Catégorie : Philosophie
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Rousseau et le sujet
Le penchant de l’instinct est indéterminé. Un sexe est attiré vers l’autre, voilà le mouvement de la nature. Le choix, les préférences, l’attachement personnel sont l’ouvrage des lumières*, des préjugés, de l’habitude ; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d’amour, on n’aime qu’après avoir jugé, on ne préfère qu’après avoir comparé. Ces jugements se font sans qu’on s’en aperçoive, mais ils n’en sont pas moins réels. Le véritable amour, quoi qu’on en dise, sera toujours...
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SPINOZA: «Cette méthode pour
interpréter sûrement la Bible, loin d'être différente de la méthode
qui sert à interpréter la nature, lui est au contraire parfaitement
conforme.»
PRESENTATION DU "TRAITE THEOLOGICO-POLITIQUE" DE SPINOZA Dans la deuxième moitié du xviie siècle, le durcissement des sectes religieuses fait planer l'ombre de l'intolérance sur la ville d'Amsterdam, jusqu'alors réputée pour sa libéralité. La situation réveille les consciences philosophiques : Spinoza (1632-1677) abandonne provisoirement l'Éthique pour défendre la liberté de pensée. Il montre que foi et raison sont dissociées, « l'une et l'autre ont leur royaume propre » (XV). Pour examiner les...
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Freud: L'inconscient
Thème 482 Freud: L'inconscient 1. Une hypothèse nécessaire Les rêves, les symptômes des névrosés, les lapsus montrent que la conscience est lacunaire. On ne peut les expliquer lorsqu'ils surviennent. L'idée fondamentale de Freud est que tous ces phénomènes ne sont pas des effets du corps sur l'esprit, mais des expressions d'un sens. Ils ne doivent pas être expliqués pat` des causes extérieures au psychisme, mais être interprétés. Une fois dit qu'ils sont interprétables, il est nécessaire de supp...
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Rousseau: «...Je n'imagine pas
comment [les hommes] auraient jamais renoncé à leur liberté primitive
et quitté la vie naturelle, pour s'imposer sans nécessité
l'esclavage, les travaux, les misères inséparables de l'état
social.»
Thème 416 Rousseau: «...Je n'imagine pas comment [les hommes] auraient jamais renoncé à leur liberté primitive et quitté la vie naturelle, pour s'imposer sans nécessité l'esclavage, les travaux, les misères inséparables de l'état social.» Face à l'argument aristocratique qui prétend distinguer des natures plus ou moins serviles, Rousseau défend un principe d'égalité des libertés. Il critique explicitement Aristote (I, 2) qui aurait confondu ce qui relève de la nature et de l'habitude : « s'il y...
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Spinoza et la liberté
Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés. On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir. On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienfaits, au point qu'il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu'au sien propre. Lorsqu'on impose sa puissance de la prem...
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Sigmund Freud: Le moi s'identifie-
t-il à la conscience ?
"L'hypothèse de l'inconscient est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires : aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade, [...
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La connaissance : l'âme est
matérielle, composée d'atomes (Epicure)
La connaissance : l'âme est matérielle, composée d'atomes (Épicure) • La connaissance : l'âme est matérielle, composée d'atomes, mais elle ne peut subsister seule ; elle est protégée par un corps plus solide, elle permet la sensation. Chaque corps émet par sa surface une multitude de petites images, de simulacres faits à sa ressemblance. Ces simulacres flottent dans l'espace où ils se déplacent : ce sont eux qui pénètrent en nous par nos sens pendant la veille, qui s'introduisent par les pores d...
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ARISTOTE: «Comme la politique utilise
les autres sciences pratiques, qu'elle légifère sur ce qu'il faut
faire et éviter, la fin qu'elle poursuit peut embrasser la fin des
autres sciences, au point d'être le bien suprême de l'homme.»
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y opère...
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Soren Kierkegaard: A quoi sert la
vérité ?
"Ce qui me manque, au fond, c'est de voir clair en moi, de savoir ce que je dois faire, et non ce que je dois connaître, sauf dans la mesure où la connaissance précède toujours l'action. Il s'agit de comprendre ma destination, de voir ce que Dieu au fond veut que je fasse; il s'agit de trouver une vérité qui en soit une pour moi, de trouver l'idée pour laquelle je veux vivre et mourir. Et quel profit aurais-je d'en dénicher une soi-disant objective, de me bourrer à fond des systèmes des philosop...
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Locke: Tolérance et souveraineté
Thème 453 Locke: Tolérance et souveraineté 1. Le rôle de l'État Dans une Angleterre politiquement et religieusement très instable, Locke défend la tolérance, qui, selon lui, est conforme à l'Évangile mais également à une saine politique. L'État doit s'occuper de la paix, la sécurité et l'intérêt publics, mais pas du salut des âmes, c'est-à-dire de la religion de chacun. La liberté de jugement de chacun, au fondement de toutes les autres libertés, n'est pas concevable sans la tolérance en matière...
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DESCARTES: «Le bon sens est la chose
du monde la mieux partagée...»
