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Quelles perspectives l'étude proprement psychologique des tendances nous ouvre-t-elle sur la vie morale ?

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« Introduction : Une tendance est une détermination de la subjectivité qui commande un comportement.

La psychologie étudie des tendances : les causes du désir, de la dépression...

On peut dire en général que la psychologie étudie toutes les tendances qui déterminent notre comportement.

La psychologie apporte des connaissances qui semblent remettre en cause l'autorité de certaines valeurs traditionnelles.

En étudiant le psychisme elle révèle les conditions du bien être psychique.

Or le bien être psychique est une des fins premières de la morale, la psychologie des tendances apporte donc beaucoup à la morale. Mais on peut considérer que la morale a pour fin première la liberté.

La liberté ne consiste pas à suivre ses tendances mais à les orienter et à en créer de nouvelles pour atteindre des fins.

La psychologie peut aider la liberté par la connaissance qu'elle donne de tendances, mais elle peut aussi lui faire obstacle.

En effet, la liberté n'est pas une tendance et la psychologie peut considérer qu'elle n'existe pas.

La liberté n'est pas de l'ordre des faits, elle n'est donc pas observable comme des tendances. Problématique : La morale raisonne sur des valeurs, la psychologie étudie des faits, l'ordre des valeurs et l'ordre des faits sont-ils incompatibles ou la connaissance des faits psychiques peut elle faire avancer la morale? I : Du sentiment à la connaissance : la psychologie dévoile nos capacités réelles 1.

La psychologie offre un point de vue objectif sur les tendances Une tendance est ce qui oriente une subjectivité vers certains objets, vers certaines actions.

La psychologie étudie les tendances comme des objets, c'est à dire comme des entités déterminées par des causes et appartenant à la nature.

Elle appréhende donc les tendances « de l'extérieur », objectivement alors que nous avons l'habitude de leur obéir subjectivement.

Ce point de vue objectif sur les tendances leur donne à toutes une valeur égale, dans la vie morale nous devons au contraire les distribuer dans une hiérarchie.

L'étude proprement psychologique des tendances nous offre donc déjà ce regard distancié sur nos tendances. 2.

La naturalisation des valeurs Une tendance est une condition qui détermine le comportement.

En tant que telle, elle est vécue par le sujet comme « valeur » et en tant que le sujet oriente ses actes selon des valeurs il les considère comme des causes.

Le point de vue objectif considère au contraire les valeurs comme des effets des tendances.

Ce retournement des effets et des causes est ce que l'on peut appeler la « naturalisation ».

En sa conscience, l'homme ressent les valeurs comme des causes, mais par la connaissance psychologique des tendances, il considère celles-ci comme des effets. 3.

Les ressorts de la morale La morale est la réflexion sur les valeurs.

En tant que la psychologie dévoile les causes qui génèrent les valeurs, elle dépasse la morale.

La morale n'est qu'un effet des tendances, la psychologie nous en explique le fonctionnement. Transition : La psychologie permet une meilleure compréhension des mécanismes naturels qui entrent en jeu dans le comportement moral.

Cependant, les déterminismes qui entrent en jeu dans le comportement moral sont peut être extérieurs à la morale elle même.

En effet, la morale est le domaine de la liberté dont les lois ne déterminent pas le sujet de la même façon que la nature détermine les objets. II : La morale est de l'ordre du droit et non du fait 1.

La morale est fondée sur la liberté La liberté s'oppose à la nature : tandis que la nature suit un cours nécessaire, la liberté sort de la répétition du même et crée de nouvelles possibilités.

La liberté se distingue des tendances en tant qu'elle n'est pas prise dans les séries causales de la nature, elle est la capacité à créer une nouvelle cause que la connaissance des tendances n'aurait pas permis de prévoir.

La morale concerne la liberté, elle concerne ces nouvelles possibilités qui sortent du monde tel qu'il est donné. 2.

Non pas le monde tel qu'il est mais tel qu'il doit être Le monde tel qu'il est est inacceptable du fait de l'existence du mal, de l'injustice, des conditions inacceptables dans lesquelles vivent des hommes.

Face à cet état de fait, l'homme se révolte et poursuit l'idée d'un monde possible en droit.

On peut considérer cette révolte de l'homme contre le donné comme une tendance psychique à vouloir améliorer leur environnement, mais cela ne saisit pas l'enjeu réel cette révolte.

Les tendances font partie du donné,. »

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