Catégorie : Philosophie
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Marx: Production et idéologie
Thème 476 Marx: Production et idéologie 1. L'existence sociale de l'homme L'homme, selon Marx (Contribution à la critique de l'économie politique), se distingue des autres animaux par la production de ses propres moyens de subsistance. À la base de l'existence concrète de l'homme, il y a donc la production. C'est pourquoi l'homme en général, séparé, isolé, n'existe pas. Il n'existe que socialement, c'est-à-dire dans une société donnée, à un moment de l'histoire, et entretenant avec les autres h...
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Pascal: Un monde défait
Pascal: Un monde défait 1. Le vertige pascalien Pascal peut, à juste titre, être qualifié de penseur du vertige : entre l'infiniment petit et l'infiniment grand auxquels respectivement microscope et télescope lui donnent accès, l'homme est livré à un déséquilibre incessant, tant il est vrai qu'il ne dispose pas d'un sol assuré pour ordonner un monde qui n'est pas à sa mesure. « Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini...
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Bergson: La durée
La science considère le temps et l'espace comme des milieux homogènes, cad comme un cadre vide au sein duquel les choses et les événements prendraient place comme dans un repère orthonormé. L'homogénéité, c'est l'absence de toute qualité. Or, Bergson va montrer que ce qui caractérise la conscience de la durée, c'est précisément l'expérience d'un changement qualitatifs de nos états intérieurs. La durée vécue ne se mesure pas. L'aiguille de l'horloge ne fait que parcourir un espace. Cet espace par...
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Descartes: La technique met-elle la nature au service de l'humain ?
L'idée de la liberté dans le travail paraît problématique, puisque celui-ci semble l'activité imposée par excellence, celle qu'on ne décide pas, ou dont on ne décide que dans des bornes très précises qu'il ne nous revient pas de fixer. Toutefois, c'est par le travail que l'homme se rend maître de la nature, qu'il s'agisse de son environnement extérieur ou de sa propre nature humaine. Par son travail, l'homme produit des objets, et d'abord des outils qui lui permettent de transformer le monde et...
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Saint Augustin: Les deux cités
1. La critique de la cité païenne Dans La Cité de Dieu (livre XIX), saint Augustin critique la définition du peuple donnée par Cicéron dans La République : « Une multitude rassemblée par l'acceptation d'une loi dans la participation à un bien commun. » À cette conception, qui conduit à idolâtrer l'État et à sacraliser un pouvoir qui n'est que temporel, saint Augustin oppose l'idée que ce qui fait l'unité véritable des membres d'un peuple est l'accord sur ce qu'ils aiment. 2. « Deux amours ont fa...
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La méthode socratique
Thème 495 La méthode socratique L'oracle de Delphes consulté par Chérophon, ami de Socrate, avait affirmé que Socrate était le plus sage des hommes. Que veut-il signifier par là ? Socrate, respectueux de la parole du dieu, entreprend d'interroger les Athéniens les plus réputés pour leur sagesse et découvre, lors de cette enquête, qu'aucun ne possède de véritable savoir. Lui, par contre, l'emporte sur eux tous en cela seulement que, ne sachant rien, il ne croit pas non plus savoir. Son art d'inte...
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Descartes: La science
Descartes: La science 1. Une science certaine La science peut donc partir de nos idées. Nos idées d'extension, mais aussi de figures et de mouvements, nous permettent de connaître les corps. Ainsi, ce qui règle la nature, je peux le découvrir à l'intérieur de ma pensée, a condition de ne considérer que mes propres opérations quand je pense et la relation entre mes idées. Ainsi, en géométrie, au lieu de travailler sur des figures représentées en image, il convient de travailler sur les équations...
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Sigmund Freud: L'homme est-il
naturellement violent ?
PRESENTATION DU "MALAISE DANS LA CIVILISATION" DE FREUD Freud (1856-1939) propose ici une réflexion sur la dimension tragique de la condition humaine. Pour cerner l'origine du « malaise » de l'homme civilisé, il s'appuie sur l'hypothèse, introduite dans Au-delà du principe de plaisir (1920), d'un dualisme fondamental du psychisme humain, divisé entre les pulsions de vie (pulsions sexuelles et d'autoconservation) et les pulsions de mort (pulsions d'autodestruction et d'agressivité). L'interprétat...
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L'état de nature chez Hobbes
Thème 503 L'état de nature chez Hobbes • L'état de nature : c'est l'état où l'on suppose que les relations des hommes entre eux sont laissées à la libre initiative de chacun. Alors «l'homme est un loup pour l'homme». En effet, l'homme, en l'absence de toute socialisation, peut être conçu comme un mécanisme mû par le désir : est bon ce qui lui procure du plaisir, mauvais ce qui lui nuit. Il est animé jusqu'à la mort d'un désir perpétuel de puissance, mais cette avidité à jouir de la vie, les aut...
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Sartre: La conscience est-elle d'abord conscience de soi ?
VOCABULAIRE SARTRIEN: Essence : au sens traditionnel : ce qu'est une chose, sans quoi elle ne serait pas ce qu'elle est. Est conçue dans les philosophies essentialistes comme préalable à l'existence effective. Dans l'existentialisme, l'essence de l'homme est toujours rejetée au-delà de tous ses projets. Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de partir du cogito (« Je pense, donc je suis », Descartes, Méditations métaphysiques, II). Mais Sartre sous-tend le cogito réf...
