Peut-on se fier à l'intuition ?
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PREMIERE CORRECTION
Approche problématique
L'intuition est la conception de l'esprit en tant que rapport direct à un objet.
Avoir l'intuition directe de quelque
chose signifie un acte immédiat de l'esprit sans passer par une déduction logique, l'intuition s'oppose généralement à
l'entendement, comme l'explique Kant.
Cependant sentir intuitivement signifie établir une connaissance à partir du
sensible.
Les critères de vérités d'une connaissance se basent le plus souvent sur des enchaînements logiques et
mathématiques qui se veulent objectifs.
Le sensible n'est il pas le subjectif par excellence? Quelle valeur de vérité
peut on alors attribuer à une connaissance intuitive des choses si elle dépend de l'individu qui la ressent? Si l'on met
en place l'exercice cartésien du doute pour établir ces critères de vérité, il faut dégager de tout soupçon nos
connaissances intuitives.
Pour Descartes il faut se fier à l'évidence, c'est à dire ce qui s'impose immédiatement à
m'esprit et résiste donc à au doute.
On parle alors d'intuition concrète si elle nous permets d'accéder à une
connaissance.
C'est cette intuition que les mathématiciens désirent écarter de tout critère de vérité.
Cependant les
mathématiques elles mêmes n'ont elles pas une origine intuitive?
Pour Kant , l'intuition est une des bases de la connaissance.
C'est par l'intuition pure a priori que nous pouvons
connaître le temps et l'espace.
L'intuition précède l'expérience sensible, nous sentons les choses avant d'en faire
l'expérience empirique.
Nous avons donc besoin de l'intuition pour accéder au chose, l'homme possède en lui la
faculté d'appréhender les objets.
La connaissance se trouve donc entre le rationnel et le sensible, tout comme nous
avons besoins de concepts pour catégoriser les choses nous avons besoin de l'intuition pour les percevoir.
Ainsi donc l'intuition est un concept à risques, on ne peut uniquement se fier à lui si l'on veut accéder à la
connaissance car elle appartient à notre subjectivité exclusivement.
Cependant elle est l'unique moyen par lequel
nous pouvons accéder directement aux choses, elle est la passerelle de l'homme à son environnement.
On doit donc
accorder une crédibilité à l'intuition nécessairement mais il faut le synthétiser à l'entendement pour concrétiser une
connaissance.
L'intuition serait donc notre part subjective de la vérité.
Lectures utiles
Kant , Critique de la raison pure
Descartes, Méditations métaphysiques
Règles pour la direction de l'esprit
Textes utiles
Kant
Si nous appelons sensibilité la réceptivité de notre esprit, le pouvoir qu'il a de recevoir des représentations en tant
qu'il est affecté d'une manière quelconque, nous devrons en revanche nommer entendement le pouvoir de produire
nous-mêmes des représentations ou la spontanéité de la connaissance.
Notre nature est ainsi faite que l'intuition ne
peut jamais être que sensible, c'est-à-dire ne contient que la manière dont nous sommes affectés par des objets,
tandis que le pouvoir de penser l'objet de l'intuition sensible est l'entendement.
Aucune de ces deux propriétés n'est
préférable à l'autre.
Sans la sensibilité, nul objet ne nous serait donné et sans l'entendement nul objet ne serait
pensé.
Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles.
Il est donc aussi nécessaire
de rendre ses concepts sensibles (c'est-à-dire d'y ajouter l'objet dans l'intuition) que de se faire intelligibles ses
intuitions (c'est-à-dire de les soumettre à des concepts).
Ces deux pouvoirs ou capacités ne peuvent pas échanger
leurs fonctions.
L'entendement ne peut rien intuitionner, ni les sens rien penser.
De leur union seule peut sortir la
connaissance.
Cela n'autorise cependant pas à confondre leurs attributions ; c'est, au contraire, une grande raison
pour les séparer et les distinguer soigneusement l'un de l'autre.
Ainsi distinguons-nous la science des règles de la
sensibilité en général, c'est-à-dire l'Esthétique, de la science des règles de l'entendement en général, c'est-à-dire
de la Logique.
Bergson
Penser intuitivement, c'est penser en durée.
L'intelligence part ordinairement de l'immobile, et reconstruit tant bien
que mal le mouvement avec des immobilités juxtaposées.
L'intuition part du mouvement, le pose ou plutôt l'aperçoit
comme la réalité même, et ne voit dans l'immobilité qu'un moment abstrait, instantané pris par notre esprit sur la
mobilité.
L'intelligence se donne ordinairement des choses, entendant par là du stable, et fait du changement un
accident qui s'y surajouterait.
Pour l'intuition, l'essentiel est le changement : quant à la chose, telle que
l'intelligence l'entend, c'est une coupe pratiquée au milieu du devenir et érigée par notre esprit en substitut de
l'ensemble.
La pensée se représente ordinairement le nouveau comme un nouvel arrange-ment d'éléments
préexistants ; pour elle rien ne se perd, rien ne se crée.
L'intuition, attachée à une durée qui est croissance, y
perçoit une continuité ininterrompue d'imprévisible nouveauté.
[...] Le concept qui est d'origine intellectuelle est
tout de suite clair, au moins pour un esprit qui pourrait donner l'effort suffisant, tandis que l'idée issue d'une intuition
commence d'ordinaire par être obscure, quelle que soit la force de notre pensée.
C'est qu'il y a deux espèces de.
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