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Philosophie et rationalité chez Spinoza

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« Philosophie et rationalité chez Spinoza Une conviction centrale éclaire toute la philosophie spinoziste et se retrouve dans chacune de ses propositions : l'intelligence peut parvenir au savoir absolu, l'essence de Dieu et des choses est totalement intelligible. Comprendre que tout ce qui est procède d'un ordre éternel et immuable et à partir de cette compréhension former une société capable de permettre au plus grand nombre d'accéder à cette connaissance : telles sont les conditions de la liberté et du bonheur.

Mais, si l'on considère les relations que l'homme entretient avec lui-même, avec les autres et avec Dieu, on ne peut qu'être frappé par la tristesse, la crainte voire la haine dont elles sont empreintes.

L'homme pourtant comme tout être aspire fondamentalement à persévérer dans son être, à augmenter sa puissance d'agir, à passer d'une moindre à une plus grande perfection, à éprouver de la joie. Faut-il se résigner à vivre avec les délires de l'imagination et les violences des passions ou bien peut-on, par une réforme de la manière de penser, parvenir à cet état de béatitude que la philosophie nous présente comme compatible avec la vraie nature de l'homme? Spinoza montre (dans le Traité de la réforme de l'entendement) qu'une conversion à la pensée vraie est possible à condition de procéder à une prise de conscience.

L'homme est spontanément enclin à projeter sur le monde ses propres sentiments, à imaginer la nature d'après sa propre psychologie, voire à prêter à Dieu des attributs purement humains. Ces mécanismes psychologiques, religieux et idéologiques, s'expliquent par la situation de l'homme dans une nature que d'abord il ne connaît pas et qui donc l'effraye.

Le moyen primitif d'action sur la nature sera la prière, le sacrifice, comme si les maux inhérents à la faiblesse humaine provenaient d'une quelconque divinité toute puissante qu'il faudrait se concilier.

La représentation d'un Dieu créateur, tout puissant, capable donc de suspendre le cours de la nature par des miracles est un exemple de ce délire — entretenu d'ailleurs par celui des puissances politiques dont le fanatisme et la superstition sont les meilleurs auxiliaires.

De même la crainte et l'ignorance conduisent les hommes à prêter à la nature des intentions; et de façon plus générale tout ce qui est avantageux se voit qualifié de bon, et de mauvais ce qui nuit.

Les hommes jugent donc du bien et du mal en fonction de leur situation propre dont ils ne saisissent pas les déterminismes.

Ce qui ne peut dans ce système recevoir d'explication se verra attribué à « la volonté de Dieu, cet asile de l'ignorance ». Il faut se déprendre de cette vision inversée de la réalité.

Dieu c'est la nature conçue comme totalité, dont l'entendement humain ne peut concevoir que deux attributs : la pensée et l'étendue.

Les choses particulières (les modes finis dans le vocabulaire spinoziste) expriment de leur point de vue la substance infinie.

Ce sont les mathématiques qui montrent la voie à la philosophie : de même que le mathématicien définit et comprend les propriétés des figures à partir de leur définition, le philosophe doit commencer par définir Dieu (ou la Nature) pour comprendre les propriétés des choses particulières. L'Éthique, oeuvre centrale de Spinoza, se présente sous la forme d'un traité de géométrie : axiomes, postulats, définitions, propositions, démonstrations se succèdent dans un ordre rigoureux manifestant le fait que toute connaissance vraie se réalise par une déduction de type géométrique.

Elle débute par la définition de l'être, cause de soi sans lequel rien ne peut être ni être connu, pour se terminer sur la puissance de l'entendement ou de la liberté humaine; les livres II, III, IV, traitant respectivement de la nature et de l'origine de l'esprit, de l'origine et de la nature des sentiments et de la servitude humaine : c'est par la connaissance de Dieu, du monde, de soi que l'homme peut parvenir à la liberté.. »

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