Catégorie : Philosophie
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MALEBRANCHE: Qu'on ne s'imagine pas avoir peu avance si on a seulement appris a douter.
MALEBRANCHE : APPRENDRE À DOUTER Comme le notait Alain, il manque à la pensée fanatique « cette pointe de diamant, le doute, qui creuse toujours ». Il faut donc apprendre à douter : Malebranche nous y invite, dans la perspective inaugurée par le doute de Descartes, ce doute systématique et méthodique qui ouvre à la certitude du "Je pense", à la conscience inébranlable d'une vérité absolument indubitable. « Qu'on ne s'imagine pas avoir peu avancé si on a seulement appris à douter. Savoir douter...
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Sigmund Freud: Le moi s'identifie-t-il à la conscience ?
"L'hypothèse de l'inconscient est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires : aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade, [...
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Jean-Paul SARTRE: « si Dieu n'existait pas, tout serait permis »
Dostoïevski avait écrit : « si Dieu n'existait pas, tout serait permis ». C'est là le point de départ de l'existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher. Il ne trouve d'abord pas d'excuses. Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n'y a pas de détermi...
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Heidegger: Le rapport de l'art et de la vérité
Heidegger: Le rapport de l'art et de la vérité Heidegger a posé la question de l'origine de l'oeuvre d'art : celle-ci est avant tout une chose. Une peinture est avant tout un tableau, présenté d'exposition en exposition, ou siégeant dans un musée. Mais Heidegger distingue trois types de choses : la chose naturelle, l'outil (défini par son utilité) et l'oeuvre. Aristote a montré qu'une chose se compose d'une matière (hylè) qui reçoit une forme (morphé, eidos). Par sa matière, l'oeuvre d'art est...
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«On ne fait pas ce que l'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est» - SARTRE
Thème 526 «On ne fait pas ce que l'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est» - SARTRE VOCABULAIRE SARTRIEN: Liberté : ce n'est pas une propriété parmi d'autres de l'homme, c'est l'étoffe même de son existence, qui renvoie à cette indétermination (« l'existence précède l'essence ») et à cette ouverture aux possibles qui caractérisent la réalité humaine. Selon une formule récurrente de Sartre, « l'homme est condamné à être libre ». De cette liberté découle sa responsabilité. Elle s...
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Aristote et l'amitié
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y op...
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Jean-Paul SARTRE: Autrui, une menace pour ma liberté ?
Ma chute originelle, c'est l'existence de l'autre... Existence : c'est le fait d'être là, de surgir dans le monde et d'avoir à assumer cette présence. Sur la question d'autrui, Sartre souligne que seul Hegel s'est vraiment intéressé à l'Autre, en tant qu'il est celui par lequel ma conscience devient conscience de soi. Son mérite est d'avoir montré que, dans mon être essentiel, je dépends d'autrui. Autrement dit, loin que l'on doive opposer mon être pour moi-même à mon être pour autrui, « l'être-...
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Epicure et Dieu
"En premier lieu, regarde la divinité comme un être immortel et bienheureux, ce qu'indique déjà la façon ordinaire de la concevoir. Ne lui attribue rien qui soit en opposition avec son immortalité ou incompatible avec sa béatitude. Il faut que l'idée que tu te fais d'elle contienne tout ce qui est capable de lui conserver l'immortalité et la félicité. Car les dieux existent et la connaissance qu'on en a est évidente, mais ils n'existent pas de la façon dont la foule se les représente. Cel...
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Epicure: L'expérience impossible de la mort
"Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation; or la mort est la privation complète de cette dernière. Cette connaissance certaine que la mort n'est rien pour nous a pour conséquence que nous apprécions mieux les joies que nous offre la vie éphémère, parce qu'elle n'y ajoute pas une durée illimitée mais nous ôte au contraire le désir d'immortalité. En effet, il n'y a plus d'effroi dans la vie pour celui qui a réellement co...
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Aristote: Puisqu'on doit connaitre l'existence de la chose...
"Puisqu'on doit connaître l'existence de la chose comme quelque chose de donné, il est évident que ce qu'on cherche, c'est pourquoi la matière est telle chose. Par exemple : ces matériaux sont une maison, pourquoi ? Parce que à ces matériaux appartient la quiddité de la maison. On dira de même que cette chose-ci est un homme, ou plutôt ce corps possédant telle forme est un homme. De sorte que ce que nous recherchons, c'est la cause (c'est-à-dire la forme), en raison de laquelle la matière est qu...
