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Vivre ensemble est-ce se priver de liberté ?

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« Introduction -L'homme, comme l'affirme Aristote (Politique, I, 2), est un animal politique, en ce sens qu'il doit vivre en communauté pour réaliser pleinement son être. -Or, le vivre-ensemble se ressaisit lui-même comme une totalité, à partir du moment où se fonde un état politique de droit qui institue des lois contraignantes. C'est à partir de ce moment que le champ de liberté de chacun est limité par celui de chacun des autres citoyens. Le citoyen fait ainsi l'apprentissage de la limitation de sa liberté individuelle. -Ressaisir son individualité dans son appartenance à une communauté politique implique-t-il le renoncement à sa liberté intrinsèque ? La contrainte politique et sociale ne peut-elle pas constituer, à son tour, une forme de liberté spécifique à la citoyenneté ? I. Vivre ensemble, c'est aliéner sa liberté à un être tiers posé comme arbitre absolu ; mais là est la condition pour atteindre une forme supérieure de liberté (Hobbes). -L'état naturel est caractérisé par un état de guerre perpétuel : "Homo homini lupus", l'homme est un loup pour l'homme. Dans cet état, c'est la loi du plus fort qui règne entre les hommes, et de ce fait chaque individu se trouve sur le qui-vive, personne n'est jamais tranquille. Cet état d'instabilité permanente dessert les intérêts concrets des individus, qui vont décider d'abandonner le droit du plus fort, par simple calcul pragmatique. « Le peuple romain, peu équitable envers les rois à cause de la mémoire des Tarquins et des institutions de la cité, disait, par la bouche de Caton le Censeur, que tous les rois appartenaient à l'espèce des animaux rapaces. Mais le peuple romain lui-même, qui a pillé presque toute la terre par les Africains, les Asiatiques, les Macédoniques, les Achaiques et tous les autres citoyens dont le surnom venait des nations spoliées, quelle formidable bête était-il donc ? C'est pourquoi Pontius Telesinus n'a pas parlé moins sagement que Caton. Au moment du combat contre Sylla près de la Porte Colline, parcourant les rangs de son armée, il cria qu'il fallait raser et détruire Rome elle-même et ajouta qu'il y aurait toujours des loups pour ravir la liberté de l'Italie si la forêt dans laquelle ils avaient coutume de se réfugier n'était pas abattue. Et il est également vrai de dire que l'homme est un Dieu pour l'homme et que l'homme est un loup pour l'homme. La première formule vaut si nous comparons les citoyens d'une même cité, la seconde si nous comparons les cités. Là, en pratiquant la justice et la charité, les vertus de la paix, on accède à la ressemblance de Dieu ; ici, à cause de la dépravation des méchants, même les gens de bien doivent recourir, s'ils veulent se protéger, aux vertus de la guerre, la force et la ruse, c'est-àdire la rapacité des bêtes sauvages. Cette rapacité, les hommes se l'imputent mutuellement à outrage, à cause d'une coutume née avec eux qui leur fait se représenter leurs actions dans la personne des autres comme dans un miroir où ce qui est à gauche est estimé à droite et ce qui est à droite est estimé à gauche, mais pourtant le droit naturel qui dérive de la nécessité de se préserver ne permet pas qu'elle soit un vice. » Hobbes, « De Cive » . « Homo homini Lupus ». La formule donne lieu à des contresens: on oublie que Hobbes commence par « Homo homini Deus » ; on croit que les rapports d'hostilité entre les cités et entre les hommes sont dus au loup qui sommeille en chacun. Or, dans l'analyse de l'état de guerre, la bestialité est conséquence et non cause: autant les armes humaines surpassent celles des bêtes, « autant l'homme surpasse en rapacité et en fureur les loups, les ours et les serpents (dont la rapacité ne va pas au-delà de la faim et qui ne s'abandonnent à la fureur que si l'on les irrite), lui qui a faim même de la »

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