Thème 358 DESCARTES: «Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée...» PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l'incertitude de l'école et de ses livres jusqu'à la fondation inébranlable du cogito et des fruits qui en découlent. Descartes (1596-1650) prend ses distances avec le long héritage aristo...
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RoussEAu: «Malheur à qui n'a plus
rien à désirer.»
Le désir est une force positive «Malheur à qui n'a plus rien à désirer.» Rousseau, La Nouvelle Héloïse (1761). • Contre l'ascétisme des philosophies rationalistes, Rousseau fait dire à Julie (le personnage de son roman) la beauté et la force du désir amoureux: le désir est paradoxal, car d'un côté il consiste à tendre vers un but, mais de l'autre, il se suffit à lui-même. En effet, celui qui accomplit son désir connaît en même temps que la satisfaction une sorte de déception. • L'affirmation de...
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ARISTOTE: «Il appartient au
naturaliste de parler de l'âme et d'en avoir la science, et, sinon de
toute l'âme, du moins de ce qui fait de l'animal ce qu'il est.»
ARISTOTE: «Il appartient au naturaliste de parler de l'âme et d'en avoir la science, et, sinon de toute l'âme, du moins de ce qui fait de l'animal ce qu'il est.» Il y a dans les êtres vivants un principe immatériel de cohésion et de mouvement : l'âme. «Il appartient au naturaliste de parler de l'âme et d'en avoir la science, sinon de toute l'âme, du moins de ce qui fait de l'animal ce qu'il est.» Aristote, Des parties des animaux (Ive siècle av. J.-C.). • Pour Aristote, ce qui fait la spécificit...
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Les degrés de la connaissance chez
Spinoza
Thème 511 Les degrés de la connaissance chez Spinoza « Je prie les lecteurs de distinguer soigneusement entre une idée, autrement dit un concept de l'esprit, et les images des choses que nous imaginons. Il est nécessaire aussi de bien faire la distinction entre les idées et les mots par lesquels nous désignons les choses ». La connaissance humaine comporte trois degrés : Le premier (connaissance du premier genre) est purement empirique, c'est la connaissance par ouï-dire, par expérience vague, p...
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DESCARTES: «Connaissant la force et
les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux [...]
nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels
ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de
Thème 357 DESCARTES: «Connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux [...] nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.» PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l...
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La liberté et l'histoire chez Kant
Thème 521 La liberté et l'histoire chez Kant La liberté paraît d'abord une pure illusion dans l'expérience quotidienne des passions : « C'est plus fort que moi » ; j'appartiens à la nature, je suis pure « marionnette ou automate de Vaucanson ». Une expérience cruciale conduirait à reconnaître que nous ne sommes pas mûs mécaniquement par des forces extérieures à nous. Même lorsque ma vie est en jeu, le plus bas degré de la liberté autorise encore un calcul réfléchi des plaisirs et des peines : je...
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Sartre: Existence et essence
Thème 492 Sartre: Existence et essence Essence : ce qui fait qu'un être est, sa raison d'être, ou ce sans quoi il ne serait pas. L'essence d'un triangle est d'avoir trois angles. Existence : c'est le fait d'être là, de surgir dans le monde et d'avoir à assumer cette présence. 1. L'angoisse et la mauvaise foi La découverte de son infinie liberté provoque chez l'homme, qui ne peut s'appuyer sur aucune autorité extérieure, un sentiment d'angoisse. C ontrairement à la peur, qui est toujours peur d'u...
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SPINOZA: «On dirait qu'ils
conçoivent l'homme dans la nature comme un empire dans un empire...»
« L'homme n'est pas un empire dans un empire » (III, préface) La proposition qui vise le statut de l'homme a pour toile de fond une critique de la nature conçue comme un empire que Dieu régirait en maître. Les deux illusions sont conjointes : il s'agit de rectifier et la pensée de Dieu et celle de la personne humaine. Dieu n'est pas une personne, et l'homme ne se gouverne pas non plus selon les décrets d'une volonté libre de toute détermination. Si l'homme n'est pas un « empire », c'est qu'il es...
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ARISTOTE: «L'homme est un animal
politique.»
La formation de la société est dans la nature de l'homme. «L'homme est un animal politique.» Aristote, Les Politiques (Ive siècle avant J.C.). • La célèbre formule d'Aristote va plus loin que la simple affirmation d'une sociabilité de l'homme. Il ne suffit pas de dire que l'homme aime la compagnie de ses semblables, ou qu'il en a besoin pour repousser les bêtes sauvages. Pour Aristote, l'organisation en «cité» (État) est le te/os de l'homme, son but naturel. C'est pourquoi Aristote va jusqu'à di...
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Platon: L'État doit-il se conformer au droit ?
D'un côté, la société semble subie : les règles et coutumes sont léguées par la tradition, les sociétés antérieures, que nous n'avons pas choisies. D'un autre côté, elle résulte de l'action humaine, elle est instituée : les lois qui organisent les affaires humaines proviennent de la décision des hommes, ce qui implique qu'ils agissent librement dans la société. Bien entendu, ce second caractère sera d'autant plus effectif que le citoyen possède la possibilité de participer au processus de décisi...