenter, et donc de participer au portrait d’Arrias.

C’est un peu comme.... »

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