analyse linéaire: Monsieur Prudhomme
Publié le 24/02/2026
Extrait du document
«
Monsieur Prudhomme
Accroche : Rencontre Bouvard et Pécuchet sur le banc (attitude et pensées identiques)
Intro : C'est le premier poème publié par Verlaine, alors âgé de 19 ans et c'est aussi l'un
des rares poèmes satiriques des Poèmes saturniens.
Par l'invention d'un bourgeois
caricaturé sous les traits d'un personnage de Molière, Verlaine avec sa lyre mélancolique
nous décrit la condition sociale douloureuse du poète.
La poésie est un genre riche de
possibilités, pouvant tout aussi bien magnifier la beauté ou des sentiments profonds
qu'être comme dans ce poème un chant social opposant les poètes assimilés à des êtres
barbus, en marge de la société, aux bourgeois profondément matérialistes et plus
préoccupés par leur réussite matérielle que par les arts et les lettres.
Le poème est un
sonnet en alexandrins.
Problématique : Comment Verlaine fait-il la satire de la bourgeoisie à partir du portrait
de Monsieur prudhomme?
Plan : I/ Caricature physique (1e quatrain)
II/ Caricature morale (2e quatrain et les deux tercets)
I-
Caricature physique du bourgeois
Le portrait physique de Monsieur prudhomme s'ouvre sur une remarque générale sur ce
qu'il dégage : il est qualifié de "grave", adjectif aussitôt justifié ironiquement à l'aide des
deux points qui introduisent la cause :
Monsieur Prudhomme est conscient de sa fonction : il est "maire" et ne peut
qu'adopter une attitude en lien avec cette profession.
Il est "père de famille", donc il a charge d'âmes, ce qui le rend d'autant plus
sérieux.
Bien sûr, il nous faut noter l'humour de Verlaine qui joue sur l'homonymie
maire/ mère - d'autant plus que le nom "maire" est en relief à la césure - , ce qui
fait presque de Monsieur Prudhomme un être asexué dès lors qu'il est mère et
père ! Une autre homonymie peut être relevée : père / pair (pair de France =
statut politique)
Verlaine s'amuse avec ce personnage imbu de lui-même
Le vers 2 est l'occasion de mieux décrire l'apparence de Monsieur Prudhomme : il
porte un faux col qui le ridiculise d'autant plus qu'il "engloutit son oreille".
(cf
« sous l’ombre du faux col effrayant de son père », Roman) Cette hyperbole fait
basculer le sonnet du côté de la caricature.
L'humour ressort d'autant plus que la fin du vers 2 est marquée par la présence
d'un contre-rejet, "ses yeux", suivis de l'enjambement du vers 3.
Cet enjambement
est l'occasion de montrer que Monsieur Prudhomme est un personnage
déconnecté de la réalité mais surtout un personnage centré exclusivement sur luimême.
C'est ce que semble dénoncer la diérèse "in-sou-ci-eux" : il n’est tourné
que vers son propre et égoïste confort, et non pas vers les autres.
Ce portrait physique glisse des yeux à un élément particulier, les pantoufles, symboles
d'un confort bourgeois.
Le contraste entre la poéticité associée au "printemps en fleurs"
et cet élément purement matérialiste, les pantoufles, amuse le lecteur.
II-
Une vision antipoétique du monde
Le mépris du poète
Monsieur Prudhomme rejette tout ce qui compose une vision poétique du monde ainsi
que la nature :
Accumulation de questions rhétoriques dans 2e quatrain : conformisme ridicule,
vision sclérosée de la nature fondée sur un ensemble de stéréotypes que souligne
la régularité monotone de l’ alexandrin aux vers 5 et 6.
Fausses questions : il est
totalement indifférent à la Nature !
Clichés, lieux communs et procédés pauvres : périphrase figée « astre d'or »,
adjectif de couleur inutile « verts », image stéréotypée de « la charmille » avec les
oiseaux qui chantent, association rebattue « printemps en fleurs » = PARODIE de
la seule poésie qui pourrait être comprise par cette bourgeoisie imbécile, héritage
appauvri du romantisme et qui reste pourtant étrangère au bourgeois lui-même
comme l'exprime la tournure faussement interrogative « que lui fait ...? que lui
font....? »
Effet d'attente de ces questions qui aboutissent à la chute au vers 8: M.
P songe à
marier sa fille ! Indifférence à la Nature, seule préoccupation patriarcale : bien
marier sa fille.
Aux vers 4 et 14, Verlaine se moque de ce bourgeois, incapable de poésie, qui
n'apprécie de la nature que le reflet de celle-ci sur ses ...
pantoufles: « Et le
printemps en fleurs sur ses pantoufles brille ».
Au vers 14, le vers 4 est repris avec une inversion entre « pantoufles » et « brille
»: met en évidence la détestation du bourgeois pour tout ce qui est poétique au
profit d'un confort matériel pantouflard.
Ce changement au dernier vers accentue
la caricature satirique : le poème se termine par l'évocation de cet habit qui
traduit la vie étriquée du bourgeois pantouflard.
Un homme à blâmer
La....
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