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Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?

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« Introduction On se rappelle l'idée fondamentale de Spinoza selon laquelle le désir est l'essence de l'homme : « Toute chose s'efforce (autant qu'il est en son pouvoir) de persévérer dans son être » (Ethique, L.

III).

On comprend par là même que le désir constitue fondamentalement l'être de toute chose.

Cependant, on verra dans le désir une marque véritablement humaine, en ce sens que seul l'homme est conscient de ses désirs, à la différence de l'animal par exemple dont l'appétit n'a pas conscience de lui-même.

Ainsi l'homme est un être de désir.

Par lui, il s'ouvre au possible, à la réalité en tant qu'il y prend part de manière partielle ou totale.

Il est par conséquent de l'ordre de la nature humaine d'être en perpétuel dialogue avec le désir, inhérent à l'existence qui ne souffre que pour autant qu'elle reste en quête de sa satisfaction.

Ainsi, le désir est-il le moteur essentiel en l'homme vers une compréhension toujours plus claire de l'essence absolue, ou l'ancre-t-il à jamais au point douloureux de sa misérable condition ? I.

Désirs vains et désir d'absolu a.

Parce que le désir est manque, et dans la mesure où il est manque, le bonheur, nécessairement, est manqué. C'est pourquoi Calliclès, quoi qu'il en dise, ne sera jamais heureux (Gorgias, 491 sq.), ni personne dans ce monde. Calliclès en effet préconise une satisfaction immédiate des désirs.

Il est représentatif du thème de l'insatiabilité des désirs, l'homme doit pouvoir satisfaire ses désirs en toute impunité et sans entraves.

Voilà pour Calliclès le devoir d'un homme vertueux.

Le bonheur, pour Platon, est d'outre-tombe et suppose qu'on fuit, dès ici-bas, de ce monde dans l'autre.

Dès lors, si le désir est manque, je manque toujours de ce que je désire (or le manque est une souffrance), et je ne désire jamais ce que j'ai (puisque le désir est manque).

Tantôt, donc, je désire ce que je n'ai pas, et j'en souffre ; tantôt j'ai ce que dès lors je ne désire plus.

On désire ce qu'on n'a pas, donc on ne désire plus ce qu'on a – qu'on désirera à nouveau si on le perd.

Souffrance du manque, indifférence de la possession, horreur du deuil... La vue ferait le bonheur de l'aveugle (puisqu'elle lui manque), mais échoue à faire le nôtre (puisque nous voyons).

Et la mort ou la fuite d'un être cher, lui rendant soudain son urgence et son prix, semble briser un bonheur que sa présence pourtant était incapable de donner...

Le piège est terrible où nous sommes enfermés : la vue ne pourrait rendre heureux (pour combien de temps ?) que des aveugles, et l'amour, comme passion, que des amants malheureux.

Comment désirer ce qu'on a ? Comment ne pas souffrir de ce qui manque ? Il n'y a pas d'amour heureux, ni de bonheur sans amour : il n'y aurait alors pas de bonheur du tout. b.

Le désir serait en son fond, désir d'éternité.

Le corps, par principe voué à la mort (périssable), ne peut permettre à l'homme de s'épanouir vers l'absolu.

Comme l'indiquait déjà cette formule de Pythagore, que Platon reprendra à son compte : « le corps est le tombeau de l'âme ».

Aussi, le véritable bonheur, le savoir absolu, l'immortalité de l'âme, sont un unique désir (celui de la vérité) qui incombe à la recherche philosophique, à la perfection de l'âme.

Le corps ainsi est un frein pour l'âme dans sa quête d'absolu : « Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec cette chose mauvaise, jamais nous ne possèderons en suffisance l'objet de notre désir » (Phédon, 66b-66e ).

Le corps est donc, comme l'indique Platon dans ce texte, une cause majeure dans le ralentissement vers la sagesse, puisqu'il s'attache trop souvent aux biens terrestres, ou inessentiels.

Il faut savoir tirer son âme vers le haut, aspirer aux modèles de toute vertu, de toute vérité, à savoir les Idées.

Car il y a deux mondes chez Platon, le monde sensible, celui des représentations erronées et vulgaires, et le monde intelligible, ou monde des Idées, incarnation divine de la perfection.

Et le véritable amour (qui ressort d'un détachement de l'âme par rapport au corps), celui qui transporte l'âme vers les biens les plus éternels, nourrira par l'enthousiasme qu'il entraîne le désir le plus important, le désir de vérité.. »

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