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Montaigne: L'ignorance s'oppose-t-elle à la vérité ?
Comme l'a montré Platon, il faut faire un effort, une sorte de pari, pour penser la vérité, pour concevoir l'idée d'une vérité qui serait autre chose qu'une simple opinion parmi d'autres. Une telle idée semble naître de deux sources. D'abord, nous sommes toujours contraints de comparer nos idées à celles des autres, si bien qu'on en vient naturellement à se demander s'il n'existerait pas une mesure extérieure aux diverses considérations exprimées, une mesure fiable et connaissable, capable de dé...
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Saint Augustin: Lorsqu'on déclare voir l'avenir...
" Lorsqu'on déclare voir l'avenir, ce que l'on voit, ce ne sont pas les événements eux-mêmes, qui ne sont pas encore, autrement dit qui sont futurs, ce sont leurs causes ou peut-être les signes qui les annoncent et qui les uns et les autres existent déjà : ils ne sont pas futurs, mais déjà présents aux voyants et c'est grâce à eux que l'avenir est conçu par l'esprit et prédit. Ces conceptions existent déjà, et ceux qui prédisent l'avenir les voient présentes en eux-mêmes. Je voudrais faire appel...
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Aristote: Le bonheur comme le souverain Bien
PRESENTATION DE L' "ETHIQUE A NICOMAQUE" DE ARISTOTE Au regard de la tripartition du savoir classique dans l'Antiquité (logique, physique et éthique), l'Éthique à Nicomaque constitue l'oeuvre la plus aboutie de la partie éthique. En délimitant le champ des affaires humaines par exclusion de la nature et du divin, elle constitue le premier effort pour penser l'action humaine de manière immanente et autonome et lui reconnaître ainsi une positivité ontologique. Aristote (384-322 av. J.-C.) y opère...
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Nietzsche: Peut-on concevoir une société sans État ?
VOCABULAIRE: SANS: A l'exclusion de, exprime l'absence. ÉTAT: 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État:...
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Nietzsche: La volonté de puissance
La volonté de puissance et le surhomme dans la philosophie de Nietzsche De quoi la création des valeurs est-elle la manifestation ? Nietzsche répond : de la volonté de puissance. Il ne faut pas comprendre cette notion au sens de « volonté de dominer les autres ». La volonté de puissance est, chez Nietzsche, un principe ontologique : tous les êtres sont animés d'une volonté de puissance. Elle peut s'exprimer à travers des forces actives, affirmatives ou à travers des forces réactives, négatives....
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Hobbes: L'état de nature
Thème 444 Hobbes: L'état de nature 1. L'égalité naturelle entre les hommes Tous les hommes sont égaux par leur force et leur intelligence : si je suis moins fort, je puis m allier avec d'autres faibles, ou bien ruser pour l'emporter contre celui qui est apparemment plus fort que moi ; je suis également persuadé d'être plus malin que mon voisin, mais lui aussi est persuadé de la même chose. O r il n'y a pas de meilleur signe d'égalité que lorsque chacun est satisfait de sa part. 2. Les conséquen...
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Montaigne: Barbarie et sauvagerie
Texte à commenter : « Or je trouve [...] qu'il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ; comme de vrai il semble que nous n'avons autre mire de la vérité et de la raison que l'exemple et idée des opinions et usances du pays ou nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, le parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelion...
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STUART MILL: L'objet de cet essai...
Introduction P our expliquer ce texte de M ill, extrait de l'introduction à De la liberté , on partira de ce qu'on pourrait peut-être appeler le point aveugle du texte, à partir duquel ses enjeux s'expliciteront. En effet, comment légitimer la c ontrainte, c'es t-à-dire le fait d'agir, individuellement ou collectivement, pour empêcher autrui d'agir, dès lors que l'on postule c omme fondement de la théorie politique la liberté d'agir, c 'est-à-dire le droit souverain de ne pas être contraint ? C...
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DESCARTES et le mécanisme
"Je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l'agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop...
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Bergson: La philosophie et la science
La science a peut-être toujours eu l'ambition de tout expliquer. Au temps de Bergson, le scientisme, doctrine qui prétend tout réduire à des explications physico-chimiques, dominait jusqu'aux sciences de l'esprit. Convaincu de la valeur de la science quant à la matière, Bergson entend réserver la science de l'esprit à la philosophie, renouvelée par une méthode rigoureuse : l'intuition. 1. Méthode philosophique de l'intuition A. L'intuition et l'intelligence • Les choses forment une matière une...