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Leibniz: La monade
Leibniz: La monade RAPPEL: LA MONADE CHEZ LEIBNIZ Ce terme renvoie à l'unité spirituelle élémentaire dont tout ce qui existe est composé. La monade est à la métaphysique ce que le point est à la géométrie à la fois unique et en nombre infini. Il n'y a pas chez Leibniz de dualisme (d'un côté l'âme et de l'autre l'esprit). Mêmes les minéraux ou les végétaux possèdent une dimension spirituelle ! Il y a des monades douées de mémoire chez les animaux, des monades douées de raison comme chez les homme...
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Spinoza: Religion et politique
Spinoza: Religion et politique 1. La critique des Écritures Se fonder sur la seule autorité de l'Écriture n'est pas connaître Dieu, mais faire acte de superstition. La religion n'a pas pour fonction de gouverner les consciences. La liberté de penser et de parler n'est pas un obstacle à la piété ni même à la paix de l'État, car la fin de l'association politique n'est pas la domination mais la liberté. Pour cette raison, la démocratie est le meilleur des régimes.. 2. Le conatus Nul être, animal ou...
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L'empirisme chez Locke
Thème 513 L'empirisme chez Locke La connaissance humaine a son origine dans la sensation : «Il n'y a rien dans l'intelligence qui n'ait d'abord été dans les sens». Contre Descartes, Locke entreprend de prouver qu'il n'y a pas d'idées innées dans l'esprit humain. « Supposons qu'au commencement l'âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères sans aucune idée quelle qu'elle soit : Comment vient-elle à recevoir les idées? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité...
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Leibniz: L'harmonie préétablie
Leibniz: L'harmonie préétablie RAPPEL: LA MONADE CHEZ LEIBNIZ Ce terme renvoie à l'unité spirituelle élémentaire dont tout ce qui existe est composé. La monade est à la métaphysique ce que le point est à la géométrie à la fois unique et en nombre infini. Il n'y a pas chez Leibniz de dualisme (d'un côté l'âme et de l'autre l'esprit). Mêmes les minéraux ou les végétaux possèdent une dimension spirituelle ! Il y a des monades douées de mémoire chez les animaux, des monades douées de raison comme ch...
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Montaigne: L'ignorance s'oppose-t
-elle à la vérité ?
Comme l'a montré Platon, il faut faire un effort, une sorte de pari, pour penser la vérité, pour concevoir l'idée d'une vérité qui serait autre chose qu'une simple opinion parmi d'autres. Une telle idée semble naître de deux sources. D'abord, nous sommes toujours contraints de comparer nos idées à celles des autres, si bien qu'on en vient naturellement à se demander s'il n'existerait pas une mesure extérieure aux diverses considérations exprimées, une mesure fiable et connaissable, capable de dé...
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Kant: La révolution copernicienne
Thème 467 Kant: La révolution copernicienne Dans la Critique de la Raison Pure, Kant compare sa méthode à celle de Copernic. Le savant polonais mit enfin l'astronomie sur la voie de la science moderne lorsqu'il plaça le soleil au centre de son astronomie et en délogea la Terre (héliocentrisme). Kant compare le décentrement opéré par Copernic au sien propre: jusqu'alors, on a cherché à résoudre le problème de la connaissance en faisant tourner le sujet autour de l'objet. Décentrons l'objet, repla...
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Auguste Comte: Le but de la science
est-il la réussite technique ?
" Science, d'où prévoyance : prévoyance, d'où action ; telle est la formule très simple qui exprime, d'une manière exacte, la relation générale de la science et de l'art, prenant ces deux expressions dans leur acception totale. Mais malgré l'importance capitale de cette relation, qui ne doit jamais être méconnue, ce serait se former des sciences une idée bien imparfaite que de les concevoir seulement comme les bases des arts, et c'est à quoi malheureusement on n'est que trop enclin de nos jours....
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« Ce n'est pas la conscience qui
détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience» - Marx
Thème 523 « Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience» - Marx « Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience» : critique de l'homme abstrait des philosophies traditionnelles; les idées des hommes s'expliquent par leurs conditions matérielles. L'homme entretient avec ses semblables des rapports économiques dans la domestication de la nature, des rapports d'intérêts, mais si cette vérité n'apparaît pas, c'e...
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L'homme est bon par nature, c'est
la société qui le corrompt (Rousseau)
Thème 515 L'homme est bon par nature, c'est la société qui le corrompt (Rousseau) Cette idée maîtresse recouvre bien des ambiguïtés. On peut l'interpréter comme une condamnation radicale de toute société qui dépravant l'homme le rendrait malheureux. Et ce sera la postérité romantique de Rousseau qui exaltera l'individu incompris. Le Werther de Goethe appartient à cette lignée. Mais pour Rousseau, il ne faut pas l'entendre dans un sens aussi radical. La Société n'est pas corruptrice par essence,...
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Primauté de l'expérience sur la
méthode chez Aristote
sens de la vie. Thème 496 Primauté de l'expérience sur la méthode chez Aristote Un voyageur a besoin de deux instruments seulement, une boussole - osons un anachronisme -, afin de se diriger malgré son ignorance du terrain, et une carte, afin d'identifier les lieux en les rapportant à d'autres déjà connus. S'il ignore où il se trouve, le voyageur ainsi équipé n'a pas à s'interroger longtemps : à coup sûr, si quelque chose ne va pas, c'est soit du côté de la méthode (boussole déréglée) soit du c...