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qu'est-ce que se conduire raisonnablement ?

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« Parties du programme abordées : Le désir.

Les passions. — Le jugement. — La volonté. Analyse du sujet : Un sujet très classique demandant une définition de la conduite raisonnable.

C'est donc dans la discussion de ce terme que réside avant tout le problème.

Peut-on le prendre au sens trivial de convenable, satisfaisant, ou faut-il l'entendre au sens philosophique de conforme à la Raison ? Conseils pratiques : Soyez attentifs à l'expression «reconduire» et à l'affirmation qu'elle suppose de l'autonomie de la volonté.

Tirez-en les conséquences. Bibliographie : Aristote, Éthique à Nicomaque, Garnier-Flammarion. Kant, Critique de la raison pratique, PUF. Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, Delagrave. Difficulté du sujet : ** Nature du sujet : Classique. [Introduction] L'homme est, par définition, depuis Aristote, un animal doué de raison, un animal raisonnable.

Mais sommes-nous raisonnables comme nous sommes bipèdes ? Qu'est-ce que ce « raisonnable » quand nous pouvons aussi déraisonner ? Car l'homme peut être ou ne pas être raisonnable : est-il dans ce cas en contradiction avec sa nature d'homme ? Être raisonnable, est-ce seulement disposer naturellement de la raison ? Ne s'agit-il pas plutôt de savoir en user et de se conduire de telle sorte que nos actions soient jugées raisonnables ? Cet exercice de la raison ne demande-t-il pas un apprentissage ? [I.

L'homme est naturellement doué de raison] La raison est le critère universel qui distingue l'homme de l'animal.

Cette raison qui nous différencie de tous les autres êtres vivants, Kant la définit comme le pouvoir des principes.

La raison exprime en nous notre pouvoir de connaître et de juger, de prendre nos distances par rapport à notre environnement.

Dans le Discours de la méthode (chap.

1), Descartes écrit : « La puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ». Être rationnel, c'est se conformer à la raison.

L'homme, pour connaître, a besoin du discours cohérent, de cette mise en ordre raisonnée et méthodique : le logos grec signifie tout à la fois le « discours », la « raison ».

Cette mise en ordre permet la maîtrise des passions ( raison) pour mieux juger et agir. Si l'homme a besoin de la raison raisonnée pour connaître, en quel sens en a-t-il aussi besoin pour se conduire dans la vie ? Être raisonnable, c'est donc non seulement être doué de raison, mais c'est surtout agir sagement pour ne vouloir que ce qui est en notre pouvoir. Mais l'homme est un être de désir tout autant que de raison, et c'est pourquoi il désire plus qu'il ne peut et qu'il devient ainsi déraisonnable.

Se conduire raisonnablement est donc un choix qui prend en compte le réel et qui compose avec lui.

C'est un choix qui présuppose que l'homme est capable de dominer ses passions, ses pulsions.

On peut dire que c'est un choix qui, en quelque sorte, idolâtre la raison. [II.

Être raisonnable est-ce agir prudemment ?] Il s'agit dès lors de savoir comment se comporter pour atteindre le bonheur.

Descartes met l'accent sur la nécessité de ne pas être importuné par le quotidien.

Et cela pour deux motifs : 1.

pour être heureux le plus possible ; 2.

pour progresser dans la connaissance. Il faut donc se comporter de telle manière que la vie sociale soit légère et que mon attitude n'attire pas l'attention. Les trois maximes cartésiennes (Discours, III) mettent en place cette morale provisoire qui permet de vivre avec les autres en attendant la vraie morale, celle que l'on n'atteindra qu'après avoir franchi les divers obstacles de la connaissance ; cf.

la célèbre métaphore de l'arbre dans Les Principes de la philosophie, Préface : « La philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent du tronc toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale : j'entends la plus haute et la plus parfaite morale qui, présupposant une entière reconnaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.

» Pour se conduire raisonnablement, il faut donc « obéir aux lois et aux coutumes de mon pays » (Discours de la méthode, 1er maxime), « être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais » (2' maxime), « tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune et à changer mes désirs que l'ordre du monde » (3' maxime). Vivre en accord avec les autres, vivre en accord avec sa conscience, vivre en accord avec le monde : voilà une première définition de la conduite raisonnable, une définition centrée sur un sujet tout-puissant grâce à la bonne utilisation de la raison, donnée également à tous les hommes. Cette définition rappelle la définition stoïcienne de la sagesse qui consiste à ne vouloir que ce qui dépend de moi et rien d'autre ; l'accord avec la nature – l'homme étant un microcosme dans le macrocosme –, pour le reste, est. »

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