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corpus 1 absurdité de la guerre hlp terminal

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BILAN de la question d’ESSAI : Comment les écrivains dénoncent-ils le non-sens et l’absurdité de la violence guerrière ? Dans ce corpus romanesque, la violence guerrière apparaît …. Les choix romanesques mettent en relief cette absurdité et cette irréalité grâce … … irréelle / lointaine / abstraite - Incompréhension horrifiée de Bardamu (CELINE) - Sentiment d’irréalité des fléaux pour le Dr Rieux (CAMUS) - Déshumanisation de la mort assimilée à une fiction par Sol (HUSTON) … absurde / illogique / sans signification - Mort inévitable qui rend absurde la poursuite de la guerre (CELINE) - Règne du hasard, plus de distinction entre le Bien et le Mal (DIOP) 1. À la plongée dans l’esprit d’un personnage confronté à la violence, qui traduit sa subjectivité et son regard individuel, ce qui permet l’identification du lecteur 2. Au statut différent des personnages face à la violence guerrière qui permet au lecteur de se projeter dans différents rôles : a) Tantôt acteur qui y participe activement (DIOP) b) Tantôt acteur passif (CAMUS, CELINE) c) Tantôt témoin lointain (HUSTON) 3. A l’expression des émotions de ces personnages : a) naïveté, incompréhension, surprise (CELINE, HUSTON) b) Lucidité désabusée (DIOP, CAMUS) Ce qui surprend, c’est l’absence de colère et de révolte : La violence guerrière de masse est trop inhumaine, trop innomable pour être saisie à l’échelle individuelle OUVERTURE PHILOSOPHIQUE : L’abdéritisme : Défini par KANT dans Le Conflit des facultés, c’est une vision de l’Histoire qui n’est ni optimiste (croyance dans le progrès), ni pessimiste (croyance dans la décadence/la régression), mais qui considère l’Histoire comme une répétition indéfinie du même, une stagnation éternelle. On peut retrouver cette idée dans le mythe de Sisyphe, illustrant l’Absurde et développé par Camus. II) Prolongement : Violence dans le cinéma de guerre Le cinéma de guerre esthétise-t-il la violence ? L’esthétisation de la violence peut-elle avoir des fonctions éthiques ? ► Extrait n°1 : « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola (1979) Le ballet infernal des hélicoptères https://www.youtube.com/watch?v=nZ_zNUmr8fM En pleine guerre du Vietnam, le capitaine Willard est recruté par la C.I.A. pour retrouver et neutraliser le colonel Kurtz devenu hors de contrôle et sanguinaire. Le capitaine Willard obtient l’aide de l’imprévisible colonel Kilgore qui l’escorte avec sa flotte d’hélicoptères et qui en profite pour mener un raid aérien sur un village vietnamien, au son de la « Chevauchée des Valkyries » de Wagner. [Ceci correspond à une pratique réelle menée par les Américains au Vietnam, qui jouaient, au moyen de gros haut-parleurs, des musiques occidentales, notamment du rock ; la démarche est appelée « PsyOps » : chaque attaque était mise en scène et accompagnée de musique pour terroriser les habitants].

« HLP Tle - Thème II / Chapitre 2 : Histoire et Violence CORPUS n°1 : L’absurdité de la guerre QUESTION n°1 : Comment les écrivains dénoncent-ils le non-sens et l’absurdité de la violence guerrière ? Texte 1 : Louis-Ferdinand CELINE, Voyage au bout de la nuit, 1932. Céline s’inspire de sa propre expérience de la Première Guerre Mondiale, à laquelle il a participé en tant que médecin. Dans ce roman, il met en scène Ferdinand Bardamu, un homme ordinaire qui découvre l’absurdité de la violence guerrière. 1 5 10 15 20 25 30 Extrait de l'adaptation du roman par Tardi Décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade apocalyptique. On est puceau de l'Horreur comme on l'est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy (1) ? Qui aurait pu prévoir, avant d'entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes? A présent, j'étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c'était arrivé. Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu'il déchirait ensuite menu (2), les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d'elles, il n'y avait donc l'ordre d'arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d'en haut qu'il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne (3) ? Qu'on s'était trompé ? Que c'était des manœuvres pour rire qu'on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J'en aurais fait mon frère peureux de ce garçon-là ! Mais on n'avait pas le temps de fraterniser non plus. Donc pas d'erreur ? Ce qu'on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n'était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu'on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C'était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort (4), les fiançailles, la chasse à courre ! … Rien à dire. Je venais de découvrir d'un coup la guerre tout entière. J'étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l'étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d'allumer la guerre entre nous et ceux d'en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc (5). Et il n'était pas près de s'éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole (6) qu'il semblerait être, et sa carne (7) ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d'en face lui passerait entre les deux épaules. Il y a bien des façons d'être condamné à mort. Ah ! Combien n'aurais-je pas donné à ce moment- là pour être en prison au lieu d'être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c'était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c'est des mots. Si seulement j'avais encore eu le temps, mais je ne l'avais plus ! Il n'y avait plus rien à voler ! (1) La Place Clichy : place parisienne, dans un quartier populaire. (2) menu : emploi adverbial : en petits morceaux. (3) maldonne : terme utilisé dans les jeux de cartes pour désigner une erreur de distribution (mauvaise donne) (4) le tirage au sort : méthode utilisée pour la conscription : on tirait au sort pour savoir si on allait à la guerre ou pas. (5) la lampe à arc : lampe qui s’allume par la mise en contact de deux électrodes où se forme un arc éléctrique. (6) mariole : argot : fanfaron, fier. (7) une carne : argot : viande coriace. »

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