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Qu'attend-on de l'Etat : Qu'il assure notre bonheur ou Qu'il garantisse la liberté ?

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« Qu'attend-on de l'Etat : qu'il garantisse notre bonheur ou qu'il assure la liberté ? L'Etat doit tout d'abord être définie comme une communauté fondée sur la loi.

Il ne désigne pas n'importe quelle agrégation d'individus dénuée d'unité : la loi confère à un ensemble d'hommes cette unité qui leur permet de constituer une communauté ayant les mêmes fins.

Mais avoir les mêmes fins ne signifie pas avoir les mêmes intérêts. Établir une distinction entre loi et intérêt, c'est ce à quoi nous invite la question de l'intitulé. En effet, qu'attend-on de l'Etat : qu'il garantisse notre bonheur ou qu'il assure la liberté ? L'Etat a-t-il pour fin de nous servir (en garantissant notre bonheur) et d'ainsi servir nos intérêts, ou bien est-il le ce qui permet de dépasser nos intérêts et d'ainsi assurer la liberté ? Le bonheur doit ainsi être, en tant qu'état de satisfaction de l'homme, opposé à la liberté en tant que capacité de choisir.

En effet, le bonheur nous concerne en tant qu'individus particuliers, tandis que l liberté, loin d'être la capacité de faire ce que l'on désire, est ce nous concerne en tant que citoyens. Le problème sera ainsi celui de savoir si l'Etat doit nous servir ou pas. I- Quel est le rapport de l'Etat à la société ? Comment distinguer l'intérêt particulier de l'intérêt général ? 1- Qu'est-ce que l'Etat ? Texte de Bakounine Qu'est-ce que l'État ? C'est, nous répondent les métaphysiciens et les docteurs en droit, c'est la chose publique ; les intérêts, le bien collectif et le droit de tout le monde, opposés à l'action dissolvante des intérêts et des passions égoïstes de chacun.

C'est la justice et la réalisation de la morale et de la vertu sur terre.

Par conséquent, il n'est point d'acte plus sublime ni de plus grand devoir pour les individus que de se dévouer, de se sacrifier, et au besoin de mourir pour le triomphe, pour la puissance de l'État [...].

Voyons maintenant si cette théologie politique, de même que la théologie religieuse, ne cache pas, sous de très belles et de très poétiques apparences, des réalités très communes et très sales.

Analysons d'abord l'idée même de l'État, telle que nous la présentent ses prôneurs. C'est le sacrifice de la liberté naturelle et des intérêts de chacun - individus aussi bien qu'unités collectives comparativement petites : associations, communes et provinces - aux intérêts et à la liberté de tout le monde, à la prospérité du grand ensemble.

Mais ce tout le monde, ce grand ensemble, qu'est-il en réalité ? C'est l'agglomération de tous les individus et de toutes les collectivités humaines plus restreintes qui le composent.

Mais, du moment que pour le composer et pour s'y coordonner tous les intérêts individuels et locaux doivent être sacrifiés, le tout, qui est censé les représenter, qu'est-il en effet ? Ce n'est pas l'ensemble vivant, laissant respirer chacun à son aise et devenant d'autant plus fécond, plus puissant et plus libre que plus largement se développent en son sein la pleine liberté et la prospérité de chacun ; ce n'est point la société humaine naturelle, qui confirme et augmente la vie de chacun par la vie de tous ; c'est, au contraire, l'immolation de chaque individu comme de toutes les associations locales, l'abstraction destructive de la société vivante, la limitation ou, pour mieux dire, la complète négation de la vie et du droit de toutes les parties qui composent tout le monde, pour le soi-disant bien de tout le monde : c'est l'État, c'est l'autel de la religion politique sur lequel la société naturelle est toujours immolée : une universalité dévorante, vivant de sacrifices humains [...]. 2- Quelle est la différence entre société et Etat ? Texte d'Alain Voter, ce n'est pas précisément un des droits de l'homme ; on vivrait très bien sans voter, si l'on avait la sûreté, l'égalité, la liberté.

Le vote n'est qu'un moyen de conserver tous ces biens.

L'expérience a fait voir cent fois qu'une élite gouvernante, qu'elle gouverne d'après l'hérédité, ou par la science acquise, arrive très vite à priver les citoyens de toute liberté, si le peuple n'exerce pas un pouvoir de contrôle, de blâme et enfin de renvoi.

Quand je vote, je n'exerce pas un droit, je défends tous mes droits.

Il ne s'agit donc pas de savoir si mon vote est perdu ou non, mais bien de savoir si le résultat cherché est atteint, c'est-à-dire si les pouvoirs sont contrôlés, blâmés et enfin détrônés dès qu'ils méconnaissent les droits des citoyens.

On conçoit très bien un système politique, par exemple le plébiscite (1), où chaque citoyen votera une fois librement, sans que ses droits soient pour cela bien gardés.

Aussi je ne tiens pas tant à choisir effectivement, et pour ma part, tel ou tel maître, qu'à être assuré que le maître n'est pas le maître, mais seulement le serviteur du peuple.

C'est dire que je ne changerai pas mes droits réels pour un droit fictif. Transition On peut critiquer l'Etat comme Bakounine ; il reste qu'il faut toujours le distinguer de la société, qui n'est pas juridiquement constituée à la différence de l'Etat.

Ce dernier n'a pas à garantir notre bonheur, la société le fait.

Il doit assurer notre liberté, mais comme le pense Bakounine, il ne le fait pas toujours. Mais bonheur et liberté ne sont-elles pas deux notions qu'il ne faut plus opposer mais confondre dans le sens où ce sont deux notions essentielles en morale ? II- Quel est le rapport de l'Etat à la morale ?. »

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