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Pourquoi l'homme transforme-t-il la nature?

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« Introduction L'homme transforme la nature pour obtenir d'elle ce qu'elle ne lui offre pas spontanément.

Ses formes premières, sauvages, vierges sont souvent hostiles, dangereuses ou peu compatibles avec les conditions d'existence humaine. Aussi faut-il travailler, c'est-à-dire aménager, domestiquer, cultiver et obtenir du milieu qu'il soit plus propice à une vie facile.

Mais qu'est-ce qui manque à l'homme ? Que cherche-t-il à obtenir de la nature ? La satisfaction de ses besoins physiques ? La domestication technique de la nature s'inscrirait alors dans les limites de sa propre nature. L'enjeu de l'appropriation technique de la nature semble cependant se situer bien au-delà de la sphère naturelle des besoins.

Les hommes paraissent n'avoir jamais fini de travailler la nature.

Tout se passe comme si l'acte de transformation représentait en lui-même une fin.

Comment comprendre cette nécessité de modifier indéfiniment le donné naturel ? 1.

Le travail est au service des besoins naturels A.

Par nature, l'homme ne se suffit pas à lui-même La satisfaction des besoins vitaux réclame un certain aménagement de la nature.

En effet l'homme ne dispose pas comme l'animal de défenses naturelles lui permettant de survivre en suivant seulement ses instincts.

Naturellement inachevé, le manque est sa condition originelle.

L'intelligence technicienne vient suppléer à ces déficiences naturelles qui font que l'individu humain, sans l'aide d'autrui, ne pourrait survivre. Pour quelles raisons l'homme transforme-t-il la nature ? D'abord pour disposer des forces naturelles, pour assujettir et faire fructifier le capital vital, pour maîtriser l'inconnu.

Transformer, c'est faire passer d'une forme à une autre, ici d'un univers purement qualitatif à un ensemble quantitatif, régi par des lois et se prolongeant dans une technique. Pour quelle raison? Pour faire advenir à l'être tous les possibles de la vie, pour faire vivre et rechercher la plus grande efficacité possible.

En somme, l'homme transforme le réel pour s'affranchir des contraintes naturelles et maîtriser même la mort. « Sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j'ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s'est servi jusqu'à présent, j'ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer, autant qu'il est en nous, le bien général de tous les hommes.

Car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu'au lieu de cette philosophie spéculative, qu'on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.

Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices, qui feraient qu'on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie.

» DESCARTES. Mais quelle est cette nature que l'homme maîtrise et transforme pour se libérer? Ce n'est plus la nature au sens originel ou quasi hellénique du terme, cette force omniprésente et cette sève universelle partout répandue.

Il s'agit de transformer et de mettre au service de l'homme une masse de matière, non point une puissance divine douée de forces mystérieuses.

L'homme agira ici pour maîtriser cette masse de matière et partir à la conquête du monde.

Pour quel motif oeuvrer? Pour dominer et soumettre l'univers et fournir une technique riche en biens utiles à la vie. Science, d'où prévoyance ; prévoyance, d'où action, dit Auguste Comte, exprimant au fond cet idéal.

L'homme transforme les choses dans le but de mettre la nature au service des intérêts humains. B. L'homme ne travaille qu'en vue du repos Les hommes transforment donc la nature pour assurer artificiellement leurs conditions d'existence.

Le manque qui caractérise originellement l'homme concerne prioritairement la conservation du corps.

L'homme travaille pour pouvoir se nourrir et vivre protégé.

Il pourrait donc se contenter d'un développement technique rudimentaire, comme on l'observe dans les sociétés dites primitives.

Le travail ne serait alors clairement qu'un moyen dont la fin serait de pouvoir connaître des moments de repos, libérés du besoin. C. La transformation illimitée de la nature est contre nature Il est vrai cependant qu'une société vraiment primitive, qui ne s'en tiendrait qu'à la stricte satisfaction des besoins vitaux, n'a jamais existé.

Les hommes n'ont jamais cherché seulement à vivre, mais toujours à vivre d'une certaine. »

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