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Toute connaissance est-elle démonstrative ?

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« La connaissance se définit par l'activité par laquelle l'homme prend acte des données de l'expérience et cherche à les comprendre ou à les expliquer.

La connaissance parfaite d'une chose, en ce sens est celle ne laisse rien d'obscur ou de confus dans la chose connue, qui ne rien en dehors d'elle . La démonstration se définit, elle, en un raisonnement au moyen duquel la vérité de la conclusion est établie selon des raisonnements, à partir de prémisses.

La démonstration est donc un processus, un raisonnement qui conduit à la conclusion.

Il faut souligner que dans le mot démonstration on retrouve la racine "monstration"( montrer) qui signifie que le but d'une démonstration est de montrer une vérité à un public, de la rendre acceptable et vraie pour tous. Dès lors, comment une connaissance ne pourrait-elle pas être démonstrative puisqu'elle tend à être vraie pour tous? Mais tous les objets de la réalité peuvent-ils faire l'objet d'une démonstration? 1.

La démonstration rend valide toute connaissance, elle en garantit la certitude Pour comprendre ce qu'est une connaissance, il faut comprendre ce qui la distingue de l'opinion.

Cette dernière représente une absence de recherche, un endormissement de la pensée et n'est pas fondée sur la raison, donc dépend d'un système de valeur. La connaissance vraie se veut alors universelle, éternelle et cherchée selon les principes de raison. La connaissance est alors démonstrative d'abord dans ce qu'elle résulte d'une élaboration de l'esprit qui s'interroge sur les causes et les effets.

Or comme nous l'avons vu, la démonstration permet de trouver une conclusion qui fonctionne sur le principe de la loi de causalité- chaque étape découlant nécessairement de la précédentes- et selon un raisonnement. De plus, la démonstration prétend établir définitivement ce qui doit être nécessairement et elle s'adresse à tous. La connaissance est alors toujours démonstrative, dans la mesure où elle entend atteindre l'universalité, la vérité définitive.

Si elle ne l'était pas, nous devrions toujours reprendre à zéro les recherches scientifiques. Cependant, il faut reconnaître que la démonstration vient à l'origine des mathématiques et de la géométrie et qu'elle s'applique à des nombres ou à des formes dans un système prédéfini. 2.

Toute connaissance ne peut être démonstrative Ce modèle valable pour la physique a longtemps été un idéal pour toutes les autres disciplines.

Au point que la qualité même de science augmentait avec le pouvoir de quantification et le pouvoir de démonstration.

Toutefois dès que l'on sort d'un certain type d'objet, comme les phénomènes physiques, il apparaît difficile de généraliser le modèle de la démonstration.

Démontrer suppose en effet qu'on s'appuie sur des objets et des termes toujours identiques à eux-mêmes, comme par exemple le nombre.

Mais beaucoup de phénomènes résistent à un tel traitement et notamment les phénomènes humains. De plus, dans la démonstration, Pascal affirme que l'on ne peut pas tout démontrer et qu'il est nécessaire d'admettre des vérités premières indémontrables.

Descartes en effet, stipule qu'il faut toujours partir des évidences claires et distinctes.

Cela voudrait dire qu'il existe des connaissances qui n'ont pas besoin ou qui ne peuvent être démontrer. On peut par exemple posséder une connaissance en art, sans pouvoir démontrer à quoi tient la beauté d'une oeuvre. Pour Pascal, c'est le coeur qui nous apprendre les vérités premières et c'est pourquoi il a écrit dans Ses pensées " nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le coeur; c'est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes." PASCAL: « [Les géomètres] se perdent dans les choses de finesse, où les principes ne se laissent pas ainsi manier.

On les voit à peine, on les sent plutôt qu'on ne les voit...» Il y a un esprit de finesse distinct de l'esprit de géométrie. « [Les géomètres] se perdent dans les choses de finesse, où les principes ne se laissent pas ainsi manier.

On les voit à peine, on les sent plutôt qu'on ne les voit; on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d'eux-mêmes : ce sont choses tellement délicates et si nombreuses, qu'il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir...

» Pascal, Pensées (1670). • Le fait qu'il faille interpréter le monde qui nous entoure suppose que celui-ci a un sens, mais ce sens se dérobe à une saisie immédiate.

L'interprète essaie d'être objectif, son interprétation lui paraît la bonne, mais elle n'est «qu'» une interprétation, parmi d'autres possibles.

Cette particularité de l'interprétation impose de recourir à l'«esprit de finesse» tel que Pascal l'oppose à l'«esprit de géométrie». • Face aux problèmes de la vie (les rapports humains par exemple, avec leurs passions et leurs contradictions), on ne dispose pas de principes universellement reconnus; et même si on les avait, on n'aurait souvent pas le temps d'y réfléchir.

C'est là qu'intervient «l'esprit de finesse», c'est-à-dire une capacité à interpréter, en quelque sorte plus vite que la pensée rationnelle, sans avoir de principes fixes, mais sans que cela nous empêche de comprendre le sens de ce qui se passe.. »

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